Robin des Bois, véritable bandit historique ?

Rémy Baudoin

 

Table des matières

Introduction
1. Contexte historique : l’Angleterre du milieu du XIe siècle au début du XIIIe siècle
1.1. L’empire Plantagenêt
1.2. Couronnement de Richard et Troisième Croisade
1.3. Mort de Richard Cœur de Lion et montée sur le trône de Jean
1.4. Situation sociale et Magna Carta
1.5. En synthèse
2. Contexte littéraire en Angleterre
2.1. Littérature de propagande
2.2. Littérature sur les bandits
3. Analyse des différentes hypothèses biographiques de Robin des Bois
3.1. XIe et XIIe siècles
3.2. XIIIe siècle
3.3. XIVe siècle
3.4. En résumé
4. Analyse sociologique de Robin des Bois en tant que bandit
4.1. Robin des Bois ou le brigand au grand cœur
4.2. Robin des Bois ou le bandit social
4.3. Robin des Bois ou le terroriste communiste
Conclusion

Étude

Introduction

Grâce à la version de Walt Disney sortie en 1973, la légende de Robin des Bois et de ses valeureux compagnons est aujourd’hui connue d’un grand nombre : dans leur apprentissage des valeurs, les jeunes enfants découvrent grâce à ce héros le symbole de la justice. Depuis son apparition au XIIIe siècle dans la tradition française, divers auteurs, d’Adam de la Halle à Alexandre Dumas, travaillèrent sur ce récit le rendant populaire. De plus, en raison de son succès, l’histoire mythique fut plusieurs fois adaptée au cinéma, même si les versions littéraires et cinématographiques présentent des Robins des Bois différents. Des versions proches de ce mythe existent aussi dans des pays éloignés tels que la Corée ou encore le Brésil.

L’histoire de ce héros présente pourtant plusieurs problèmes : a-t-il réellement existé ou constitue-t-il un personnage imaginaire représentant la justice ? Pourquoi est-il tellement connu ? Quel type de bandit représente-t-il ?

D’une manière générale, ce travail tentera de répondre à ces questions. Tout d’abord, le contexte historique sera étudié : le personnage de Robin des Bois, autant dans les sources littéraires anglaises que françaises, est souvent situé à la fin du XIIe siècle dans le pays du roi Richard Cœur de Lion. En Angleterre, le roi revient alors de croisade mais son règne sur l’empire Plantagenêt est contesté par son frère surnommé Jean sans Terre. Nous évoquerons aussi le contexte littéraire anglais de l’époque, pour savoir notamment s’il existe une littérature concernant les bandits avant l’apparition de l’histoire de notre héros.

Notre héros est aussi connu comme le premier justicier défendant les pauvres mais, à la base, il est un voleur et de nombreuses analyses sociologiques du personnage en tant que bandit ont été effectuées : nous en évoquerons les côtés les plus intéressants. Dans la conclusion de ce travail, une hypothèse plus précise concernant le caractère réel ou fictionnel du personnage de Robin des Bois sera formulée sur base des points abordés auparavant.

1. Contexte historique : l’Angleterre du milieu du XIe siècle au début du XIIIe siècle

Dans la majorité des versions littéraires et cinématographiques, aussi bien en France qu’en Angleterre, le personnage de Robin des Bois apparaît entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle. Au niveau historique, cette époque est très intéressante : elle met en scène l’empire Plantagenêt et plusieurs figures royales connues comme Richard Cœur de Lion, Aliénor d’Aquitaine ou encore Jean sans Terre. Dans ce chapitre, nous évoquerons les évènements politiques importants de l’espace dans lequel serait apparu notre héros, depuis la bataille de Hastings de 1066 jusque la signature de la « Magna Carta » par le roi Jean en 1215. En effet, il est important de remonter si loin afin de comprendre les hypothèses biographiques établies par les historiens (voir chapitre 3) : elles replacent Robin à des époques différentes et donc dans des contextes différents.

1.1. L’empire Plantagenêt

L’histoire de cet empire commence avec l’invasion de l’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant : suite à sa victoire lors de la bataille d’Hastings en 1066, ce vassal du roi de France devient roi d’Angleterre. Il est seulement soumis au roi de France concernant la Normandie mais il règne en maître absolu sur l’Angleterre. Il importe alors le système normand, « un système féodal parmi les plus évolués de l’Occident »1. à son arrivée au pouvoir, Guillaume favorise l’aristocratie normande venue s’installer en Angleterre et les nobles saxons tentent vainement de rester dans les hautes sphères de la nouvelle société et de se faire entendre.

Comme nous l’explique Sophie Cassagnes-Brouquet dans son étude2, lorsqu’il meurt le 9 septembre 1087, Guillaume le Conquérant laisse trois fils : Robert, Guillaume et Henri. Les deux premiers reçoivent des terres en guise d’héritage tandis qu’Henri n’a droit à aucun titre. Mais, en 1100, la chance tourne : Guillaume meurt d’un accident de chasse et Robert est parti en croisade, Henri profite de l’instant pour se faire couronner roi d’Angleterre à Westminster par l’évêque de Londres. Il emprisonne son frère Robert jusqu’à la mort de celui-ci et passe son temps à guerroyer contre le roi de France. Cette lutte active entre les dynasties anglaise et française sera présente durant tout le Moyen âge.

Après la mort de son unique fils, la seule héritière d’Henri est sa fille Mathilde qui, veuve d’un premier mariage, se remarie en 1128 avec le fils du comte d’Anjou, Geoffroy Plantagenêt (en référence à la branche de genêt qu’il portait à son chaperon lors de la chasse). à la mort d’Henri en 1135, le cousin de Mathilde, Etienne Blois, assure une régence jusqu’à ce qu’Henri II, fils de Geoffroy et Mathilde né en 1133, monte sur le trône en 1154. L’empire Plantagenêt est alors puissant : il comprend non seulement l’Angleterre, la Normandie et l’Anjou (de riches provinces) mais aussi le raffiné duché d’Aquitaine suite au mariage entre Henri II et Aliénor d’Aquitaine en 1152. Celle-ci venait d’être répudiée par le roi de France Louis VII car, à cause de la proche consanguinité des deux figures royales, elle ne lui avait pas donné de descendance masculine3.

