Création d'un mythe dans la littérature anglaise

Coraline Baligant

 

Table des matières

Introduction
1. Robin des Bois : sept siècles de légende
1.1 Au temps des ballades
1.2 Les Temps modernes : prémices d'un mythe
1.4 L'universalité au XXe siècle : un héros cinématographique
1.5 La clé du succès
2. Robin des Bois et le roi Arthur : comparaison de deux mythes anglo-saxons devenus universels
2.1 Les légendes dans le temps
2.2 Les thématiques abordées
2.3 Les héros
2.4 En résumé
Conclusion

Étude

Introduction

Robin des Bois est un héros légendaire profondément ancré dans notre imaginaire. Il nous suffit de lire son nom pour voyager en collants verts dans la forêt de Sherwood au côté de l'archer le plus célèbre. Ce nom évoque le Moyen Âge et l’Angleterre. Il nous rappelle que la vertu appartient aux honnêtes gens et qu'aider son prochain est charitable. Ce mythe a traversé les siècles et la littérature anglaise n'a cessé d'alimenter les histoires. Mais Robin des Bois a-t-il toujours été ce héros légendaire ? Quand est-il né ? Comment a-t-il a évolué ? Quelles sont les modifications que l'histoire a subies au cours du temps ? A quoi doit-il son succès ? Est-il le seul a avoir acquis une telle renommée ? Toutes ces questions ont éveillé notre intérêt. C'est pourquoi nous avons choisi de consacrer cette étude à l'évolution de Robin des Bois à travers la littérature anglaise et de découvrir comment ce héros anglo-saxon est devenu une légende universelle.

Dans ce travail, nous aborderons diverses œuvres d'origine anglaise. Toutefois, le panorama littéraire et cinématographique proposé n'aura pas pour but d'être exhaustif mais épinglera plutôt les créations jugées indispensables dans la construction de la légende moderne. De plus, nous avons choisi de conserver les titres originaux des œuvres. Les citations seront elles aussi retranscrites en anglais.

Le premier chapitre sera consacré à l'évolution du mythe de Robin des Bois dans la littérature anglaise depuis le Moyen Âge. Nous commencerons par rappeler les traits constitutifs majeurs de la légende. Ensuite, nous étudierons les caractéristiques de Robin des Bois dans les ballades moyenâgeuses. Après, nous verrons quels éléments majeurs ont été ajoutés à la légende durant les Temps moderne. C'est la renaissance du héros à l'époque des romantiques qui nous intéressera ensuite. Enfin, nous observerons la manière dont le sujet a été réinvesti par le septième art aux XXe et XXIe siècles. Pour conclure, nous synthétiserons les éléments clés qui ont déterminé le succès du mythe.

Le deuxième, et dernier, chapitre sera destiné à la comparaison de la légende de Robin des Bois avec celle du roi Arthur. En effet, ces deux héros ont connu un succès comparable et sont tous deux devenus des mythes anglo-saxons universels.

1. Robin des Bois : sept siècles de légende

Robin des Bois fait partie des héros qu'on ne présente plus. Il est ce brigand au grand cœur qui vole les riches pour aider les plus démunis et l'escroc malicieux qui condamne l’oppression financière du gouvernement médiéval et les taxes qu'il impose. C'est un gentilhomme dépossédé de ses biens qui, devenu hors-la-loi, vit librement dans la forêt de Sherwood. Robin des Bois est un rebelle opposé au pouvoir local et aux autorités ecclésiastiques, c’est-à-dire le shérif manquant d'équité et le clergé corrompu. Avec les Saxons, il affronte l'envahisseur normand et incarne un des héros nationaux de cette lutte patriotique. Il est un brillant archer mais manie parfois l'épée. Il est loyal et n'utilise la violence qu'en cas de nécessité. Petit Jean et Frère Tuck sont ses plus fidèles compagnons. Il hait le Prince Jean mais est le bon serviteur de son frère, le roi Richard Cœur de Lion. Robin des Bois respecte, adore et chérit la tendre Marianne. Mais a-t-il toujours été cet homme ? Au fil des décennies, la légende de Robin des Bois a évolué et a servi différentes époques et idéologies. « Comment le mythe est-il devenu ce qu'il est aujourd'hui ? » et « À quel moment de son histoire littéraire a-t-il acquis ses traits modernes ? » telles sont les deux questions auxquelles nous répondrons dans les pages qui suivent.

1.1 Au temps des ballades

Dans ce chapitre, nous nous focaliserons sur la caractérisation de la légende de Robin au Moyen Âge. Si vous désirez en savoir plus sur les ballades moyenâgeuses anglaises en l'honneur de Robin des Bois ou prendre connaissance de leur contenu, je vous conseille le travail de Tanita Leclercq, essentiellement dédié à ce sujet.
Avant d'amorcer le sujet, il est important que nous nous accordions sur le sens du mot ballade dans ce chapitre car il y est employé comme une traduction littérale du mot anglais ballad. En effet, une ballade au Moyen Âge n'avait pas la même signification en France et en Angleterre. Selon le Nouveau Petit Robert de 1996, une ballade est « un petit poème de forme régulière, composé de trois couplets ou plus, avec un refrain et un envoi » (s. v. ballade). Une ballade, au sens francophone, est donc une forme fixe de poème au Moyen Âge. Or en anglais, conformément au dictionnaire MacMillan, l'expression ballad signifie en littérature « a long poem that tells a story » (s. v. ballad). Nous constatons donc que le mot anglais a un sens beaucoup plus général. Dès lors, le terme « ballade » devra être compris de la sorte.

C'est en 1377, dans l’œuvre de William Langland Piers Plowman qu’apparaît pour la première fois le nom de notre héros dans la littérature anglaise. Dans ce texte, Sloth, un des personnages, affirme qu'il connaît des vers consacrés à Robin des Bois : « I don't know my pater noster perfectly as the priest says it. / I do know rhymes about Robin Hood and Randolph Earl of Chester »1.Il ne s'agit évidemment que d'une allusion au personnage de Robin. Toutefois, cela démontre une notoriété avérée du héros à l'époque et des hors-la-loi en général. Cependant, ce ne sera pas cette allusion qui nous occupera mais plutôt la figure de Robin des Bois dans quatre de ses ballades les plus renommées : A Gest of Robyn Hode, Robin Hood and the Monk, Robin Hood and the Potter et Robin Hood and the Guy of Giborne. Toutes auraient été composées au XIVe siècle. Toutefois, la datation de ces textes reste problématique, comme nous l'explique Tanita Leclercq dans son travail.

