Robin des Bois dans l'histoire

Xavier Bouchez

 

Table des matières

Introduction
1. Première partie. Le contexte historique : l’Angleterre aux XIIIe et XIVe siècles
1. 1. L’Angleterre au XIIIe siècle
1. 2. Jean sans Terre (1199-1215)
1.2.1. Un roi impopulaire
1.2.2. Le conflit anglo-français : la perte des territoires anglais en France
1.2.3. La querelle avec le Saint-Siège et l’excommunication du roi
1.2.4. Des impôts énormes
1.2.5. La révolte des barons et la Grande Charte
1.3. Henri III (1216-1272)
1.3.1. Un roi maladroit
1.3.2. La guerre civile, les Provisions d’Oxford (1258)
1.4. Édouard Ier (1272-1307)
1.4.1. Le renforcement de l’autorité du roi
1.4.2. L’expansion du royaume : l’Écosse et le pays de Galles
1.5. Édouard II (1307-1327)
1.6. Édouard III (1327-1377) et la Guerre de Cent ans
1.6.1. La stabilité politique, la paix avec la noblesse
1.6.2. Les débuts de la Guerre de Cent Ans (1338-1360)
1.7. Richard II et la révolte de 1381
2. Deuxième partie : sources et hypothèses pour un Robin des Bois aux XIIIe et XIVe siècles
2.1. Robin Hood : nom et statut social
2.1.1. Le nom
2.1.2. Un yeoman ?
2.1.3. Robin des Bois : origine noble ou paysanne ?
2.2. Différentes hypothèses biographiques
2.2.1. Fulk Fitz Warine
2.2.2. Eustache le Moine
2.2.3. Le «Robert Hod», d'origine inconnue
2.2.4. Le mystère Gilbert Robynhood
2.2.5. L'affaire de «Robert Hood» de Wakefield
2.2.6. William Robehod, son of Robert le Fevere
2.2.7. Robin Hood, soldat de Simon de Montfort
Conclusion

Étude

 Introduction

La figure de Robin des Bois, telle qu’on la connait, fait amplement partie du patrimoine folklorique de la Grande-Bretagne. Le célèbre hors-la-loi incarne non seulement une figure nationale dans la culture anglo-saxonne mais aussi un personnage incontournable dans l’imaginaire occidental. Son image de justicier rebelle, volant les riches pour donner aux pauvres, en a fait un héros populaire par excellence.

Cependant, à côté de la dimension légendaire et folklorique, la portée historique a été particulièrement explorée au fil des siècles. L’hypothèse d’un Robin des Bois « historique » serait la théorie la plus ancienne et la plus populaire à propos du mythe1. Robin des Bois peut être considéré comme un personnage légendaire mais, selon François Amy de la Bretèque, son caractère légendaire indique vraisemblablement une origine historique au mythe et peut donc faire de Robin un personnage réel, historique, même si ce n'est pas prouvé2.

Le nom de Robin Hood revient à plusieurs reprises à travers des sources écrites provenant majoritairement des XIIIe et XIVe siècles. En effet, les sources littéraires mentionnant Robin des Bois proviennent de ces deux siècles3. Ainsi, dans son article, The origins of Robin Hood, Rodney Hilton propose, tout d’abord, d’étudier plus en détail le contexte historique de l’Angleterre au cours de ces deux siècles4. Certains historiens, James Holt et Rodney Hilton, soutiennent l'hypothèse qui situerait l'origine historique de la légende durant les XIIIe et XIVe siècles. En effet, d'après eux, les circonstances sociales de ces deux siècles correspondraient à la société dans laquelle évolue le Robin Hood de la tradition littéraire5. Cela dit, le personnage de Robin des Bois, surtout à partir du XIXe siècle, est devenu l'une des figures représentatives de l'identité anglaise6. Or, ce concept d'« identité anglaise » n'apparait qu'au XIIIe siècle et se renforce au XIVe siècle, favorisé par toute une série d'actes, d'évènements historiques7. Dans le cadre de ce travail, nous allons donc, dans un premier temps, étudier le contexte historique de l'Angleterre au cours de ces deux siècles et puis, dans un second temps, rendre compte des sources historiques et des hypothèses émises par des spécialistes.