Henri II renforce alors le pouvoir des Plantagenêt jusqu’à sa mort en 1189. L’administration est gérée par des clercs et des chevaliers lettrés4 : le roi veut faire adhérer ses sujets nobles à ses idées d’expansion territoriale et d’unité nationale en les impliquant personnellement. La guerre contre la France de Louis VII puis Philippe Auguste a un certain coût et le souverain anglais a besoin du soutien financier et militaire de ses sujets aristocratiques. Pour ce faire, la dynastie utilise la propagande afin d’exercer une plus grande influence sur les décisions des différents seigneurs. L’iconographie, le chant ou encore la littérature seront divers moyens utilisés pour louer les « succès politique et armé des Angevins »5.

De l’union entre Henri II, roi d’Angleterre, et Aliénor, duchesse d’Aquitaine, naquirent cinq fils6 : Guillaume, Henri (surnommé « le Jeune »), Richard (le futur Cœur de Lion), Geoffroy et Jean (surnommé « sans Terre »). Le premier meurt trois ans après sa naissance, le trône est donc destiné à Henri le Jeune qui se fait couronner à Londres en 1170. Mais son père ne quitte pas le pouvoir et crée des discordes entre ses différents fils. La perversité du père pousse Henri le Jeune et son frère Richard, alliés au roi de France, à se révolter.
Après son mariage « politique » en 1152, Aliénor d’Aquitaine est retournée vivre dans son duché et soutient les révoltes de ses fils contre son mari : pour cette raison, elle fut emprisonnée dans son domaine par son époux. En 1183, en pleine révolte, Henri le Jeune meurt subitement d’une maladie ; Richard, alors comte de Poitou, poursuit la rébellion car il pense que son père va le déshériter au profit de son frère cadet Jean.

1.2. Couronnement de Richard et Troisième Croisade

En 1187, des nouvelles de l’Orient arrivent en Europe : Jérusalem est tombée aux mains des musulmans et de leur roi Saladin. Richard veut alors partir reconquérir la terre sainte mais il a besoin d’argent et d’hommes, ce que lui refuse son père. Exaspéré par la décision de son père, Richard se proclame sujet du roi de France Philippe Auguste et rompt toute relation avec son père. Les rois des pays chrétiens sont aussi appelés à partir en croisade mais Henri II et Philippe Auguste continuent à se faire la guerre. Après que des accords entre les deux pays furent signés en 1189, reconnaissant notamment Richard comme le futur héritier de la couronne d’Angleterre, les rois anglais et français ainsi que Richard veulent partir à la guerre sainte mais Henri II, malade, meurt avant de voir la belle Jérusalem.

Richard est alors proclamé roi d’Angleterre et couronné mais il veut tout de même s’acquitter de sa promesse envers le pape et les chrétiens. Le nouveau roi est en bons termes avec Philippe Auguste grâce auquel il a pu forcer son père de le nommer héritier du trône. Pendant son absence, Richard confie le pouvoir à son frère Jean sous l’œil attentif du chancelier. Richard Cœur de Lion part en croisade pendant l’année 1191 : il réalise de grands exploits guerriers durant cette conquête, tels la prise de l’île de Chypre ou encore celle de la forteresse d’Acre. Suite à cette conquête, il est surnommé « Cœur de Lion » : il représente le « roi indompté des animaux à l’audace effrénée »7. Cependant, il est aussi à l’origine du massacre de civils musulmans dans cette même ville et est trahi par son ami Philippe Auguste, ce qui conduira au retour des hostilités entre les deux pays. Pendant ce temps, en Angleterre, Jean prend de plus en plus de pouvoir8 : certains nobles le soutiennent tandis que d’autres, ne lui faisant pas confiance, fortifient leurs places fortes. Le chancelier est alors conscient que le prince Jean veut s’emparer du trône et une querelle éclate entre les partisans des deux camps.

Vers 1192, tenu au courant des agissements de son frère Jean, Richard veut rentrer en Angleterre ; il n’a pas réussi à reconquérir Jérusalem mais il a obtenu des droits pour les chrétiens. Lors de son retour, sa flotte se fait surprendre par une tempête et il doit débarquer sur les terres du duc d’Autriche qu’il avait offensé pendant la croisade9. Celui-ci le remet à son seigneur, l’empereur Henri IV, cousin et allié de Philippe Auguste, qui emprisonne Richard pendant deux longues années. Celui-ci ne peut être libéré qu’en échange d’une rançon de 250 000 Marks.

À son retour définitif en Angleterre en 1194, Richard affirme son autorité sur Jean et reprend la guerre de son père contre les Français et Philippe Auguste.

1.3. Mort de Richard Cœur de Lion et montée sur le trône de Jean

Pendant l’année 1199, une trêve temporaire est conclue10. Néanmoins, Richard et son armée assiègent le château de Châlus-Chabrol appartenant au vicomte de Limoges car celui-ci s’est révolté contre son suzerain anglais et a signé un traité d’amitié avec le monarque français. De manière acharnée, Richard combat avec ses hommes contre les défenseurs mais il est touché, par une flèche d’un arbalétrier, près du cou au dessus de l’épaule gauche.

La flèche est retirée mais la blessure commence à s’infecter et le roi est vite conscient qu’il ne guérira pas. Il lègue alors son trône et toutes ses possessions à son frère Jean et les barons lui jurent fidélité. Jean devient roi et n’est plus sans terre ; il fait assassiner son neveu Arthur, fils de son frère Geoffroy (duc de Bretagne) soutenu par le roi de France, qui pouvait réclamer le trône11.

Mais, pendant les premières années de son règne12, le nouveau roi perd de nombreuses terres, dont notamment ses fiefs français en Normandie. « En 1212, il prépare une grande expédition militaire sur le continent, les taxes augmentent et le mécontentement gronde »13. Jean découvre qu’un complot contre lui a été organisé par les nobles ; il prend alors des otages dans la noblesse. Les étincelles de la révolte sont prêtes à s’allumer.

Suite à la victoire de Bouvinnes le 27 juillet 1214, la France de Philippe Auguste domine, militairement sur le continent, l’Angleterre de Jean qui, à son retour, trouve la noblesse révoltée. Les opposants veulent une réforme du gouvernement ; Jean refuse et recrute des mercenaires. Des barons clament alors leur indépendance vis-à-vis du roi. La guerre civile éclate et le 17 mai 1215, Londres tombe aux mains des rebelles. Jean doit alors négocier : il donne son accord aux barons rebelles concernant les revendications qui sont à la base de la « Grande Charte » (appelée aussi « Magna Carta »). Mais, par la suite, il retourne la situation en sa faveur en rendant cette charte caduque grâce au pape. La guerre civile reprend et les barons rebelles proposent alors la couronne d’Angleterre au fils de Philippe Auguste, le prince Louis. Cependant, les barons rebelles reviennent finalement du côté du roi anglais, à certaines conditions, incluses dans une version modifiée de la « Magna Carta » datant de 1217.