Dans les ballades moyenâgeuses, Robin des Bois est toujours dépeint comme un hors-la-loi et un yeoman2, c'est-à-dire un homme libre. Il n'est jamais représenté comme un paysan, ni comme un chevalier, ni même comme un aristocrate dépossédé de ses biens.3 C'est un héros local, ses histoires sont épisodiques (sauf la Gest) et ne servent pas une nation.

Au niveau de son caractère, la première chose qui retient notre attention est son comportement violent. En effet, Robin est cruel, sauvage et sanguinaire. Il tue souvent gratuitement et d'une manière barbare. Un des exemples les plus probants de cette criminalité est mis en scène dans Robin Hood and the Guy of Giborne lorsque Robin tue et décapite sans compassion un tueur à gage nommé Guy avant de l'injurier et de défigurer au couteau sa tête gisante. Robin coiffera ensuite son arc avec celle-ci. Cependant, même si cette violence choque comparé au héros courtois et chevaleresque que nous connaissons aujourd'hui, elle n'est pas surprenante. Elle dépeint la dure réalité des hors-la-loi au Moyen Âge. Malgré ce trait de caractère peu reluisant, Robin est loyal envers ses compagnons et les considère comme égaux. Enfin, l'arme principale de ces hors-la-loi est la ruse : la persuasion, les fourberies et les déguisements leur permettent d'avoir l'avantage sur leurs victimes.4

Robin des Bois est un archer, il manie donc l'arc à la perfection. Cette spécificité l'oppose au chevalier noble qui, lui, manie l'épée et la lance. Richard Barber5 voit dans l'archer un héros de l'époque car des batailles importantes ont été remportées grâce aux archers : la bataille à Halidon Hill en 1333 remportée face aux Écossais ou celle à Crecy en 1346 où ils ont vaincu les invincibles chevaliers français. Même si les archers des armées royales étaient violents et anarchiques, ils jouissaient d'une bonne réputation. De plus, la maîtrise de l'arc était très populaire depuis la fin du XIIIe siècle. Plus qu'un moyen de défense, c’était aussi un sport et une récréation. C'est pourquoi, Edward III remplaça les jeux de javelots et de poids par des tournois de tir à l'arc. Dans les ballades, il arrive que Robin ou ses hommes combattent à l'épée, toutefois cela reste épisodique et c’est l'arc qui reste leur arme principale.

L'histoire de Robin des Bois au Moyen Âge est une histoire de justice. Robin incarne son propre idéal de justice et son sens de l’équité. Il lutte contre le shérif et ses agents. Ceux-ci représentent pour lui la mauvaise justice dans une position d'autorité.6 Pour Robin, l'homme honorable, c'est-à-dire celui qui n'abuse pas des privilèges de son rang social, triomphe. Il hait aussi le clergé, corrompu et avare. Il s'oppose donc aux représentants du pouvoir local et aux privilèges de l’Église.

L'argent occupe une place primordiale dans les histoires. Robin est prêt à tout pour l'obtenir. Le célèbre rituel du repas est mis en évidence dans la Gest : Robin invite un voyageur à dîner à sa table, à la fin du repas il lui ordonne de payer et ainsi lui extorque de l'argent. Toutefois, Robin ne vole pas dans un but charitable. En effet, à aucun moment les ballades ne mentionnent une intention positive d'aider les pauvres. Le seul épisode moyenâgeux où Robin vola pour venir en aide à quelqu'un se trouve dans la Gest lorsqu'il se lie d'amitié avec un chevalier ruiné à cause de l'abbé de Sainte Mary. Toutefois, Robin aide cet homme parce qu'ils ont un ennemi commun et non parce qu'il est pauvre. J. C. Holt nous explique que le stéréotype moderne n'avait pas de valeur au Moyen Âge et que la frontière n'était pas dessinée entre les riches et les pauvres. En effet, Robin distinguait les évêques, le shérif et ses hommes comme étant des victimes potentielles alors qu'il associait les chevaliers et châtelains aux yeomen et fermiers, ses amis.7

Si nous regardons de plus près les compagnons de Robin de Bois, nous soulignerons l'absence de frère Tuck, le gras et joyeux moine confesseur, fidèle ami du hors-la-loi. Seul Petit Jean l'accompagne fidèlement depuis les premières ballades, il fait partie de la bande des hors-la-loi. Frère Tuck apparaîtra dans la légende vers le XVe siècle grâce aux ballades tardives et aux jeux de Mai8.

La belle Marianne est également absente des récits du Moyen Âge. Effectivement, ceux-ci mettent en scène un monde viril dans lequel la femme n'a pas de place.9 La seule dame chère au cœur de Robin est la Vierge Marie. Il lui est pleinement dévoué. Cette piété transparaît dans les poèmes. Nous donnerons deux exemples. Premièrement, dans la ballade Robin Hood and the Monk, Robin des Bois s'aventure à rejoindre Nottigham, au début du mois de mai (mois consacré à la Vierge), pour assister à la messe en l'abbaye de Sainte Mary. Ensuite, avant le combat mortel avec Guy, Robin prie Marie de le protéger. Néanmoins, cette absence de femme est à modérer, il y a en effet une exception à souligner. Dans Robin Hood and the Potter, Robin s'éprend de la femme du shérif. Il se conduit avec elle comme un vrai gentleman. Celle-ci fut la seule femme dont Robin des Bois tomba amoureux, avant Marianne bien sûr . Laquelle Marianne fera son apparition aux côtés de Robin grâce aux jeux de Mai.

