LA MORPHOLOGIE VERBALE AU XXe SIÈCLE

Les dernières hésitations sur les désinences du futur sont balayées ; l'infixe –er– est désormais strictement réservé aux seuls verbes dont l'infinitif est en –er (on trouve encore occasionnellement metterez au XIXe siècle). Pour les verbes dont l'infinitif est en –ir toutefois, la coexistence de futurs en –rr– et –ir– reste une difficulté dans l'usage courant, la tendance pour ces verbes étant, malgré la fixation de l'usage par les grammairiens, à privilégier les futurs en –ir– au détriment des futurs en –rr–, de même que les verbes présentant un r– final de radical tendent à former leur futur en –er– (je mourirai, je courirai, je perdrerai pour je mourrai, nous courrai, je perdrai) :

Exemples
J'en mourirais / S'il s'en prenait à mon diamant !
(Jacques Brel, Vraiment je ne pense qu'à lui)
Un jour je courirai moins, jusqu'au jour où je ne courirai plus
(Alain Baschung, Résidents de la république)
Perdrerai-je ma peine / Perdrerai-je mon temps...
(Gilles Vigneault, J'ai planté un chêne)

Depuis le XXe siècle, le passé ne s'utilise plus qu'à l'écrit, où il n'apparaît plus guère qu'aux formes de la 3e personne, du singulier ou du pluriel.

Le subjonctif imparfait, formé sur le radical du passé, qui survivait au début du siècle, est tout à fait obsolète depuis le milieu du XXe siècle (son déclin peut notamment se mesurer sous la plume d'un écrivain comme Simenon, dont l'abondante production traverse le siècle, des années '30 aux années '70 : entre le premier et le dernier roman, les subjonctifs imparfait et plus-que-parfaits ont progressivement été éliminés).