1.4. Situation sociale et Magna Carta

Particulièrement pendant les règnes de Richard et de Jean, l’Angleterre et ses habitants sont la proie de la faim et de la maladie14. Tandis que les rois et les nobles combattent, le peuple essaye simplement de survivre avec ce qu’il possède. Mais une épidémie mortelle survient. Voici comment la décrit Sophie Cassagnes-Brouquet : « cette épidémie n’épargnait pas ceux qui avaient à manger et abrégeait pour les miséreux le long supplice de la faim »15. De nombreuses personnes meurent chaque jour.

Aux XIIe et XIIIe siècles en Angleterre, les paysans sont en lutte constante, « soit avec le propriétaire, soit avec l’officier royal, soit avec l’un et l’autre »16. Le problème global concerne la liberté personnelle et le shérif constitue alors à l’époque le « représentant omniprésent du pouvoir central en matière de finances, de fiscalité, de justice et de police »17. à cette époque, les forêts deviennent aussi des lieux de tension suite à la « Loi de la Forêt » qui réserve de très vastes domaines à la chasse royale18. Si une personne est surprise dans ces lieux, elle doit payer une lourde amende et cette loi est à la base de la contestation des barons contre Jean dans les années 1210. La suppression de cette loi sera un des principaux objectifs de la noblesse rebelle lors de la rédaction de la Grande Charte en 1215 qui limitait les pouvoirs du roi Jean.

« The Charter must be read as a criticism of a system of government »19 : lorsque les barons se révoltent en 1215 et obligent le roi Jean à signer leur charte, ils ne remettent pas en cause le roi mais plutôt le fonctionnement de la monarchie. Par exemple, le roi s’assurait de la fidélité de ses sujets en prenant des otages dans les familles nobles ou exigeait sans raison de lourdes taxes à travers tout le pays. Avec la « Grande Charte », les pouvoirs du roi sont limités : par exemple, il doit obligatoirement « consulter un parlement avant de lever tout impôt extraordinaire »20 et accepter la loi qu’« un homme libre ne peut être ni emprisonné ni mis hors la loi ni exilé sans jugement de ses pairs ou de la loi du pays »21. Il faut tout de même voir un bémol dans cette charte : elle ne s’applique qu’aux hommes « libres », c’est-à-dire pour la plupart riches et nobles. Dans le cadre de la justice, théoriquement, le roi n’est donc plus le seul à décider mais, dans la pratique, aucune cour indépendante n’existe véritablement et « les juges restent serviteurs du roi, la corruption est partout »22.

Concernant Robin des Bois, un des articles de la Charte est particulièrement intéressant : il concerne une sorte de « droit à l’insurrection qui semble avoir été écrit pour justifier à rebours la révolte des proscrits de la forêt de Sherwood, lesquels étaient des paysans et des artisans, et non des barons révoltés…»23.

1.5. En synthèse

Après la rédaction de ce chapitre, nous nous rendons compte que la période des règnes de Richard Cœur de Lion et de Jean, dans laquelle les sources littéraires et cinématographiques font apparaître notre héros, est particulière : riche en évènements politiques, elle constitue pour le peuple un temps difficile (leurs seigneurs et monarques ne pensant qu’à accroître leur pouvoir, notamment par la violence et les taxes). Il n’est donc pas surprenant qu’un héros voué à la cause du peuple soit intégré dans cette époque.

2. Contexte littéraire en Angleterre

Dans les différentes sources consacrées aux règnes de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre que nous avons utilisées, aucune ne nous donne une quelconque information, historique ou littéraire, mettant en scène notre héros. Cependant, comme la figure de Robin des Bois est apparue pour la première fois dans la littérature, il nous paraît intéressant de nous pencher sur celle-ci dans la période où les œuvres littéraires situent majoritairement notre héros. De plus, nous avons découvert qu’il existait déjà une littérature consacrée à la vie des bandits dans la forêt avant l’apparition de notre héros dans le poème de William Langland en 1377.

2.1. Littérature de propagande

Les romans arthuriens apparaissent au XIIe siècle et les différents rois de l’empire Plantagenêt favorisent leur diffusion car ces œuvres littéraires présentent « leur dynastie dans une origine mythique valorisante. La figure du roi Arthur est présente en filigrane derrière celle du roi Richard »24.

Les différentes œuvres littéraires apparaissant à cette époque évoquent le courage des souverains et ce sujet devient un véritable topos littéraire25. Un exemple de l’époque est l’Histoire de la guerre sainte (1192-1199) composée par Ambroise à la demande du roi Richard : dans cette œuvre, l’écrivain évoque les exploits militaires du monarque anglais lors de la croisade. La majorité des œuvres louant les qualités des Plantagenêt sont poétiques car, accompagnés d’instruments de musique, les poètes viennent chanter leurs louanges à la cour royale. La littérature pro-Plantagenêt est écrite dans les différentes langues de l’époque : anglo-normand, anglais et latin. Martin Aurell résume la situation dans ce paragraphe :

Les Plantagenêt ont recruté des professionnels de l’écriture pour chanter en langue vulgaire ou écrire en latin leurs exploits, afin de donner un lustre supplémentaire à leur dynastie, engagée dans la lutte contre les Capétiens, dans la croisade contre Saladin ou dans la conquête de nouveaux territoires insulaires contre les Celtes. L’une des intentions manifestes de ces intellectuels est de promouvoir leur maître par la propagande26

Cette propagande ne chante pas seulement les prouesses militaires des différents rois mais aussi leurs grandes connaissances culturelles car « Savoir est pouvoir »27. La maxime « Un roi illettré est comme un âne couronné » est connue à la cour royale, devenue un centre de savoir ; le roi doit donc connaître les différents sujets abordés en ce lieu. Au cours de sa formation, il acquiert non seulement une culture chrétienne inspirée de la Bible mais aussi le savoir profane des classiques. Apprise durant leur instruction, l’image de « roi sage » sied à la famille Plantagenêt car elle accentue sa renommée dans les domaines de la justice et de la paix.