1. Première partie. Le contexte historique : l’Angleterre aux XIIIe et XIVe siècles

1. 1. L’Angleterre au XIIIe siècle

Le XIIIe siècle constitua pour l’Angleterre une période de grands bouleversements politiques, économiques et sociaux (guerres, révoltes, crises, etc.) qui ébranlèrent notamment la conception du pouvoir monarchique. C’est d’ailleurs peut-être dans ce contexte que l’origine de la légende devrait être décelée. Selon Rodney Hilton, l'origine des ballades de Robin Hood est à chercher, non seulement dans les guerres civiles, mais aussi dans les revendications économiques et sociales propres aux paysans, riches et pauvres, qu'ils soient libres, serfs ou aspirant à la liberté8.

1. 2. Jean sans Terre (1199-1215)

1.2.1. Un roi impopulaire

Jean sans Terre est le frère cadet de Richard Cœur de Lion et donc le cadet des quatre fils d’Henri II Plantagenêt. Il succède à son frère en 1199, après la mort de ce dernier au siège de Châlus, en France. La tradition romanesque de Robin des Bois a représenté Jean sans Terre comme l'exemple du roi traitre, lâche, imposteur et corrompu, faisant de son personnage un modèle de tyran moderne9. Cependant, plusieurs historiens admettent aujourd’hui qu’il fut un roi qui « a surtout manqué de chance »10.

Richard Cœur de Lion était essentiellement un roi guerrier, brillant chef de guerre mais roi médiocre sur le plan de l’administration. Il s’intéressait à son royaume « uniquement pour qu’il lui fournisse de l’argent et des soldats », alors que Jean veillait au bon fonctionnement de la justice11. Cependant, ses actions alimentèrent fortement le ressentiment des nobles et du peuple et c'est de cette méfiance envers le souverain qu'allait naitre une nouvelle conception du gouvernement12.

1.2.2. Le conflit anglo-français : la perte des territoires anglais en France

Les hostilités recommencent à se manifester entre la France et l’Angleterre en raison du problème de la succession du trône d’Angleterre. Pour rappel, le royaume d'Angleterre s’étend aussi sur un important territoire en France (Normandie, Aquitaine, Poitou...). De ce fait, les deux royaumes étaient en conflit presque perpétuel, chacun revendiquant la suzeraineté de ces terres.

Jean commence par faire assassiner son neveu et rival, Arthur Ier de Bretagne en 1203. Cet acte criminel le marquera déjà d’une certaine impopularité, lui faisant perdre des alliés. De plus, Philippe Auguste, roi de France, reconquiert la Normandie définitivement en 1206. Cette perte constituera un échec énorme pour les Anglais car la Normandie est une terre riche et puissante. Les guerres ont surtout coûté à l’Angleterre énormément d’impôts. Les barons se méfient alors du roi qui les gouverne, d’autant plus que Philippe dresse les barons normands contre leur souverain déchu. Jean formera une nouvelle alliance avec l’empereur de Germanie, Othon IV, et le comte de Flandre, afin d’envahir la France. Mais cette coalition se brisera lors de la célèbre bataille de Bouvines (1214), « l’une des victoires les plus décisives d’Europe »13. Philippe s’assure le contrôle de la totalité de la côte, depuis la Normandie jusqu'à la Bretagne. Dès lors, cette humiliation accentuera l’animosité que le peuple anglais manifeste envers son souverain14.

1.2.3. La querelle avec le Saint-Siège et l’excommunication du roi

Un conflit éclate avec le pape Innocent III et va entrainer une crise religieuse. En effet, Jean sans Terre ayant refusé de reconnaitre Etienne Langston, un favori d'Innocent III comme archevêque, le pape frappe le royaume d’interdit, c’est-à-dire qu’il interdit que le culte chrétien y soit célébré et il excommunie le roi en 120915. En 1213, le pape lance le projet d’une « croisade contre l’Angleterre »16. Philippe Auguste organise un débarquement. Finalement, Jean se soumettra à la volonté du pape. À partir de ce moment, Jean sans Terre bénéficiera à tout instant de la protection de l'Église catholique. Cependant les barons anglais accepteront mal cette soumission de leur monarque au pape car elle entraine une vassalité de la Couronne d’Angleterre envers le Saint-Siège17. On peut voir dans cette querelle avec l’Église romaine le début d'une hostilité du clergé anglais envers le Saint-Siège qui aura une certaine influence sur le développement de la Réforme en Angleterre18. Cette animosité envers les représentants de l'Église se retrouve dans les ballades de Robin des Bois des XIVe et XVe siècles dans lesquelles, à plusieurs reprises, les victimes du hors-la-loi sont des moines représentant « l'esprit grand propriétaire »19.