Maintenant que nous avons dressé le portrait de Robin, nous pouvons souligner quelques éléments manquants à la légende qui n'auraient pas encore été cités. Nous remarquons que le seul roi jamais mentionné dans la littérature du Moyen Âge est un certain Édouard. Il n'y a donc rien qui fasse référence au roi Richard ou à son frère dans ces poèmes. Il en va de même pour la bataille contre les conquérants normands. Ensuite, des taxes éventuelles ou le nom de Sherwood ne sont également pas évoqués.

Pour conclure, les ballades du Moyen Âge nous dépeignent un Robin différent de celui que nous connaissons : il est sanglant et peu charitable. Son statut social est bien inférieur à celui que nous lui prêtons aujourd'hui. La légende, elle aussi, est loin d'être achevée : la situation géopolitique de celle-ci est très incomplète et des personnages actuellement essentiels sont absents (Prince Jean, Marianne, Frère Tuck et Richard Cœur de Lion pour ne citer qu'eux). Malgré ces divergences, certains éléments ont survécu comme la lutte de Robin contre les autorités locales et ecclésiastiques.

1.2 Les Temps modernes : prémices d'un mythe

Contrairement à la littérature française, la littérature anglaise ne connut pas de rupture nette entre le Moyen Âge et les Temps modernes. De nombreux thèmes moyenâgeux sont alors conservés, voir ré-exploités. Les jeux de Mai firent de Robin leur roi10 et la thématique « robinesque » alimenta la tradition de sorte qu'aux XVe et XVIe siècles de multiples ballades anglaises en l'honneur de notre héros ainsi que des pièces de théâtre élisabéthaines ont éclos en Angleterre et entretinrent le mythe. C'est également grâce à ces célébrations printanières que Marianne et Frère Tuck furent introduits dans l'histoire. Les XVIIe et XVIIIe siècles, quant à eux, furent plus focalisés sur les origines de la légende et les auteurs se documentèrent énormément sur celle-ci. Ainsi, notre héros survécut dans le folklore anglais et acquit quelques-unes de ses caractéristiques modernes.

À la fin du XVIe siècle, Anthony Munday, écrivain renommé de ballades, composa deux pièces élisabéthaines sur Robin des Bois : The Downfall of Robert Earle of Huntington (1598) et The Death of Robert Earle of Huntington (1599). Ces deux textes sont l'exemple le plus conséquent de la survivance de Robin dans le théâtre des jeux de Mai.11 Ces œuvres constituent un tournant majeur dans l'évolution littéraire de notre légende. En effet, Robin de Bois y est hissé au statut de noble. Il est présenté sous le nom de Robert comte d'Huntington, un gentilhomme dépossédé. Celui-ci, comme le Prince Jean, est fou amoureux de Mathilda ce qui amènera les amants à prendre les noms de Robin et de Marianne lorsqu'ils s’échapperont dans la forêt. C'est la première fois en littérature que Marianne apparaît au côté de Robin des Bois. De plus, Munday innova en situant Robin à l'époque du règne de Richard Cœur de Lion. Cette idée, restée au cœur de la légende, émane de l’œuvre History of Greater Britain, écrite en 1521 par l’Écossais Jonh Major.12 Avec Munday, Robin des Bois devient un être individualisé, amoureux et son histoire, complétée, est située à une époque précise.13 Nous constatons donc que, dès le XVIe siècle, il n'est plus uniquement un héros abstrait comme dans les ballades.

C'est à cette époque également que le célèbre William Shakespeare composa sa pièce As You Like It, sorte de transposition de l'histoire de Robin des Bois.14 Un des personnage, Charles, fera d'ailleurs référence à notre héros : «They say he is already in the forest of Arden, and a many merry men with him ; and there they live like the old Robin Hood of England : they say many young gentlemen flock to him every day, and fleet the time carelessly, as they did in the golden world. » (Acte I, scène I)15 Tout comme chez William Langland, il ne s'agit pas d'une œuvre parlant de notre héros, toutefois elle démontre la renommée de celui-ci à l'aube du XVIIe siècle.

Quelques années plus tard, en 1632, Martin Parker réalisa son œuvre A True Tale of Robin Hood. Avec cette ballade moderne, il illustre le changement radical que Robin des Bois a subi depuis le Moyen Âge. Il suivit Munday en faisant de Robin Robert le comte d'Huntington et de Richard Cœur de Lion son roi. Son poème est une sorte de compte rendu complet de la légende. L’œuvre de Parker s'appuie sur beaucoup de sources littéraires et historiques et l'auteur connaissait les ballades moyenâgeuses. Il retint d’ailleurs l'abbé de Sainte Mary comme un ennemi majeur de Robin des Bois.16 Mais, indubitablement, le trait majeur de ce texte est la présentation de Robin comme brigand au grand cœur. Effectivement, pour la première fois, il devient l'homme qui vole les riches pour donner aux pauvres.17

À la fin du XVIIIe siècle, en 1795, Joseph Ritson recueillit et rassembla les ballades anciennes sur Robin des Bois. Son ouvrage Robin Hood: A Collection of all the Ancient Poems, Songs and Ballads Now Extant Relative to the Celebrated English Outlaw est alors la compilation la plus importante sur le sujet.18 Cet ouvrage est vite devenu l'ouvrage incontournable pour les adeptes du sujet. Il déclencha un intérêt nouveau et grandissant pour le futur Robin patriotique du XIXe siècle.

Les œuvres de Ritson, Munday et Parker vont canoniser Robin des Bois et l'élever au rang de légende ; une légende en pleine expansion, qui atteindra son paroxysme grâce aux romantiques.

1.3 Un héros national au XIXe siècle

Il est fréquent que des héros moyenâgeux soient relancés à l’époque romantique, d'autant plus lorsqu'ils ont survécu dans le folklore. Pour Robin des Bois, c'est une complète renaissance et une glorification qui se produira au XIXe siècle. La popularité du héros atteindra des sommets et le sujet envahira l'Europe, l'Amérique et puis le monde entier. Pour démontrer cette renaissance et ce succès, nous avons choisi quatre ouvrages majeurs de la tradition « robinesque » : Ivanhoe de sir Walter Scott, Maid Marian de Thomas Love Peacock, Robin Hood and Little John: or, The Merry Men of Sherwood Forest de Pierce Egan the Younger et efin The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire de Howard Pyle.