2.2. Littérature sur les bandits

La première œuvre littéraire anglaise évoquant notre héros-bandit date seulement de 1377 : un personnage, apparaissant dans le poème nommé Piers Plowman et écrit par William Langland,dit connaître des « rymes of Robin Hood and Randolf Erle of Chester »28. Or, ce comte (traduction de « earl » en anglais moderne venant de « Erle ») a vécu sous le règne de Jean sans Terre (voir 4.1). Aucune mention littéraire concernant Robin des Bois n’apparaît pourtant à cette époque, alors que la majorité des œuvres littéraires postérieures situe notre personnage à cette période.

Deux poèmes du début du XIVe siècle nous donnent des indices en évoquant la vie des bandits des bois29 : le premier, datant de 1305, est nommé par son éditeur Thomas Wright Le chant du proscrit de traillebaston (monologue en anglo-normand) et constitue en réalité « […] une satire contre une réforme judiciaire de la fin du règne de Edouard Ier d’Angleterre, l’ordonnance dite de traillebaston (1305) »30. Vers 1305, des bandes de brigands sévissent dans les campagnes et certains nobles aident ces malfaiteurs afin de toucher une part du butin. Paul Hamélius nous présente d’ailleurs la société de l’époque comme une « société anarchique où le vagabondage, le braconnage et la violence étaient encouragés et utilisés par les grands seigneurs, favorisés par la corruption et les craintes des petites gens et subis lâchement par les marchands et les voyageurs »31. En 1305 donc, le parlement confère au roi le pouvoir d’entreprendre des actions judiciaires contre ces bandits (voir 2.4) : l’ordonnance proclamée décrit avec détail la vie de ces proscrits, vie qui sera glorifiée pendant longtemps avec le personnage de Robin des Bois. Les juges nommés recherchent les brigands et arrêtent toutes les personnes ayant un quelconque lien avec eux.

« Traillebaston » est un dérivé du verbe ancien français « trailler » signifiant en ancien français « traîner, haler ». Il est intéressant de noter que la première œuvre littéraire sur les bandits est écrite en anglo-normand : ce dialecte propre à l’Angleterre a une origine partiellement française, ceci expliquant l’utilisation du mot « traillebaston » dérivant d’un verbe de la langue du continent. Mais il faut noter que « traillebaston » désigne très précisément un enquêteur ou magistrat anglais32. Concernant le contenu du poème, la nouvelle loi est perçue comme tyrannique par le poète. Ce poème mélange plusieurs sujets : sentiments personnels, allusions politiques et descriptions de la nature. Il annonce les ballades anglaises sur Robin des Bois et ses archers.
Le deuxième poème, plus narratif et écrit en moyen anglais, se nomme Le conte de Gamelin datant environ de 1350. Les idées évoquées sont proches de celles du poème précédent et le personnage de Robin des Bois est aussi absent. Pourtant, Maurice Keen nous apprend dans son article que Gamelin réapparaît dans les versions postérieures de la légende de Robin des Bois comme un des joyeux compagnons de notre héros33. Dans cette œuvre, tous les officiers du roi apparaissent comme les véritables bandits et sont finalement jugés par Gamelin qui les condamne à mort.

Dans ces deux poèmes, le bandit est décrit comme extrêmement habile dans le maniement des armes (et particulièrement de l’arc qui restera son arme favorite dans la postérité). En insistant sur son côté brave et fidèle, les poèmes ne retiennent que les points positifs du personnage du bandit.

Le premier poème de 1305 n’évoque pas l’existence de notre héros : il nous est donc permis de supposer que Robin des Bois soit apparu entre 1305 et 1377 (voir les hypothèses biographiques ci-dessous et la conclusion de ce travail). Mais il est aussi possible que la figure de Robin des Bois n’était pas encore assez populaire, et pourtant qu’il ait tout de même existé au siècle précédent. Pour cette raison, nous allons maintenant nous

3. Analyse des différentes hypothèses biographiques de Robin des Bois

Aujourd’hui encore, les historiens s’interrogent sur le caractère réel ou fictionnel de notre héros. Au XVe siècle, les chroniqueurs (voir ci-dessous) se penchaient déjà sur cette question délicate. De nombreuses hypothèses ont été formulées au cours du temps mais elles sont toutes invérifiables vu le caractère mythique de Robin des Bois. Son existence a été établie hypothétiquement dans différents siècles, du XIe siècle jusqu’au XIVe siècle : ceci montre le caractère populaire de l’histoire de Robin.

À partir de l’apparition de l’œuvre d’Anthony Munday en 1598, The Downfall of Robert, Earle of Huntington, Robin est perçu comme un aristocrate ayant perdu ses biens alors que l’œuvre de Langland de 1377 ne donnait aucune information sur l’origine de notre héros.

Dans ce chapitre, nous tenterons d’être le plus exhaustif possible concernant les différentes hypothèses : afin de ne pas perdre le fil, elles seront énoncées dans l’ordre chronologique des époques où on situe Robin.

3.1. XIe et XIIe siècles

L’historien W. F. Prideaux est le seul à identifier Robin des Bois comme le fils d’un certain William St. Liz, chef anglo-saxon, qui aurait combattu les troupes normandes de William le Conquérant34. Un autre français, Augustin Thierry, spécialiste de la conquête normande, parle de Robin comme d’un chef saxon local lors du règne de Richard Ier. Le bandit et le souverain se seraient d’ailleurs rencontrés lors d’une visite du roi à Clipston Palace en 119435.

Suite à l’œuvre Ivanhoé de Walter Scott qui a définitivement vulgarisé l’histoire de Robin des Bois, les différentes œuvres cinématographiques modernes replacent notre héros, un noble déchu, dans le contexte des règnes de Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre.

Une source36 affirme en effet que Robin serait en fait un ancien chevalier nommé Robert Fitz Odo vivant à Loxley dans le Warwickshire : on possède une trace de lui datant de 1196. Un des noms fictionnels de Robin est proche de ce nom, Robert Fitzooth, mais il n’existe aucune preuve que cet homme fut un bandit et le Robin des premières ballades n’était pas un chevalier.