1.2.4. Des impôts énormes

Le règne de Jean sans Terre fut marqué par des impôts très lourds qui accablèrent les sujets et mécontentèrent fortement l'aristocratie soucieuse de préserver ses libertés individuelles. Toutefois, le roi, d'abord, n’a guère le choix car son frère Richard Cœur de Lion a pillé les caisses de l’État afin de financer ses campagnes militaires en Terre Sainte, puis en France20. De plus, Jean a besoin de beaucoup d’argent pour payer ses troupes. La perte de la Normandie s’est avérée désastreuse sur le plan financier, les Anglais tirant grand profit de leurs terres françaises21. Par conséquent, Jean impose de nouvelles formes de revenus, notamment la « loi de la forêt », une loi qui réservait de très vastes domaines uniquement à la chasse royale, sanctionnant très sévèrement ceux qui y braconnaient22. Selon Jean-Philippe Jeunet, en contrepoint de l'article de Rodney Hilton (Robin des Bois a-t-il existé ?), la situation sociale représentée dans les ballades et dans la Geste de Robin Hood renvoie à la dure période du début du XIIIe siècle, période de tension politique et sociale23.

1.2.5. La révolte des barons et la Grande Charte

Les excès d’autorité du roi et la charge des impôts vont pousser à la révolte. En 1214, pour financer son expédition contre la France, Jean lève un écuage sur ses vassaux, un lourd impôt que ces derniers doivent payer afin d'être libérés du service militaire24. Les barons rompent alors leur allégeance et provoquent une révolte contre leur roi afin de récupérer leurs privilèges perdus.

Cette guerre civile tourne à leur avantage. Le roi est contraint de négocier avec eux et de signer un document mémorable dans l’Histoire de l’Angleterre, la « Grande Charte du royaume d'Angleterre » (1215)25. Ce document consiste en un accord entre le roi et l’aristocratie, par lequel le roi s’engage à respecter les privilèges féodaux ainsi que la liberté des villes contre l’arbitraire royal. Il ne doit pas abuser de son propre pouvoir monarchique et ne doit pas détourner les lois à son avantage. Sur le plan judiciaire, cette charte l’oblige à ne pas faire condamner les sujets injustement et à faire respecter loyalement les lois et les décisions des tribunaux. Ainsi, le pouvoir monarchique se trouve encadré par des règles. Cette Grande Charte a souvent été considérée comme un prélude aux régimes démocratiques occidentaux26. Au départ, il s’agit plus exactement d'un accord entre le roi et les nobles. Cet accord renforce les droits de ces derniers27. Du reste, cet acte est considéré comme le signe du commencement de la fin de la monarchie absolue en Angleterre28.
Cependant, acceptant mal le compromis, Jean sans Terre désavoue la Charte en 1216 et la guerre reprend. Cette fois, les barons font appel au futur Louis VIII de France afin d'envahir l’Angleterre et lui promettent la couronne en échange. La mort de Jean sans Terre en 1216 ramène une paix relative et temporaire, sous le règne de son fils, Henri III.

1.3. Henri III (1216-1272)

1.3.1. Un roi maladroit

Lorsqu'Henri III monte sur le trône, c’est encore un enfant. La reconnaissance de son héritage par les nobles prouve « la puissance de la monarchie héréditaire »29. Vu son jeune âge, un gouvernement de régence, constitué de barons et d’hommes d’Église, est mis en place, réaffirmant la Grande Charte. L’homme fort de la situation est Guillaume le Maréchal qui sera régent jusqu’en 1219. Grâce à lui, l’Angleterre connaitra plus ou moins la paix30.

Sous le règne d’Henri III, l’Angleterre sera encore marquée par de grandes réformes qui entraineront la constitution d’une nouvelle forme de gouvernement. En effet, malgré la durée de son règne, Henri III fut assurément un roi maladroit sur le plan politique, « refusant la concertation »31. Ce fut contre ses méthodes de gouvernement que le mouvement réformateur se mit en place32. La guerre avec la France reprend véritablement en 1240. Mais Henri subit plusieurs défaites successives et, en 1259, Louis IX lui impose de signer le Traité de Paris qui oblige l’Angleterre à renoncer ainsi aux possessions françaises confisquées à Jean sans Terre33. Le mécontentement des barons anglais s’accroit lorsqu’ils sont écartés des hautes charges de l’État, au profit des nouveaux favoris français du roi, de plus en plus nombreux dans l’entourage royal. Il se développe alors une certaine haine des étrangers ainsi que l'émergence progressive d'un sentiment national. Cette période est considérée comme « un moment décisif de l'anglicisation du processus politique, au détriment des intérêts patrimoniaux de la dynastie régnante »34.