Sir Walter Scott est actuellement considéré comme le père moderne de Robin des Bois.19 Son roman conservateur Ivanhoe, paru en 1819, est un roman historique. Il met en scène des hommes qui symbolisent une époque mythique et révolue, regorgeant de valeurs fortes. Robin des Bois, désigné sous le nom de Locksley, est un archer illettré, ami d'Ivanhoe. Bien qu'il soit un personnage secondaire occupant une fonction auxiliaire, il occupe une place de choix dans la narration.20 L'histoire se déroule au XIIe siècle lors de la lutte des Saxons contre l'envahisseur normand. L'autorité du Prince Jean dans le récit rappelle celle des français de l'époque21. Robin, alias Locksley, prend donc part à un combat passionné pour sa nation. Sir Walter Scott mit en avant la loyauté de celui-ci envers le roi Richard Ir, qu'il sauvera, et envers les Saxons spoliés. Grâce à cela, il le hissa au statut de héros national. C'est Alexandre Dumas qui traduisit ce roman en français.22

Le Maid Marian (1822) de Thomas Love Peacock est un roman libéral et une satire des romans conservateurs comme celui de Scott. Il est le premier récit de l'ère moderne à adopter Robin comme personnage central. La romance du hors-la-loi et de Marianne est au cœur de l'histoire.23 En effet, Peacock donna à l'héroïne une réelle consistance et lui octroya une importance nouvelle dans la légende. La vision qu'il offrit de Marianne dans ce récit domina tout le siècle et influença considérablement les siècles suivants. Il influa aussi sur la postérité en ajoutant le personnage de sir Ralph Montfaucon créant ainsi le triangle amoureux entre lui, Marianne et Robin.24 Maid Marian est un récit à la fois comique et burlesque, il évoque Rabelais, plus particulièrement via le personnage de Frère Tuck. Mme Daring traduisit ce roman en français en 1826 sous le titre Robin Hood ou la Forêt de Sherwood.

Les romans de sir Walter Scott et Thomas Love Peacock ont hissé Robin au rang de héros national. La légende devient donc une fiction purement anglo-saxonne, symbole de la liberté du pays.

En 1840, Pierce Egan de Younger publia son roman Robin Hood and Little Jonh or, the Merry Men of Sherwoof forest. L’œuvre est longue et typiquement romantique. Son style est maladroit comparé à l’œuvre plus spirituelle de Peacock. Elle est le premier roman-feuilleton et détaille merveilleusement bien la légende. Le roman rencontra un succès retentissant et devint une sorte de best-seller victorien. Alexandre Dumas s'inspira de cette saga anglaise pour écrire ses deux livres Le Prince des Voleurs (1872) et Robin Hood le Proscrit (1873).25 C’est donc grâce à lui si la France a été ré-imprégnée de tout l'univers de Robin des Bois et des proscrits bien que le phénomène ait déjà été entamé par les traductions des romans de sir Walter Scott et Thomas Love Peacock.26

À la fin du siècle, l'écrivain et illustrateur américain Howard Pyle publia son premier livre pour enfant : The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire. C'est un roman fantasque qui met en scène un Moyen Âge idéalisé. L'histoire qu'il conte nous semble étrangement familière. De fait, elle fut la base de nombreux romans de jeunesse postérieurs, films, opéras, etc. Les illustrations que Pyle a créées pour son livre dépeignent des épisodes cultes de la légende comme le combat au bâton entre Robin des Bois et Petit Jean, la victoire de Robin au tournoi des archers ou frère Tuck portant Robin sur ses épaules pour traverser la rivière.27 H. Pyle a également écrit et illustré quatre volumes pour la jeunesse au sujet de la légende arthurienne : The Story of King Arthur and His Knights en 1903, The Story of the Champions of the Round Table en 1905, The Story of Sir Launcelot and His Companions en 1907, et The Story of the Grail and the Passing of Arthur en 1910.

À l'aube du XXe siècle, le mythe de Robin est fermement établi dans la littérature et il fut largement diffusé au cours du siècle. Sa popularité n'a cessé de s'accroître et son public a été élargi (enfants, francophones,...). Le Robin moderne vit et possède déjà toutes ses caractéristiques.

1.4 L'universalité au XXe siècle : un héros cinématographique 28

Durant le XXe siècle, divers médias véhiculent le mythe : la musique, l'opéra, la bande dessinée, le comics29, la littérature de jeunesse30, les jeux vidéo, la télévision, le cinéma, etc. Nous pouvons citer par exemple l'opéra comique de Reginald DeKoven Robin Hood de 1890, la première bande dessinée dédiée à notre héros, Robin Hood and Company de Ted McCall et Charles Snelgrove, parue en 1936 au Canada ou le récent jeu vidéo Robin Hood : La Légende de Sherwood distribué par Wanadoo Edition en 2002. Cependant, ce sont les films qui ont le plus influencé la population et la représentation que nous avons du héros.

Robin a été l'un des héros les plus représentés par le septième art. Les représentations qu'offriront le cinéma du personnage influenceront considérablement l'image du héros gravée dans notre imaginaire. Chaque génération depuis plus d'un siècle, a bénéficié d'un film remarquable mettant en scène la légende. Puisque l'histoire du cinéma fut imprégnée par le héros, nous allons nous intéresser aux films incontournables sur le phénomène.

