LA MORPHOLOGIE NOMINALE AU XIIIe SIÈCLE

L'amuïssement des consonnes finales au cours du XIIIe siècle va avoir des répercussions importantes sur la morphologie nominale.
Le XIIIe siècle voit ainsi se manifester les premiers signes de l'abandon de la déclinaison nominale bicasuelle héritée du latin vulgaire.

La réduction des deux cas de la déclinaison française au seul cas régime, se produit dès le XIIe siècle, dans la zone ouest du domaine d'oïl, c'est-à-dire principalement en anglo-normand. Le phénomène progresse ensuite vers l'est : le domaine central (c'est-à-dire la région de Paris) est touché ensuite et le domaine champenois et picard enfin.

Différents facteurs conditionnent cette évolution :

Les textes du XIIIe siècle donnent ainsi de la déclinaison nominale une image assez fluctuante, allant d'un strict respect (dans les textes picards et champenois) à une disparition quasi-totale (dans les textes anglo-normands).

Il faut noter que l'amuïssement des consonnes finales contribuera, dans bien des cas, à effacer également de la prononciation la différenciation en nombre, même si là aussi les graphies sont conservatrices.

Pour le reste, la morphologie nominale du français du XIIIe siècle est relativement conforme à celle du français du XIIe siècle.

1     Les graphies sont conservatrices : le –s pourra s'y conserver jusqu'à nos jours.