Dans son étude37, Stephen Knight nous informe qu’un historien anglais du XVIe siècle, John Major, dans son œuvre Historia Majoris Britanniae datant de 1521, établit l’hypothèse que Robin était un baron, connu sous le nom de Fulk Fitz Warren, qui s’était révolté contre le roi Jean et qui, pour cette raison, fut considéré comme un bandit. Ses faits ont été conservés dans un texte en prose en anglo-normand du début du XIVe siècle. Il aurait notamment vécu quelque temps dans la forêt comme Robin. Pour appuyer son hypothèse38, Major fit référence à l’œuvre de Langland parue en 1377 où un des personnages, inculte, dit connaître des rimes de Robin et du Comte de Chester appelé Randulf. Or, ce comte, mort en 1232, a vécu lors du règne de Jean et l’on sait qu’il était lié à Fulk lors de la révolte contre leur monarque dans les années 1210-1215.

3.2. XIIIe siècle

En 1936, un historien appelé L. D. Owen découvre que, sous le règne d’Henri III, les biens d’un homme nommé Robert Hood ont été confisqués en 122639 : il ne s’était pas présenté devant la cour de justice et fut alors considéré comme un bandit. Même si les noms et prénoms de cet homme sont très proches de ceux de notre héros, il faut savoir que ce nom « Hood - Hod - Hode » était assez commun. En effet, dans son étude40, l’historien Stephen Thomas Knight nous apprend l’existence d’un autre Robert Hood, coupable d’un seul meurtre, qui a séjourné auparavant dans une abbaye entre 1213 et 1216. Cette hypothèse, Robin lié à la religion, semble peu pertinente en regard du type de bandit présent à cette époque (voir 2.4 et introduction du point 5).

Bien entendu, les historiens ont cherché des traces matérielles et François Amy de la Bretèque nous informe sur ce point41 : ceux-ci ont cru trouver une pièce du puzzle lors de la découverte d’une pierre tombale au nom de « Robert, comte d’Hutington », aussi nommé « Robin Heud », décédé selon l’inscription le « 24ème jour des calendes de décembre 1247 ». Mais cette inscription a été datée du XIXe siècle et la date gravée n’existe pas dans le calendrier de l’année 1247.

Vers le milieu du XVe siècle, dans son œuvre Scotichronicon, un chroniqueur écossais appelé Walter Bower, affirme que Robin fit partie de la troupe de rebelles dirigée par Simon de Montfort, comte de Leicester, qui combattit contre les troupes d’Henry III entre 1263 et 1266.

En 1420, dans son œuvre Orygunale Chronicle basée sur l’histoire de l’Écosse42, l’historien Andrew of Wyntoun évoque les personnages de Robin et de Petit Jean43 : ils auraient été présents dans la région de Barnsdale vers 1283. On ne parle donc pas ici de Nottingham ni de la forêt de Sherwood, mais de celle de Barnsdale, au sud de la frontière anglo-écossaise. En 1283, les Écossais, emmenés notamment par un certain William Wallace, défendent leur indépendance contre les Anglais qui considèrent cet homme comme un véritable bandit ; Wyntoun effectue un rapprochement fondé entre Robin et William Wallace (voir conclusion), rapprochement considéré comme réel en Écosse vers le XVIe siècle44.

J. C. Holt, historien moderne spécialiste du XIIIe siècle et de Robin des Bois45, est intimement persuadé que le XIIIe siècle est la seule période où Robin des Bois ait pu exister vu le contexte approprié et décrit dans les œuvres littéraires (notamment A Lytell Geste of Robin Hood de 1459).

3.3. XIVe siècle

Il existait une famille « Hood » aux XIIIe et XIVe siècles à Wakefield dans le Yorkshire46 ; la famille était au service du comte de Wakefield et un certain Robin naquit en 1290. En 1322, la famille Hood servit un nouveau maître, le comte de Lancaster, qui se révolta contre le roi Edward II. Robin dut prendre les armes et suivre son seigneur mais la révolte fut écrasée, le comte décapité et les rebelles considérés comme des bandits. Ceux-ci se réfugièrent alors dans la proche forêt de Sherwood et survécurent en pillant les voyageurs. Vers 1852, l’historien Joseph Hunter confirme cette idée : Robin des Bois fut un personnage historique qui aurait vécu lors du règne d’Edward II (1307-1327)47. La visite du roi chez Robin, décrite dans les ballades, correspondrait à celle d’Edward II dans le nord du pays en 1323.

Dans son étude48, L. Potter nous informe qu’une œuvre anonyme de 1377, nommée The Anonimalle Chronicle, évoque des bandits armés d’arcs sévissant dans des forêts : Robin des Bois n’est pas nommé mais nous savons qu’en 1354, un homme arrêté pour banditisme s’est présenté au tribunal sous le nom de Robin Hood.
Robin pourrait aussi être un leader de la révolte paysanne de 1381 : suite à la peste et à l’augmentation des impôts, les masses paysannes se soulevèrent et certains des chefs prirent un « patronyme qui rappelle celui de Robin Hood »49. Lors de cette révolte, le nom de « Robin Hood » avait plusieurs sens : il fut utilisé non seulement pour nommer quelques chefs de la révolte (dans le sens de justicier) mais aussi pour désigner le trésorier du roi (dans le sens de voleur) qui avait envoyé des officiers afin de lever l’impôt50.

3.4. En résumé

En voyant toutes ces possibilités de rattacher un personnage réel (dont l’existence est attestée par des archives) au personnage mythique de Robin des Bois, on peut se poser la question suivante : est-ce que Robin des Bois fut un personnage réel ayant inspiré une légende ou est-il un personnage purement fictionnel auquel on a voulu rattacher, par des ressemblances, des personnes d’époques différentes ? Comme les spécialistes n’ont jamais pu démontrer l’existence de Robin des Bois, nous pouvons seulement affirmer que la légende de notre héros était déjà populaire vers le milieu du XIIIe siècle et il est pertinent de dire qu’il n’existe sûrement pas qu’un seul Robin des Bois51. Si un de ces bandits était réellement Robin des Bois, tel qu’il est décrit dans la légende, alors il doit correspondre aux modèles de bandits décrits dans le chapitre suivant

4. Analyse sociologique de Robin des Bois en tant que bandit

Même s’il représente la justice et l’équité, notre héros est, à la base, un brigand mais il constitue plusieurs types particuliers de bandit : par exemple, le brigand au grand cœur, assez proche du bandit social, qui vole aux riches pour donner aux pauvres.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que, si Robin a bel et bien existé entre la fin du XIIe et la fin du XIVe siècle, qu’il soit d’origine noble ou paysanne52, il a vécu pendant une période où la société médiévale était véritablement entachée de violence et de cruauté53 (voir 2.4) : les révoltes paysannes étaient matées dans le sang par les seigneurs mais les rebelles ne perdaient pas une occasion pour se venger.