Premièrement, c'est à l'ère du cinéma muet que Robin des Bois voit le jour. Le premier film qui a choisi notre hors-la-loi comme héros est Robin Hood and His Merry Men de Percy Stow, créé en 1908. C'est également un des premiers films britanniques. Rien qu'avant la première guerre mondiale, quatorze films sur le célèbre proscrit ont été réalisés. En 1922, Allan Dwan produit le premier long métrage sur la légende nommé originalement Robin Hood !L'interprète de l'inoubliable hors-la-loi est le célèbre acteur hollywoodien Douglas Fairbanks. Le film raconte la légende et présente des éléments aujourd'hui connus de tous. Pour l'époque, la production est magistrale et les moyens exorbitants, c'est pourquoi il est parfois considéré comme le prédécesseur des blockbusters.31

Plus de dix ans après le succès du film de Dwan, Hollywood remet le couvert, en couleur cette fois. Le film The Adventures of Robin Hood,réalisé par Michael Curtiz et William Keighley en 1938, est un des premiers à avoir été produit en Technicolor trichrome. L’œuvre rencontra un succès monstre et rafla trois oscars : celui de la meilleure musique, du meilleur décor et du meilleur montage. L'interprétation du héros par Errol Flynn a marqué les esprits et influencé la représentation actuelle que nous avons du héros aux collants verts. C'est sa compagne de l'époque, Olivia de Havilland, qui incarnait la belle Marianne.

Dans les années septante, Disney s’intéresse au phénomène. En 1973, le film d'animation de Wolfgang Reitherman voit le jour. Celui-ci avait été originellement demandé par Walt Disney en personne. La légende de Robin des Bois est mélangée avec le célèbre Roman de Renart français ce qui a créé une production originale. Notre héros y est donc représenté comme un renard rusé, semblable au héros bien connu qui donna son nom au Roman de Renart. Robin des Bois vit au royaume des animaux dont le roi, Richard, est bien évidemment un lion. Le shérif, ennemi juré de Robin, est quant à lui un loup, comme Ysengrin, le rival de Renart. Ce conte pour enfant est devenu un classique de l'animation et la représentation du hors-la-loi dans ce film est indubitablement une des plus influentes avec celle d'Errol Flynn.

Kevin Costner est un acteur qu'on ne présente plus tant il est célèbre. En 1991, il incarna le légendaire Robin des Bois pour le film de son ami et réalisateur Kevin Reynolds. Le scénario de Robin Hood: Prince of Thieves prit beaucoup de liberté face à la légende originale. Ni Petit Jean ni Frère Tuck ne secondaient Robin et le Prince Jean fut également oublié. Tout comme en littérature, nous constatons que le cinéma aussi se permet de modifier et d'adapter la légende en fonction d'un public, d'une époque ou simplement pour des besoins marketing.

Deux ans après le blockbuster de Kevin Reynolds, un film parodique vient compléter le panel des genres cinématographiques déjà illustrés précédemment. Ce film s'intitule Robin Hood : Men In Tights et fut réalisé par Mel Brooks. Notre héros, Robin, est un pervers repoussé par Marianne. Frère Tuck est juif et se fait appeler Tuckman. L'humour et l'ironie ponctuent toute l'histoire et tous les personnages en sont victimes. Le film contient de nombreuses références au long métrage de Michael Curtiz et William Keighley (1938), notamment la scène où Robin porte fièrement un sanglier sur ses épaules.

Finalement, nous affirmerons sans crainte que la légende perdurera et continuera d'exister dans l'imaginaire collectif. Outre les nombreux médias exploitant sans cesse les ressources de la légende, Hollywood n'a pas dit son dernier mot. L'an dernier, Ridley Scott nous a livré sa propre adaptation du mythe. Ce film, qui faisait l'ouverture du Festival de Cannes il y a un an, le 12 mai 2010, a bonne presse et jouit toujours d'un franc succès.

Pour conclure, nous constatons donc que la légende de Robin au XXe siècle a largement dépassé les frontières anglo-saxonnes. De nombreux films dont certains incontournables dans l'histoire du cinéma, ont mis en scène, adapté et transformé la légende. Robin est devenu plus qu'un personnage folklorique.

Grâce aux médias et à sa popularité toujours croissante, il s'est défini comme un mythe culturel et universel.

1.5 La clé du succès 32

Il est légitime de s'interroger sur la pérennité de Robin des Bois. Pourquoi est-ce ce héros qui a survécu et pas un autre ? A quoi doit-il son succès? La dernière partie de ce chapitre a donc pour but de répondre à ces questions le mieux possible.

Tout d'abord, nous pouvons affirmer que depuis le XVe siècle l'histoire de Robin des Bois a bénéficié d'une popularité extraordinaire. Grâce à celle-ci, la littérature a continué d’alimenter la légende. Actuellement, l'intérêt que lui porte la littérature enfantine fait perdurer la légende dans la mémoire collective. Ensuite, le goût du cinéma pour les héros médiévaux et plus particulièrement pour Robin des Bois a permis à la légende de se maintenir en vie dans le monde entier. Les représentations que nous avons des héros est fortement influencée par le cinéma, média très populaire de nos jours. Troisièmement, le travail de Barrie Dobson et John Taylor The Rhymes of Robin Hood: An Introduction to the English Outlaw (1976)est un ouvrage qui, comme celui de Ritson à l'époque, remet le sujet au cœur des recherches documentaires. Il met en évidence la survivance de la légende entière. Finalement, la quête d'un Robin des Bois historique continue d’attiser l'intérêt des historiens. « Robin des Bois a-t-il vraiment existé ? » n'est pas une question qui se résout aisément, comme vous l'ont démontré Rémy Baudoin et Xavier Bouchez.

Pour conclure, le Robin des Bois qui survit dans nos mémoires est très éloigné du violent hors-la-loi des ballades du Moyen Âge. Toutefois, il a le même esprit d'indépendance, et combat toujours les injustices de la société.33

2. Robin des Bois et le roi Arthur : comparaison de deux mythes anglo-saxons devenus universels

Robin des Bois n'est pas le seul héros anglais médiéval à avoir acquis une renommée mondiale. En effet, la légende arthurienne fait également partie intégrante de notre imaginaire collectif. Les deux légendes ont joui pendant des siècles d'une réputation intarissable. Profondément attachées au folklore anglo-saxon, elles nous plongent dans un univers médiéval glorifié et mythifié, engendré par la littérature et aujourd'hui prolongé dans divers médias. Dans ce chapitre, nous allons comparer l'évolution littéraire des deux légendes, avant de nous intéresser à certaines de leurs thématiques et aux héros eux-mêmes afin d’épingler les similitudes et les divergences de ces deux mythes.

