LA MORPHOSYNTAXE ET LA SYNTAXE DU LATIN CLASSIQUE

La construction de la phrase latine se caractérise par une grande souplesse dans l'ordre des mots, liée au fait que la signalisation des fonctions nominales est prise en charge par la morphologie (désinences casuelles), ce qui permet de disposer relativement librement les groupes de part et d'autre de l'élément central qu'est le prédicat verbal. Les rapports grammaticaux sont exprimés par les cas et changer l'ordre des mots ne change pas nécessairement le sens d'une phrase.

Autre caractéristique, dans la construction de la phrase complexe, des formes non finies comme l'infinitif ou le participe peuvent être élevées au rang de prédicats subordonnés (« proposition infinitive », « proposition participe » ou « ablatif absolu »). Le subjonctif est identifié au mode de la subordination et peut donc se manifester dans une subordonnée sans marquer aucune autre nuance que la subordination ; c'est notamment le mode adopté dans le discours indirect. L'emploi des tiroirs verbaux dans les subordonnées est par ailleurs strictement régi par des règles de concordance des temps.

L'interrogation se marque par des lexèmes (adjectifs, pronoms, adverbes) voire des morphèmes interrogatifs, alors que l'expression de l'injonction passe essentiellement par le tiroir verbal, soit qu'elle recoure à un tiroir spécifique (impératif), soit qu'elle confère à un tiroir une expressivité injonctive (subjonctif, infinitif), éventuellement en alliance avec un morphème (utinam).

Les mots négatifs sont nombreux. Les morphèmes négatifs les plus courants sont non et ne. Les lexèmes négatifs (nemo, nihil, nullus, nunquam, nusquam, nondum) incorporent un morphème négatif et suffisent pleinement à exprimer la négation ; lorsqu'ils sont doublés de non ou de ne, les deux éléments négatifs se neutralisent : non nemo = ‘quelqu'un'.