Les hors-la-loi de l’époque étaient pour la plupart des victimes de l’oppression d’hommes plus puissants et leurs terres et richesses avaient été confisquées car ils étaient accusés d’un quelconque délit : comme ils ne s’étaient pas présentés devant le tribunal, car ils savaient qu’ils allaient être condamnés par la justice corrompue de l’époque, ils étaient déclarés bandits et n’avaient alors pas d’autre choix que de fuir dans les bois pour survivre. En effet, le sheriff et ses hommes, représentants au niveau local du pouvoir politique et judiciaire, tuaient les bandits attrapés.

n expliquant cela, nous pouvons donc affirmer que, si Robin a existé, il ne fut pas blanc comme neige : il devait voler les voyageurs avec une certaine violence pour pouvoir survivre dans ce monde qui l’avait rejeté.

4.1. Robin des Bois ou le brigand au grand cœur

Pour le public, Robin des Bois représente le brigand au grand cœur, analysé sociologiquement comme « le type de bandit le plus célèbre et le plus universellement populaire, celui qui revient le plus dans les ballades et les chansons, bien qu’en réalité il fut loin d’être le plus répandu »54.

Comme nous l’explique Eric John Hobsbawn55, pour la croyance populaire, l’existence de brigands au grand cœur aidant le peuple contre les puissants est indispensable même si la majorité des voleurs du Moyen Âge n’étaient pas des alliés du peuple car ils détroussaient non seulement les riches mais aussi les pauvres.
Le brigand au grand cœur, champion et justicier du peuple, présente plusieurs caractéristiques : tout d’abord, il n’est pas au départ un criminel mais devient bandit suite à une injustice ou à une persécution des autorités. Il a aussi cette image de redresseur de torts : il représente la justice en volant les riches pour donner aux pauvres. Comme il a été victime d’abus, le brigand au grand cœur fera en sorte que le peuple ne devienne pas la nouvelle proie des autorités locales.

Ceci dit, il n’est un malfaiteur violent que « par nécessité » : il ne tue qu’en cas de légitime défense. Il est aussi une personne à part entière de la communauté qui l’accepte, l’admire et l’aide. Pour cette raison, il opère, seul ou avec sa bande, sur le territoire de la communauté d’où il est souvent issu. Alors qu’il est théoriquement invisible (déguisement le rendant méconnaissable) et invulnérable (idée du peuple que son champion ne sera jamais vaincu), la mort de ce type de héros est toujours causée par une trahison étant donné qu’aucune personne de l’autorité n’arrive à l’attraper.

Le brigand au grand cœur ne combat pas son roi, source de justice, qui pardonnera au bandit et le prendra à son service, mais seulement les oppresseurs locaux, les nobles dédaigneux du peuple et le clergé corrompu. Le nombre de cas, où cette description théorique du brigand au grand cœur rime avec l’existence historique de certains bandits, est très peu élevé (par exemple, le célèbre bandit historique Pancho villa).

Avec cette description, nous remarquons que Robin, alias le brigand au grand cœur, n’est pas à vrai dire un révolutionnaire car son objectif est assez modeste : il veut simplement restaurer une véritable justice mais « il ne cherche pas à promouvoir une société fondée sur la liberté et l’égalité »56. Mais, même si ce n’est pas un révolutionnaire au sens pur, Robin des Bois constitue pour Eric John Hobsbawn la forme la plus primitive de protestation sociale.

4.2. Robin des Bois ou le bandit social

Dans une autre étude57, Eric John Hobsbawn nous donne une nouvelle vision de Robin des Bois : il le considère comme un véritable révolté social. « Le banditisme est une forme primitive de protestation sociale organisée […] considérée comme telle dans beaucoup de sociétés par le peuple qui, de ce fait, protège le bandit en qui il voit souvent son champion, qu’il idéalise et dont il fait un mythe : Robin des Bois en Angleterre »58. Le bandit social présente à peu près les mêmes caractéristiques que le bandit au grand cœur, sauf qu’il est plus impliqué « politiquement » dans sa lutte contre les puissants qui volent les pauvres.

Par rapport au brigand au grand cœur, nous pouvons observer une différence : la personne devient un criminel seulement lorsqu’elle se livre à des actes illégaux alors que ceux-ci ne sont pas considérés comme criminels « au regard des usages locaux »59. Le bandit doit alors prendre la fuite car, selon Hobsbawn, il ne sera pas compris, comme les autres paysans, par le système de l’État.

D’autres caractéristiques du bandit social sont aussi évoquées : il est jeune et célibataire. En effet, il est difficile de se révolter lorsqu’on doit faire vivre une famille à sa charge. Le bandit social est souvent d’origine modeste et n’oublie pas le milieu dont il est issu. Le bandit social ne peut apparaître que dans une société rurale, considérée comme pré-capitaliste par Hobsbawn, où les riches dominent les pauvres. Avant l’arrivée du bandit social, le peuple n’est pas conscient de sa force et de son rôle politique.

Le bandit social, tout comme le brigand au grand cœur, n’est pas un pur révolutionnaire : il ne proteste pas contre la différence de classes sociales mais simplement contre l’énorme écart entre celles-ci. Il n’est pas là pour créer un monde où chacun est égal. Robin, en tant que bandit social selon Hobsbawn, a simplement pour but d’imposer des limites à l’oppression locale via des menaces d’anarchie, de vols et de meurtres.

4.3. Robin des Bois ou le terroriste communiste

La vision « spéciale » de Robin des Bois par Eric John Hobsbawn sera un sujet de controverse entre les spécialistes mais ce spécialiste du banditisme a raison dans un sens : si un bandit-héros comme Robin des Bois apparaissait à notre époque60, il serait considéré comme un véritable terroriste.

En effet, le mythe de Robin fut popularisé par ses actions, à savoir l’assassinat, le vol et des actions de « guérilla » contre les autorités. Au cours du temps, la légende de Robin des Bois a pris de plus en plus un côté communiste61 pour certains : le fait de protéger le peuple et de vouloir se venger des puissants montre le désir de créer un nouvel ordre, idée de base de la politique communiste.