Rappelons brièvement qui est Arthur. C'est un roi anglais légendaire autour duquel s'articulent de nombreuses histoires : celles des chevaliers de la Table ronde, de la fascinante épée Excalibur, de Merlin, mage et enchanteur, de la quête du Graal, etc. Il est extrêmement difficile de présenter le roi Arthur en quelques lignes, c'est pourquoi nous nous baserons sur vos connaissances en la matière puisque la légende arthurienne, comme celle de Robin, contient de nombreux présupposés connus.

2.1 Les légendes dans le temps

Les premières mentions de la légende d'Arthur remontent au VIIe siècle, il est alors un personnage abscons de la littérature celtique et latine. Il faudra attendre des siècles avant de le voir émerger dans la littérature en langue vernaculaire. En effet, ce n'est qu'au XIIe siècle, grâce au Roman de Brut de Wace, translation de l'ouvrage Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, que la légende est dessinée.34 La littérature postérieure est fortement redevable à ces deux ouvrages clés. Nous constatons donc que la légende arthurienne est plus ancienne que celle de Robin, pour laquelle, rappelez-vous, aucune mention littéraire n'avait été relevée avant le XIVe siècle (tout au moins en Angleterre). De plus, la légende arthurienne est beaucoup plus vaste que celle de Robin : elle comprend de nombreux cycles (Merlin, Lancelot,...) et met en scène plusieurs héros et donc différentes histoires (l'enfance du roi Arthur, la quête du Graal, la mort d'Arthur, Merlin, l'amour entre Lancelot et Guenièvre, etc.)

Ensuite, les deux mythes ont été développés en littérature française. Alors que ces contacts furent éphémères et mystérieux pour la légende de Robin des Bois35, ils se sont avérés capitaux dans le cadre de la légende arthurienne. En effet, les cinq romans de Chrétien de Troyes ont marqué la littérature médiévale française et ont généré de nombreuses œuvres sur le sujet. La légende a donc évolué parallèlement en France et en Angleterre jusqu'à la fin du Moyen Âge. Ce cheminement à travers la littérature française s'explique facilement. En effet la légende arthurienne sous la plume de Chrétien de Troyes naît dans le duché de Normandie, gouverné par Henri II Plantagenêt, qui est également le roi d’Angleterre. Le contact entre les deux cultures favorise donc l'échange et le mélange des folklores.

Chrétien de Troyes était au service de la dynastie Plantagenêt. Ses œuvres servaient le pouvoir et louaient le roi et les chevaliers. La légende arthurienne, en France du moins, était donc aussi bien destinée à l’aristocratie qu'au peuple. Pour Robin des Bois, c'est évidemment différent. Les poèmes ne servent en rien une cour ou un souverain. Au contraire, ils mettent en avant les travers du pouvoir local et de l’Église et glorifient le vol et les hors-la-loi. C'est pourquoi nous pouvons suggérer que la légende de Robin des Bois a une origine populaire même si elle était également connue de tous types de publics dès le Moyen Âge.

Ensuite, les deux héros et leur mythe ont continué d'évoluer et de s'étoffer dans la littérature, anglaise principalement, avant de renaître au XIXe siècle. Les deux mythes ont incarné un sentiment d'identité nationale. En 1892, F. Mary Wilson déclara « Arthur and Robin Hood, these two names are national inheritences ».36 Cette nécessité de patriotisme a culminé durant la période de la Révolution française et des guerres napoléoniennes. C’était, en effet, une période de troubles, tournée vers le passé et surtout vers le Moyen Âge. Elle a mis en avant l'idée d'une nation et de ses habitants luttant ensemble pour la gloire et la victoire.37 Cette idée du Moyen Âge est évidemment embellie mais les héros de ce temps incarnent parfaitement cette lutte. Cependant, les légendes du roi Arthur et de Robin des Bois ne louent pas les mêmes idéaux, ni les mêmes valeurs. Qu'est-ce qui détermine alors le fait qu'elles servent une même cause ? C'est très simple, leurs divergences se complètent. Robin des Bois symbolise la liberté. Son mythe souligne le caractère patriotique des hors-la-loi et l'honnêteté des hommes. De plus, il distingue la vrai justice de la légalité. Le roi Arthur, quant à lui, incarne la loyauté et la gloire militaire. Il prône des valeurs guerrières et la fidélité à un leader.38 Ces deux légendes, malgré leurs dichotomies, devinrent donc des piliers dans la construction de l'identité nationale qui les détermina définitivement comme des mythes anglo-saxons.

Le siècle dernier, la légende arthurienne a connu la même internationalisation que celle de Robin des Bois grâce à sa récupération par divers médias. Encore une fois, la télévision et le cinéma ont joué un rôle primordial dans la représentation de ce mythe. Nous pouvons citer le film Excalibur de Jonh Boorman (1981) ou la cultissime parodie Monty Python and the Holy Grail réalisée par Terry Gilliam et Terry Jones en 1975. Les studios Disney se sont également emparés de la légende en produisant The Sword in the Stone en 1963, plus connu en français sous le nom de Merlin l'Enchanteur. La littérature de jeunesse concernant la légende arthurienne est elle aussi très fertile. Nous sommes donc imprégnés du sujet dès l'enfance que ce soit via les écrans ou les fables. Très récemment, en 2004, Antoine Fuqua a signé son long métrage King Arthur. Toujours au XIXe siècle, la série télévisée française Kaameloot, créée par Alexandre Astier et Jean-Yves Robin et diffusée sur les écrans depuis 2005, fait un tabac. Ces deux œuvres portent donc la légende jusqu'à nos jours. Tout comme celle de Robin des Bois, ce n'est pas demain qu'elle sera oubliée. Internet véhicule également le phénomène, l'Université de Rochester a mis en ligne deux collections d'articles, de textes, d'images et une bibliographie concernant Robin des Bois et la légende arthurienne nommées respectivement The Robin Hood Project et The Camelot Project. La Bibliothèque nationale de France (BnF) nous propose aussi de visiter virtuellement son exposition sur la légende arthurienne39.