1.3.2. La guerre civile, les Provisions d’Oxford (1258)

Dans les années 1250, l’Angleterre traverse une grave crise économique et connait un certain malaise social35. Le Trésor est presque vide, les récoltes sont très mauvaises et une période de misère et de famine s’abat sur le pays. Le peuple est affamé, la révolte gronde. La crise s’aggrave lorsque le roi lève un lourd impôt afin de financer sa campagne en Sicile36. Les barons, sous la conduite de Simon de Montfort, comte de Leicester et beau-frère du roi, exigent la constitution d’un Grand Conseil afin d’envisager un système de réformes, duquel va émerger le « premier grand mouvement réformateur qu'ait connu l'Angleterre »37. En 1258, apparaissent les « Provisions d’Oxford », où les nobles proclament la constitution d’un conseil formé de quinze seigneurs38. Leurs charges seront de conseiller le roi, de veiller à la bonne administration et de nommer les officiers du royaume, dans le but de contrer l’arbitraire royal39. Le monarque, dès lors, ne peut prendre de décision sans solliciter l'avis de ses conseillers. Avec ces « Provisions », on aboutit à l’exercice d’un certain contrôle de la noblesse sur le gouvernement, à une première forme du Parlement. La royauté est mise sous tutelle, ce qui suscite de grands espoirs pour la population40. Le Conseil se réunit trois fois par an afin de discuter des affaires de l’État. Cette réforme contribue aussi à élargir la communauté politique et les sujets participent plus activement à la vie politique du royaume41.

Toutefois, Henri III révoque les « Provisions » en 1264. Ainsi, une nouvelle guerre civile débute et les nobles parviennent à capturer le roi. Le chef de l’opposition, Simon de Montfort, prend lui-même en mains les affaires du royaume mais pas pour longtemps : il est vaincu et tué à la bataille d’Evesham en 1265 et les royalistes rétablissent Henri III sur le trône. Simon de Montfort est considéré comme le fondateur du Parlement en ceci qu'il a fait siéger au Conseil nobles, chevaliers et bourgeois42. Sa mort semble avoir été mal ressentie par le peuple et pourrait avoir contribué à la naissance de la légende de Robin des Bois43. Henri III n’osera pas toucher aux réformes mises en place par ses opposants et, ainsi, un nouveau mode de gouvernement se régularise. Henri III meurt en 1272.

1.4. Édouard Ier (1272-1307)

1.4.1. Le renforcement de l’autorité du roi

Sous le règne d’Édouard Ier, le royaume va connaitre une certaine stabilité, durable même. En effet, l’un des premiers soucis du nouveau monarque est de rétablir la paix. Il se révélera un roi beaucoup plus fort. Tout en réaffirmant l’autorité royale, il s’engage à respecter les droits féodaux des barons et le pouvoir du Parlement. Il se montre également soucieux de protéger l’Église, le commerce et l'artisanat.
Installant un régime autoritaire, il montrera toutefois des idées réformatrices en matière de politique, améliorant l’administration, préservant l’ordre et la justice.

Cela dit, le système féodal a provoqué un certain désordre dans l’organisation du royaume. C'est une société de « servitudes »44: beaucoup de seigneurs sont les vassaux d’autres seigneurs et ont eux-mêmes des vassaux. Les terres sont souvent mal réparties et le pouvoir royal a du mal à être défini. Édouard veut le centraliser afin de renforcer son autorité dans les sphères du royaume. Tout en respectant les droits légitimes de ses sujets, le roi démontre qu’il possède l’autorité suprême.
Sur le plan militaire, Édouard engage massivement des troupes mercenaires car l'ancienne armée féodale, où les chevaliers servaient sans solde, est devenue insuffisante45. Or, ces troupes coûtent cher à l'État car les périodes de guerre sont fréquentes. C'est pour cette raison que le Parlement s'élargit et ouvre ses portes à des membres non nobles venus de « communautés ». Ceux-ci pourront statuer sur les demandes d'argent du roi ainsi que présenter les revendications de leurs concitoyens46.

1.4.2. L’expansion du royaume : l’Écosse et le pays de Galles

À la fin du XIIIe siècle, l’Angleterre mène une politique conquérante par rapport aux régions voisines de l'ile. Les Anglais reprennent un vieux rêve, celui d’unifier toute l’ile en un seul État sous une même couronne. Ce conflit avec les autres régions de l’ile peut être expliqué par la perte des terres sur le continent, ce qui aurait poussé les Anglais à vouloir conduire leur politique d’expansion à l'intérieur de l'ile47.
Édouard est un roi guerrier. Son règne est jalonné de campagnes militaires, surtout en Écosse et au pays de Galles, régions dont il revendique la suzeraineté.