Conclusion

Notre conclusion constitue une hypothèse originale62 sur l’existence de Robin des Bois au XIVe siècle : elle s’appuie sur les différents points développés dans ce travail. En effet, nous allons formuler notre hypothèse à partir de la date d’apparition des poèmes consacrés à la vie des bandits dans la forêt (sans évoquer notre héros ; voir 3.2), dates antérieures à la première évocation littéraire de Robin des Bois en 1377 dans un poème de William Langland. Avec ceci, nous tenterons donc de voir si les hypothèses biographiques postérieures aux dates d’apparition de ces poèmes sont plus crédibles que les autres. Nous pourrions peut-être relier un de ces bandits à un modèle développé dans l’analyse sociologique ci-dessus.

Le premier poème se nomme Le chant du proscrit de traillebaston et futédité en 1305. Si nous supposons donc que Robin des Bois a existé entre 1305 et 1377, nous pouvons nous référer au point 4.3 : deux hypothèses biographiques ont été formulées. La première, la plus proche de 1305, se rapporte à un certain Robin Hood (véritable nom et prénom) concerné par la révolte de son maître, le comte de Lancaster, contre le roi en 1322. Mais nous possédons peu d’informations sur ce Robin qui, déclaré bandit par la justice royale, a dû se cacher avec les autres rebelles dans la forêt de Sherwood suite à la défaite de leur seigneur. Nous savons simplement qu’ils pillaient les voyageurs afin de survivre. La deuxième hypothèse est encore plus vague : elle nous rapporte qu’un homme, arrêté pour banditisme, s’est présenté au tribunal sous le nom de Robin Hood en 1354. Mais, dans un même temps, nous pouvons nous référer au poème Le conte Gamelin apparu approximativement vers 1350. On pourrait penser que ce poème évoque la vie du bandit appelé Gamelin qui aurait pris plus tard le nom de Robin des Bois. Cependant, ces deux hypothèses nous paraissent donc reposer sur de trop minces informations (simplement le nom et le prénom et la « profession ») pour déterminer l’existence de notre héros.

Néanmoins, nous nous sommes penchés plus précisément sur l’hypothèse biographique situant Robin en 1283 (voir 4.2) : l’hypothèse est donc antérieure à 1305 mais elle en est la plus proche. Si cette hypothèse se révélait exacte, cela signifierait que la légende de Robin n’était pas encore assez populaire lors de l’écriture du poème édité en 1305 ou que l’auteur n’a pas voulu mentionner directement son nom par crainte de menaces de la part des autorités royales (vu que ce poème considère les officiers royaux comme les véritables bandits). Selon cette supposition, Robin serait en fait le héros national écossais William Wallace.

Plusieurs choses tendent à confirmer cette idée63 : tout d’abord, la mort de William Wallace en 1305 correspond avec l’année d’édition du poème. Ce poème, en plus d’aborder une loi tyrannique du roi anglais, évoquerait donc sans le nommer l’héroïque patriote écossais. William Wallace aurait aussi eu une liaison avec une certaine Marion Braidfut (un possible lien avec la Marion de l’œuvre d’Adam de la Halle parue en 128364) et fut connu comme le chef d’une bande de trente hommes. De plus, l’historien Wyntoun nous apprend que Robin des Bois et Petit Jean auraient vécu dans la forêt de Barnsdale proche de la frontière anglo-écossaise vers 1283.

Cependant, certains faits vont aussi à l’encontre de cette hypothèse : le début de la vie de William Wallace est peu connu et l’on n’est pas sûr de sa date de naissance (la majorité des historiens la situant vers 1270). Notre Wallace-Robin serait donc un adolescent (ce qui paraît peu crédible à notre époque mais l’on devenait adulte à douze ans au Moyen Âge) et il est aussi un véritable révolutionnaire, ce qui ne coïncide pas avec la description de nos brigands (au grand cœur et social). De plus, lorsque Adam de la Halle écrit son œuvre mettant en scène Robin et Marion, il est alors à Naples et l’on peut s’interroger sur les relations entre les royaumes d’Angleterre et de Naples (par exemple, le temps pour que les informations arrivent d’un point à l’autre), en sachant d’ailleurs que les deux rois avaient un lien familial du fait qu’ils étaient issus tous les deux de la maison d’Anjou. D’autres arguments s’opposent aussi à cette hypothèse : la « Grande Charte » de 1215 comprend un passage destiné spécifiquement aux rebelles de la forêt de Sherwood (voir 2.4) et les historiens situent surtout l’action de Wallace dans les années 1296-1297.

Nous pouvons donc penser que Wyntoun, historien écossais, a voulu rapprocher, a posteriori, le personnage historique de William Wallace de la figure légendaire de Robin des Bois afin de le représenter comme le justicier qui a permis à l’Écosse d’accéder définitivement à l’indépendance. Bref, ici aussi, cette hypothèse est impossible à vérifier.

Nous pouvons donc conclure ce travail en affirmant une nouvelle fois que l’existence réelle de Robin des Bois ne sera probablement jamais découverte mais que ce héros, justicier légendaire, sera toujours connu de tous.