2.2 Les thématiques abordées

Après avoir comparé l'évolution temporelle des deux mythes, nous effectueront un parallèle entre quelques thématiques abordées dans ces légendes. Le premier paragraphe concernera la question amoureuse et la place de la femme dans les deux légendes, surtout au Moyen Âge. Nous parlerons ensuite d'une éventuelle présence de merveilleux dans les récits. Enfin, nous évoquerons comment la chrétienté s'est immiscée dans les mythes.
Comme nous le savons, les poèmes moyenâgeux sur Robin des Bois dépeignent un monde masculin où la femme et l'amour n'ont pas leur place. Dans cette littérature, il faudra attendre le XVIe siècle pour voir apparaître Marianne. Au contraire, depuis le Moyen Âge, la légende arthurienne met en scène de nombreuses femmes comme la fée Morgane, Guenièvre, Énide ou encore Blanchefleur. De plus, ce mythe place la question amoureuse au premier plan. Celle-ci est directement empruntée à la lyric d'Oc. Les romans de Chrétien de Troyes sont une bonne illustration de la place accordée aux femmes car ils parlent de passions individuelles ou adultères, de mariage et lient amour et honneur.

Un autre élément divergent est la présence du merveilleux. Le mythe de Robin des Bois est réaliste. Il présente des aventures qui s'inscrivent dans un monde réel et possible. Le merveilleux y est donc absent. À l'inverse, la légende arthurienne contient beaucoup d'éléments féeriques provenant pour la plupart du merveilleux celtique. Ceux-ci se manifestent par des objets magiques, des pouvoirs et des personnages surnaturels.

Pour achever cette partie consacrée aux thématiques, nous nous intéresserons à certains éléments chrétiens de ces légendes. Ce paragraphe n'a pas pour but de faire une analyse religieuse des œuvres mais vise plutôt à mettre en évidence des traces de la chrétienté. La quête du Saint Graal dans la légende arthurienne est certainement la partie de l'histoire la plus imprégnée par cette religion. En effet, le Graal a été assimilé au Saint Calice, coupe mythique qui aurait servi à récolter le sang du Christ. Cette quête des chevaliers serait donc une quête avant tout chrétienne. Chez Robin des Bois, la chrétienté ne s'illustre pas par un objet mais par une valeur. En effet, l'escroc au grand cœur que représente Robin des Bois souligne la charité chrétienne. En effet, la Bible dit qu'il faut aider son prochain et donner aux plus démunis. Pour terminer, le sacrement chrétien du mariage existe dans les deux mythes, cette idée est renforcée par le devoir de fidélité et la condamnation de l'adultère.

2.3 Les héros

Le roi Arthur et Robin des Bois sont des héros socialement opposés. Robin est avant tout défini comme un hors-la-loi et une personne en marge du pouvoir et de la société. Ce serait un noble dépossédé et un homme libre. Il se situe donc hors de la hiérarchie sociale. Le roi Arthur quand à lui est un souverain, il appartient donc à la plus haute classe politique et sociale et possède le pouvoir absolu. Les chevaliers de la Table ronde possèdent aussi une position sociale privilégiée alors que les compagnons de Robin de Bois sont des hors-la-loi comme lui. Ces propos sont néanmoins à nuancer. En effet, Frère Tuck est un homme d’Église et Marianne est souvent représentée comme faisant partie de l'aristocratie. Lancelot, lui, sera banni pour avoir eu des relations avec Guenièvre, épouse du roi d'Arthur. Tous les personnages des légendes ne sont donc pas à mettre sur le même pied d'égalité. Toutefois, nous ne pouvons pas nier la différence sociale des héros et son influence dans les histoires.

Arthur et Robin des Bois, en plus de se distinguer socialement, ne vivent pas à la même époque. En effet, au temps du récit, le personnage de Robin des Bois vit au XIIe siècle alors que Arthur et ses chevaliers se situent six siècles plus tôt.

L'éternelle recherche d'un personnage historique attise l'intérêt pour les héros. Comme pour Robin des Bois, en tous temps, des hommes ont tenté d'élucider le mystère de la question biographique du roi Arthur. Au XIIe siècle, les moines de l'abbaye de Glastonbury avaient prétendu avoir mis au jour la tombe de l'illustre roi Arthur et de sa femme Guenièvre.40 Cela s’avéra être un subterfuge. Les historiens ont aussi cherché des traces matérielles de Robin des Bois et une fausse tombe avait également été découverte.41 Nous ne possédons actuellement aucune preuve tangible concernant l'existence réelle ou non d'un de ces héros et le sujet continue d'exciter les fanatiques.

2.4 En résumé

La comparaison de ces deux mythes légendaires a permis de rapprocher les deux œuvres et de comprendre leur succès. Robin des Bois et le roi Arthur sont des mythes qui ont évolué et se sont enrichis à travers les époques. Leurs valeurs ont servi la nation anglaise, de ce fait ils sont devenus des légendes nationales. Mais c'est leur popularité qui les a hissés sur la scène mondiale. Ce sont les différences entre les deux histoires et les valeurs qu'elles mettent en scène qui leur ont permis d'évoluer en parallèle sans jamais qu'une d'elles n'étouffe l'autre. Le mystère entourant l'historicité des héros attisera toujours les scientifiques allergiques aux spéculations. Exploitées dans différentes formes littéraires au cours de nombreux siècles, les mythes ont tous deux atteint le statut de légende universelle et ont été maintes fois utilisés par les arts. Aujourd'hui connus de tous, ils sont promis à la pérennité.

Conclusion

Comme nous l'avons développé, Robin des Bois n'a pas toujours été celui que nous connaissons. En effet, le Robin de la littérature médiévale n'avait pas beaucoup de points communs avec le hors-la-loi présenté aujourd'hui. Il a fallu des siècles à l'histoire pour se façonner. La légende a servi des époques et des idéologies différentes. Au siècle dernier, de nombreux médias ont utilisé ce héros, jusqu'alors typiquement littéraire. Grâce à sa popularité, le héros a été canonisé. Son succès a diverses origines. Son internationalisation, la reprise du héros au cinéma et dans la littérature de jeunesse ainsi que le mystère de son existence en sont des exemples. La réussite de la légende arthurienne est semblable à celle de Robin des Bois. Les valeurs de ces deux mythes anglo-saxons s'accordent à tous les siècles et tant qu'il y aura des gens pour s’enthousiasmer de ces histoires, elles resteront vivantes.