1)Le pays de Galles48: s’ils n’étaient pas directement rattachés à la Couronne d’Angleterre, les Gallois étaient déjà des vassaux car ils versaient régulièrement un impôt au roi. Lorsqu’en 1275, les Gallois refusent de payer cet impôt, les Anglais envahissent la région et rattachent le pays de Galles à la Couronne, par la force. Puis, en écrasant la révolte générale de 1294, Édouard soumet définitivement les Gallois et se proclame leur suzerain.

2) L’Écosse49: à la différence des Gallois, les Écossais étaient un peuple indépendant et avaient leurs propres monarques. Toutefois, la coutume était que le roi d’Écosse rendît hommage à l’Angleterre. Lorsqu’en 1286, le roi Alexandre III meurt, suivi bientôt de son héritière, les nobles d’Écosse se querellent pour l’obtention de la couronne et demandent l’arbitrage d’Édouard, qui accepte, mais à condition qu’ils lui rendent hommage et qu’ils le considèrent pleinement comme leur suzerain. Ainsi, les Anglais occupèrent l’Écosse, devenue terre vassale. Mais les Écossais se soulevèrent sous la conduite du célèbre William Wallace en 1295 et décimèrent une armée anglaise à Stirling. Édouard réagit en levant une armée et en réprimant la révolte. Wallace est exécuté en 1305. Cependant, la résistance écossaise ne s’arrête pas et Édouard meurt en 1307, sans avoir réussi à soumettre l’Écosse. En 1314, son fils Édouard II est vaincu à Bannockburn et Robert Bruce devient roi d’Écosse.

1.5. Édouard II (1307-1327)

À sa mort survenue en 1307, Édouard Ier laisse à son fils « un héritage législatif important mais des coffres vides et une situation politique et militaire incertaine »50. En effet, il doit faire face à de sérieux problèmes financiers et sociaux. Édouard II semble avoir été un roi faible, influençable et, en même temps, un roi implacable. Pour gouverner le royaume, il s'appuya sur ses favoris auxquels il confia les hautes charges de l'État. Ce fut surtout le cas des Despenser, les grands favoris d 'Édouard II qui dominèrent véritablement la cour. La montée croissante de ces protégés eut des conséquences néfastes dans le bon fonctionnement du gouvernement. En 1311, les barons établirent alors les « Ordonnances », un document visant à mieux contrôler le pouvoir royal et le gouvernement par des réformes ainsi qu'un conseil de vingt et un nobles et membres du clergé, les « Ordonnants », chargés de veiller au respect de ces réformes51. Mais le roi s'oppose à ces « Ordonnances » et le royaume replonge dans un état de guerre civile jusqu'en 1322, date à laquelle les rebelles sont vaincus à la bataille de Boroughbridge52. Cette défaite sera suivie d'une période de terreur dans le pays, beaucoup de barons sont exécutés et leurs terres confisquées au profit de la Couronne53.
Cependant, la reine Isabelle décide de faire déposer son époux Édouard et lève une armée avec son amant Roger Mortimer, un baron déchu. Les insurgés marchent sur Londres et détrônent Édouard. En 1327, ce dernier se résout à abdiquer en faveur de son fils, le futur Édouard III. Plus tard, il mourra en prison54 dans des circonstances mystérieuses.

1.6. Édouard III (1327-1377) et la Guerre de Cent ans

Le roi Édouard III est traditionnellement considéré en Angleterre comme un grand stratège, ayant les qualités d'un roi guerrier, chevaleresque, chrétien, patron des arts et de la chevalerie55. Il donne l'image du roi chevalier, respecté par la noblesse et aimé du peuple. Ainsi, il pourrait correspondre à la figure du roi décrite dans la Geste de Robin Hood, une compilation de poèmes composés au XIVe siècle. Il y est fait mention du roi Édouard, même si l'époque d'Édouard III ne correspond pas à l'espace temporel dans lequel les historiens situent habituellement le hors-la-loi56. Il est vrai que le royaume tend à retrouver tout son prestige, notamment sur le plan militaire. Ce règne est également caractérisé par des mutations sur les plans politique et social.

Le règne d'Édouard III est donc une période relativement positive pour l'Angleterre, même si cette période est marquée par la Guerre de Cent Ans et par l'arrivée de la peste noire.

