LA MORPHOSYNTAXE ET LA SYNTAXE DU GALLO-ROMAN

Le gallo-roman ne développe pas de traits morphosyntaxiques le différenciant significativement des autres langues romanes de l'époque.
Dans le domaine des articles, il récupère le démonstratif latin illum/illam pour former l'article de type le et le numéral unum/unam pour former l'article un.

Dans le domaine de l'adjectif, le gallo-roman renonce aux formes synthétiques du comparatif et du superlatif pour des formes analytiques composées de l'adverbe plus, comme en attestent les gloses de Reichenau :

Exemple
saniore pro plus sano

Dans le domaine verbal, les formes du subjonctif imparfait et du subjonctif parfait latins sont progressivement éliminées du système verbal, pour des raisons qu'on impute généralement à la phonétique historique : l'évolution phonétique provoque en effet des collisions homonymiques entre nombre de ces formes et celle de l'infinitif (cantarem se prononce comme cantare du fait de l'amuïssement des finales ; cantauerim se prononce comme cantare du fait de la syncope de –ue– et de l'amuïssement des finales). De tous les subjonctifs latins, ne subsisteront, outre les formes du subjonctif présent, que celles du subjonctif plus-que-parfait, c'est-à-dire les formes du subjonctif latin les plus spécifiques phonétiquement. Ces dernières deviendront extensives dans leurs emplois (elles hériteront en effet les emplois des subjonctifs imparfait, parfait et plus-que-parfait latins) et d'une grande fréquence.