Pour terminer ce travail, nous donnerons un dernier exemple de la notoriété de Robin. En effet, ses agissements sont si connus que même la politique belge a emprunté son nom pour qualifier un de ses décrets officiels. Le décret Robin des Bois, aujourd'hui remis en cause par Joëlle Milquet, s'appuie sur le mythe pour justifier son contenu. Celui-ci imposerait aux écoles les plus fortunées d'aider financièrement les écoles défavorisées. Le légendaire héros Robin des Bois s'est donc infiltré dans toutes les générations et dans tous milieux. Il est devenu un personnage mythique fermement établi dans l'imaginaire collectif. De ce fait, sa légende est promise à une longue vie et pourquoi pas à l'immortalité ?

Notes

1William Langland, William Langland's Piers Plowman: the C version : a verse translation,édité par George Économou ,University of Pennsylvania Press, 1996, p. 31, v. 10-11.
2Pour de plus amples informations sur le yeoman se rapporter au travail de Xavier Bouchez.
3James Clarke Holt, Robin Hood, Londres, Thames and Hudson, 1982, p. 37.
4Stephen Knight, Robin Hood : a mythic biography, Londres, Cornell University Press, 2003, p. 19.
5Richard W. Barber, Living Legends, London, British Broadcasting Corporation,1980, p. 19-20.
6Richard W. Barber, op. cit., p. 21.
7James Clarke Holt, op. cit., p. 38-39.
8Pour traduire l'expression anglaise May Games, nous avons choisi de conserver, en français, uniquement la majuscule du second terme de l'expression comme nous le propose Guy Boquet (Boquet Guy, « Théâtre, sport et politique dans l'Angleterre Stuart », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 2 (1972), p. 456-472.)
9Stephen Knight, op. cit., p. 18.
10William E. Simeone, « The Mythical Robin Hood », Western Folklore, vol. 27, 1 (janvier 1958), p. 25.
11James Clarke Holt, op. cit., p. 162.
12Richard W. Barber, op. cit., p. 34.
13Valérie B. Johnson, « Robin Hood », The Robin Hood Project at the University of Rochester, 2008, http://www.lib.rochester.edu/camelot/rh/rhchar.htm consulté le 01 avril 2011.
14James Clarke Holt, op. cit., p. 161.
15William Shakespeare, As You Like It, Cambridge, The University Press, 1971, p. 6.
16Ce paragraphe a été inspiré de l'ouvrage de James Clarke Holt, op. cit., p. 176.
17 James Clarke Holt, « The origins and audience of the ballads of Robin Hood », Past and  Present, 18 (1960), p. 91.
18Stephen Knight, op. cit., p. 96.
19 Jacques Le Goff, Héros & merveilles du Moyen Âge, Paris, Seuil, 2005, p. 198.
20François Amy de la Bretèque , La légende de Robin des Bois, Toulouse, Privat, 2001, p. 49-52.
21Stephen Knight, « Remembering Robin Hood », European Journal of English studies, 10 (août 2006), p. 155.
22Réginald Hamel et Pierrette Méthé, Dictionnaire Dumas : index analytique et critique des personnages et des situations dans l'oeuvre du romancier, Montréal, Guérin Littérature, 1990, p. 544
23François Amy de la Bretèque ,op. cit., p. 51.
24Stephen Knight, « Remembering Robin Hood », op. cit., p. 156.
25Réginald Hamel et Pierrette Méthé, op. cit., p. 726-726.
26Paul Hamélius, « La littérature des proscrits en Angleterre », Revue belge de philologie et d’histoire, 1 (1922), p. 63.
27François Amy de la Bretèque, op. cit., p. 83.
28L'ensemble des paragraphes traitant Robin des Bois au cinéma se basent sur les écrits de la critique de cinéma Christelle Viero, « La légende de l'homme aux collants verts », Toutleciné.com, 06 mai 2010, http://www.toutlecine.com/cinema/dossiers/0001/ 00016207-la-legende-de-l-homme-aux-collants-verts.html consulté le 10 mai 2011.
29Fanny Paquet consacre son travail aux comics d'outre-Atlantique.
30La littérature de jeunesse est étudiée par Olivia Leemans dans son travail.
31Au cinéma, le terme blockbuster désigne un film à gros budget rendu attractif par sa distribution artistique, ses effets spéciaux et sa campagne publicitaire.
32Partie inspirée de Richard W. Barber, op. cit., p. 37-40.
33Richard W. Barber, op. cit., p. 40.
34Sarah-Marie Gilbert, L'évolution de la représentation du personnage d'Arthur, mémoire de maîtrise en philologie romane sous la direction de Annick Englebert, Bruxelles, ULB, 2010,
p. 2.
35Le travail de Giuseppe Senese traite du Robin de la littérature française médiévale au travers Adam de la Halle et Eustache Deschamps.
36F. Mary Wilson, « England's Ballad-hero », Temple Bar, 95 (1892), p. 411 cité par Stephanie L. Barczewski, Myth and national identity in nineteenth century Britain : the legends of King Arthur and Robin Hood, Oxford, Oxford University Press, 2000, p. 14
37Stephanie L. Barczewski, ibid., p. 7.
38Stephanie L. Barczewski, ibid., p. 14-15
39Paris, Bibliothèque nationale de France (BnF), France, Expositions virtuelles, « Arthur : la légende du roi », Bibliothèque nationale de France, 2010, http://expositions.bnf.fr/arthur/ consulté le 30 avril 2011.
40Amaury Chauou, « On a découvert la tombe du roi Arthur ! », L'Histoire, 297 (mars 2005), p. 68-72
41François Amy de la Bretèque, op. cit., p. 18

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