LE SYSTÈME GRAPHIQUE DU LATIN CLASSIQUE

Le latin usait d’un système d’écriture phonémo-graphémique, c’est-à-dire d’un système d’écriture dans lequel un son correspond à une lettre et une lettre à un son.

Le tableau ci-dessous reprend les équivalences entre phonèmes et graphèmes pour cet état des choses :

Phonème i e a u o p b m w f t d n k g s r l ł j
Solution graphique I E A V O P B M V F T D N C G S R L L I

Ce tableau révèle une double exception au principe phonémo-graphémique : <V> rend aussi bien la voyelle [u] que la consonne [w], comme <I> rend à la fois la voyelle [i] et la consonne [j].

Pour avoir le système graphique complet du latin, on ajoutera au tableau le graphème <X>, qui rend compte de la séquence [ks], et le <H> qui apparaît à l’écrit mais ne correspond plus, en latin classique, à aucun phonème, <X> et <H> constituant deux autres exceptions au principe phonémo-graphémique.

Enfin, les graphèmes <Y> et <Z> se sont introduits à la fin de la période classique pour la transcription en latin des mots d’origine grecque, de sorte que le système complet se configure comme suit :

Phonème i e a u o p b m w f t d n k g s r l ł j ks dz y
Solution graphique I E A V O P B M V F T D N C G S R L L I X H Z Y

En théorie donc, en vertu du principe phonémo-graphémique, en latin classique tout ce qui se prononce s’écrit et tout ce qui s’écrit se prononce. Il faut toutefois se souvenir que certaines consonnes se sont effacées de la prononciation sans pour autant disparaître dans les graphies, des informations capitales en phonétique diachronique, et qui sur le plan du système graphique nous montrent le principe phonémo-graphémique comme un idéal dont le latin classique, au fil de son évolution, tend déjà à s’écarter. La suite de l’évolution ira dans le même sens ne fera qu’accuser cette tendance.