1.6.1. La stabilité politique, la paix avec la noblesse

Tout en réaffirmant l'autorité royale, Édouard III se montre soucieux de rétablir une certaine paix entre la Couronne et les barons57, après les guerres civiles du XIIIe siècle. Afin d'éviter une nouvelle révolte, le roi souhaite s'allier avec la noblesse et impliquer profondément les nobles dans la vie politique du pays car il sait que cette alliance est nécessaire pour l'équilibre du royaume. Pour se rendre populaire, il a aussi besoin de victoires qui accroitraient son prestige. Les nobles seront ainsi plus nombreux dans l'administration et dans la juridiction. Édouard III se préoccupait de rétablir l'ordre et le calme dans un pays troublé et de lutter contre la criminalité58. La classe bourgeoise voit son influence grandir. Au Parlement, elle est représentée par la Chambre des Communes qui devient égale à la Chambre des Lords qui représente la noblesse59. Le règne d'Édouard III connut donc, malgré une dégradation à la fin, une certaine paix intérieure.

1.6.2. Les débuts de la Guerre de Cent Ans (1338-1360)

Nous ne développerons pas ici toutes les étapes de cette guerre mais nous parlerons plutôt des circonstances qui y ont mené et de quelques grandes conséquences qu’elle a eues pour l’Angleterre.

Ce conflit constitue un certain aboutissement du vieux clivage anglo-français qui existe depuis le XIIe siècle. Pour rappel, au XIIIe siècle, les Anglais avaient perdu progressivement leurs territoires continentaux et le Traité de Paris de 1259 reconnaissait la vassalité du roi d'Angleterre envers le roi de France60. Or, les deux royaumes seront souvent en conflit, les Anglais ayant du mal à reconnaitre cette suzeraineté. De ces humiliations sont nés un sentiment de haine envers les Français et un élan patriotique qui prendra toute son importance dans la Guerre de Cent ans61. De plus, les Plantagenêts n'ont jamais renoncé à leurs droits sur leurs territoires continentaux.

À l'époque d'Édouard III, seule l'Aquitaine est encore anglaise. Il se pose alors un problème de succession pour la couronne de France après la mort du roi sans héritier, Charles IV. En effet, Édouard, en tant que petit-fils du roi Philippe IV le Bel, fait valoir ses droits. Or, son concurrent est Philippe VI de Valois, le neveu de Philippe IV. La Guerre de Cent Ans est donc au départ une querelle dynastique62. Entretemps, Édouard III était occupé à combattre les révoltes en Écosse. Malgré la relative stabilité des relations franco-anglaises, le conflit éclate véritablement en 1337 lorsque Philippe VI confisque la Guyenne aux Anglais. Le roi d'Angleterre décide alors de rompre son serment d’allégeance et se proclame roi de France à Gand en 1340. Il réunit le Parlement pour préparer la guerre et cherche à s'assurer des alliés contre la France.

La première partie de la guerre, allant de 1338 à 1360, marque surtout le triomphe des Anglais qui remportent toute une série de victoires, démontrant ainsi leur supériorité militaire par rapport à la France. Un exemple marquant est la bataille de Crécy, en 1346, où les archers anglais déciment la chevalerie française. Ces victoires ont pour effet d'accroitre le prestige du roi auprès de ses nobles et de son peuple. Mais la guerre sera interrompue en 1348 par l'irruption de la peste noire qui anéantira une partie de la population du pays. Malgré cela, les Anglais prennent encore l'avantage par la victoire de Poitiers en 1348 et la capture du roi Jean II le Bon. Finalement, ce premier volet se termine en 1360 avec le Traité de Brétigny où Édouard III, en échange de l'Aquitaine, renonce au trône de France. Le conflit reprendra réellement en 1365 et se poursuivra jusqu'en 1453, marquant la victoire de la France.

À côté des aspects politiques et économiques, la guerre comporte un aspect patriotique. En effet, les Anglais veulent fonder un véritable État continental, lié à l'Angleterre63. Alors qu'elle n'était pas nécessairement présente au début de la guerre, cette prise de conscience nationale deviendra primordiale, mais aussi en France, durant toute la guerre, jusqu'en 1453. Toutes les classes sociales ont participé à cette guerre, ce qui a engendré un esprit de solidarité et a contribué à l'épanouissement de la nation anglaise, en plus du sentiment de haine envers l'ennemi64. Mais une nouvelle conception de la guerre se développe également, non seulement dans les armes et les techniques militaires mais aussi dans les mentalités. On considère ainsi que dans cette guerre, l'esprit courtois et les codes d'honneur de la chevalerie ont tendance à décliner pour finir par disparaitre65.