Notes

1 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 29
2 Informations suivantes tirées de l’étude de Sophie Cassagnes-Brouquet, Histoire de l’Angleterre médiévale, Gap, Ophrys (Coll. « Synthèse histoire »), 2000, pp. 74-76
3 Michèle Brossard Dandré, Richard Coeur de Lion : [histoire et légende], présenté par Michèle Brossard-Dandré et Gisèle Besson, Paris, C. Bourgois (Coll. « Le monde en 10/18. Bibliothèque médiévale ; 2007), 1989, pp. 412-413
4 Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin (Coll. « Collection pour l’histoire »), 2003, pp. 95-101
5 Ibid., p. 99
6 Informations suivantes tirées de l’étude de Michèle Brossard-Dansdré, op. cit., pp. 33-85 et 405-415
7 Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin (Coll. « Collection pour l’histoire »), 2003, p. 117
8 Informations suivantes tirées de l’étude de Michèle Brossard-Dandré, Richard Coeur de Lion : [histoire et légende], présenté par Michèle Brossard-Dandré et Gisèle Besson, Paris, C. Bourgois (Coll. « Le monde en 10/18. Bibliothèque médiévale ; 2007), 1989, pp. 309-315
9 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 31
10 Informations suivantes tirées de l’étude de Michèle Brossard Dandré, op. cit., pp. 257-261
11 En annexe : arbre généalogique de la famille Plantagenêt.
12 Sophie Cassagnes-Brouquet, Histoire de l’Angleterre médiévale, Gap, Ophrys (Coll. « Synthèse histoire »), 2000, pp. 134-137
13 Ibid., p. 135
14 Informations suivantes tirées de l’étude de Michèle Brossard-Dandré, Richard Coeur de Lion : [histoire et légende], présenté par Michèle Brossard-Dandré et Gisèle Besson, Paris, C. Bourgois (Coll. « Le monde en 10/18. Bibliothèque médiévale ; 2007), 1989, pp. 347-349
15 Ibid., p. 348
16 H. Rodney Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé ? », Les collections de l’Histoire, adapté de l’anglais avec l’autorisation de Past and Present, 36 (juillet-septembre 2007), p. 37
17 Ibid., p. 37
18 Contrepoint « Robin incarne la petite noblesse » de Jean-Philippe Genet, professeur à l’université Paris-I, inséré dans l’article de H. Rodney Hilton, Ibid., p. 36
19 James Clarke Holt, Magna carta and medieval government, Londres, Hambledon Press, 1985, p. 180
20 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 34
21 Sophie Cassagnes-Brouquet, Histoire de l’Angleterre médiévale, Gap, Ophrys (Coll. « Synthèse histoire »), 2000, p. 136
22 Ibid., p. 137
23 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 34
24 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 32
25 Informations suivantes tirées de l’étude de Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin (Coll. « Collection pour l’histoire »), 2003, pp. 100-108
26Martin Aurell, L’Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin (Coll. « Collection pour l’histoire »), 2003, p. 106
27 Ibid., p. 107
28 Maurice Keen, « Robin Hood a peasant hero », History Today, 41 (octobre 91), p. 21
29 Informations suivantes tirées de l’article de Paul Hamelius, « La littérature des proscrits en Angleterre », Revue belge de philologie et d’histoire, 1 (1922), pp. 59-67
30 Paul Hamelius, « La littérature des proscrits en Angleterre », Revue belge de philologie et d’histoire, 1 (1922), p. 59
31 Ibid., p. 61
32 Traduction tirée de Ogurisu Hitoshi, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle (Dictionnaire Godefroy), 16 septembre 2010,
http://www.micmap.org/dicfro/?d=gdf&w
=, consulté le mercredi 16 mars 2011.
33 Maurice Keen, « Robin Hood a peasant hero », History Today, 41 (octobre 91), p. 21
34 William E. Simeone, « TheHistoric Robin Hood », Américan Folklore Society, 262 (octobre-décembre 1953), p. 305, version numérisée consultée sur JSTOR
35 Ibid., p. 306
36 Allen W. Wright, « Search for a real Robin Hood », The Robin Hood project, 1997-2004, consulté le mercredi 16 mars 2011
37 Stephen Thomas Knight, Robin Hood : a mythic biography, Londres, Cornell University Press, 2003, p. 63
38 R. H. Hilton, « The Origins of Robin Hood », Past and Present, 14 (1958), p. 31, version numérisée consultée sur JSTOR
39 Informations suivantes tirées de l’étude de Stephen Thomas Knight, op. cit., pp. 193-195
40 Ibid., p. 194
41 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 18
42 Stephen Knight, « Remembering Robin Hood », European Journal of English studies, 10 (août 2006), p. 152
43 Id., Robin Hood : a mythic biography, Londres, Cornell University Press, 2003, pp. 4-5
44 La conclusion aborde plus en détail ce rapprochement.
45 James Clarke Holt, Robin Hood, Londres, Thames and Hudson, 1982, 208 p.
46 Debbie Wilcox, « Robin Hood – The prince of thieves ? », The contemporary review, 265 (octobre 94), p. 212
47 R. H. Hilton, « The Origins of Robin Hood », Past and Present, 14 (1958), p. 33, version numérisée consultée sur JSTOR
48 Lois Potter, Images of Robin Hood : medieval to modern, édité par Lois Potter et Joshua Calhoun, Newark, University of Delaware, 2008, pp. 21-22
49 Source non vérifiée tirée de l’étude de François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois : personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier... : de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse, Privat (Coll. « Entre légendes et histoire »), 2001, p. 36
50 Maurice Keen, « Robin Hood a peasant hero », History Today, 41 (octobre 91), p. 22
51 Allen W. Wright, « Search for a real Robin Hood », The Robin Hood project, 1997-2004, consulté le mercredi 16 mars 2011
52 Dans le cadre de ce chapitre, il aurait été aussi très intéressant de nous intéresser au statut social de Robin (« yeoman ») tel qu’il est décrit dans les ballades mais, par manque de place, nous renvoyons ici aux travaux de Tanita Leclercq et Pauline Didens.
53 Informations suivantes tirées de l’article de R. H. Hilton, « The Origins of Robin Hood », Past and Present, 14 (1958), p. 36, version numérisée consultée sur JSTOR
54 Eric John Hobsbawn, Les bandits, traduit de l’anglais par J.P. Rospars et N. Guilhot, nouvelle édition revue et augmentée par l’auteur, Paris, Zones, 2008, p. 35
55 Informations suivantes tirées de l’étude d’Eric John Hobsbawn, Les bandits, traduit de l’anglais par J.P. Rospars et N. Guilhot, nouvelle édition revue et augmentée par l’auteur, Paris, Zones, 2008, p. 35-51
56 Ibid., p. 50
Eric John Hobsbawn, Les primitifs de la révolte dans l’Europe moderne, traduit de l’anglais par Reginald Laars ; présentation de Jacques Le Goff, Paris, Fayard (Coll. « L’Histoire sans frontières »), 1966, pp. 27-40
57 Ibid., p. 27
58 Ibid., p. 29
59 H. Rodney Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé ? », adapté de l’anglais avec l’autorisation de Past and Present, Les collections de l’Histoire, 36 (juillet-septembre 2007), p. 37
60 Maurice Keen, « Robin Hood a peasant hero », History Today, 41 (octobre 91), p. 24
61 Hypothèse rencontrée à aucun moment dans les sources utilisées.
62 Informations suivantes tirées de James George Mackay Aeneas, « Wallace, William (1272?–1305), Dictionary of National Biography, version numérisée consultée sur wikisource, (volume 59), pp. 106-115
63 Selon le travail de Giuseppe Senese.

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Annexes

Tableau généalogique de la famille des Plantagenêt depuis Guillaume le Conquérant jusque Jean sans Terre

Seuls les personnages abordés dans ce travail, héritiers royaux et personnages importants de la dynastie, sont repris dans ce diagramme. Les années entre parenthèses montrent la durée du règne des différents Guillaume le Conquérant (1066-1100)

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