1.7. Richard II et la révolte de 1381

Édouard III meurt en 1377 et il laisse un royaume économiquement affaibli par la guerre. Surtout, la peste noire a ravagé la population rurale. Les conséquences de ces évènements sont désastreuses pour le peuple. Venu de la population rurale, un fort ressentiment se manifeste envers le gouvernement et l'Église. C'est son petit-fils, Richard II (1377-1399) qui lui succède. Son règne est marqué par un évènement social majeur, la Révolte des paysans en 1381. L'évènement déclencheur de cette révolte est la levée d'un nouvel impôt destiné à combler les dépenses dues à la guerre. Cette taxe s'applique à tout sujet du royaume, quel que soit son rang. Une insurrection massive de paysans éclate alors et marche sur Londres en causant énormément de dégâts sur son passage, s'en prenant essentiellement aux officiers royaux, aux shérifs et aux ecclésiastiques, principales victimes de cette révolte. Les insurgés revendiquent auprès du roi la rétribution de leurs travaux et la suppression du vilainage66. Richard II arrivera à calmer la rébellion en écoutant les revendications des insurgés. Cette insurrection peut être considérée comme l'aboutissement de l'accumulation des crises politiques, économiques et sociales qui ont jalonné l'Angleterre au XIVe siècle67. Parmi les insurgés, on compte un grand nombre de paysans riches, ainsi que des membres de la petite noblesse, la gentry, qui s'opposaient à l'arbitraire royal et à l'Église (voir pp. 16-17). Le contexte de la rébellion de 1381 a été plusieurs fois considéré comme la toile de fond possible de la popularisation de la légende de Robin des Bois, notamment par Rodney Hilton, qui est persuadé, comme nous le verrons plus loin, d'une origine populaire du célèbre hors-la-loi68.

2. Deuxième partie : sources et hypothèses pour un Robin des Bois aux XIIIe et XIVe siècles

2.1. Robin Hood : nom et statut social

2.1.1. Le nom

Tous les historiens admettent que la première mention véritable de Robin Hood comme personnage légendaire date d'à peu près 1377, dans un poème de William Langland intitulé Piers Plowman, attestant déjà d’une certaine popularité du personnage à l’époque69. Dans ce poème, Langland fait référence au sermon d'un pasteur, South, qui reproche à des fidèles de ne pas être venus à l'église le dimanche. En fait, les paysans ne sont pas venus car c'était le jour de « la fête de Robin Hood »70. On voit donc que le public, pourtant moins cultivé, connait le nom de Robin Hood. Ainsi, on peut induire que la figure était déjà connue et commençait à être populaire au XIVe siècle, au moment où, comme le dit Rodney Hilton, la forme littéraire de la ballade commence à se développer71. Certains spécialistes ont établi que le fondement de la légende devait être bien antérieur à la fin du XIVe siècle. Selon James Holt, le nom « Robin Hood » est déjà connu à la fin du XIIIe siècle. En effet, un grand nombre de témoignages mentionnent un « Robin Hood », datant majoritairement des XIIIe et XIVe siècles. Ainsi, on ne peut vraiment affirmer à coup sûr que l'un de ces hors-la-loi ait véritablement un lien avec le personnage légendaire.

Par ailleurs, on constate que le nom change souvent sur le plan de l'orthographe : Robert Hood, Hobehood, Robynhod, etc. Selon Valentine Harris, ce phénomène est courant, le nom original étant souvent transformé dans les ballades72. Selon James Holt73, le nom « Robin Hood » est une combinaison assez rare : Robin est un prénom traditionnel de la littérature française mais, pour ce qui est de « Hood », le terme fait référence au « capuchon » d'un moine, renvoyant à l'idée de déguisement, ce dont use souvent le héros afin de tromper ses victimes74. La traduction française du nom du héros prend donc ses distances avec le sens original. Selon François Amy de la Bretèque, cette traduction de « Robin des Bois » prouve l'intérêt des Français pour la dimension pastorale de l'œuvre, au détriment de la dimension sociale75.

La théorie généralement acceptée est que « Robin Hood » était devenu un patronyme, attribué à la plupart des hors-la-loi qui sévissaient à l'époque76. Cela voudrait dire que la légende de Robin des Bois aurait été à cette époque déjà très populaire, à tel point que le nom aurait commencé à qualifier tout individu se comportant en hors-la-loi. Beaucoup de fugitifs auraient pu adopter le surnom de Robin Hood mais aussi celui de Little John, ou de frère Tuck, par hommage. Valentine Harris dit que cette hypothèse rejoint une tendance du Far West, qui consistait à reprendre les noms des célèbres gangsters, par exemple celui de Jesse James77.

2.1.2. Un yeoman ?

Dans les ballades, le statut social du hors-la-loi n'est pas bien précisé. Robin des Bois est décrit comme un « yeoman ». Que signifie au fait un « yeoman »? Les historiens sont partagés sur la question. Le sens a évolué au fil des siècles. Aux XVIe et XVIIe siècles, le mot désigne un riche propriétaire terrien, qui emploie sa propre main d'œuvre mais qui a un rang inférieur au noble78. Au Moyen Âge, la définition est beaucoup plus floue. On désigne par « yeoman » un forestier, un valet, un paysan libre79. Toutefois, tous s'accordent sur le fait qu'il devait désigner avant tout un homme libre.

James Holt a établi une grande différence entre paysan et « yeoman » au XIVe siècle80. Selon lui, le « yeoman » avait un statut social inférieur à celui de la petite noblesse, la gentry, mais il pouvait avoir des origines nobles, maintenu en contact avec le monde de la noblesse. James Holt explique qu'un « yeoman » pouvait correspondre par exemple au valet d'un châtelain81.

2.1.3. Robin des Bois : origine noble ou paysanne ?

Rodney Hilton explique la popularité de la légende par le contexte social des XIIIe et XIVe siècles, principalement le contexte de la révolte des paysans en 1381 mais James Holt, lui, propose une hypothèse différente : Robin des Bois serait un héros d'origine noble82.

Holt valide sa théorie en mettant en évidence les questions de fidélité et de rang abordées dans les ballades et qui concernaient principalement la classe des chevaliers. Il fait ainsi remarquer que Robin se montre très respectueux envers le roi et envers ceux qui lui sont supérieurs d'un point de vue social83. Mais Maurice Keen, dans son article Robin Hood : Peasant or Gentleman?, déclare que ce respect n'est pas typique des ballades de Robin Hood mais est simplement représentatif de la société hiérarchisée de l'époque84. D’ailleurs, ce respect envers le roi est une grande caractéristique que l'on retrouve dans l'esprit du peuple, au XIIIe comme au XIVe siècle, d'après Rodney Hilton. Dans son article Robin des Bois a-t-il existé?, il explique que les représentants de l'autorité locale, à savoir les shérifs, les officiers royaux et les membres du clergé étaient considérés comme les véritables ennemis de la population, mais que, en revanche, le roi était considéré comme un ami du peuple85. Il ne faut donc pas s'étonner que le souverain soit traité avec un certain respect dans La Geste et dans les ballades. Holt argumente encore en faveur de cette hypothèse, en expliquant que le public des ballades était constitué par les membres de la petite noblesse, la gentry, qui se sont révoltés aux côtés des paysans lors du soulèvement de 1381, pour lutter contre les officiers royaux et la corruption du gouvernement86. Ils avaient eux aussi des revendications et étaient fermement opposés à l'arbitraire royal. Cependant, Hilton affirme que le niveau culturel des paysans était assez élevé au XIVe siècle et que ces derniers pouvaient constituer un public pour les ballades87.

2.2. Différentes hypothèses biographiques 88

Il semble difficile de déterminer si Robin des Bois est à la base un personnage réel ou fictionnel. Toutefois, plusieurs personnages historiques ayant vécu du XIIIe au XIVe siècle pourraient correspondre en plusieurs points au Robin Hood des ballades et de La Geste, que ce soit par leur nom ou par des épisodes de leur vie. Nous allons en présenter certains qui ont retenu l'attention des historiens et qui affichent des caractéristiques les rattachant à la figure emblématique de Robin des Bois.

2.2.1. Fulk Fitz Warine

Fulk Fitz Warine fut un baron rebelle qui vécut aux XIIe et XIIIe siècles. En 1890, le colonel Prideaux a pour la première fois rattaché ce personnage à Robin Hood89. On sait qu'il naquit dans les années 1170 et qu'en 1197 il hérita de son père la terre de Whittington90. C'est en 1200 qu'il fut dépossédé de son fief, déclaré hors-la-loi et qu'il dut s'enfuir dans la forêt, passant trois ans à mener une guérilla contre le monarque91. Gracié en 1203, il récupéra ses terres. Mais en 1215, il fut à nouveau opposé au roi durant la révolte des barons qui aboutit à la signature de la Grande Charte. On sait finalement qu'il mourut vers 1255 en pleine possession de ses terres.

Il y a plusieurs aspects qui peuvent rattacher cette figure de baron révolté à Robin Hood : par exemple, le fait qu'il ait vécu dans la forêt durant ses années de disgrâce mais aussi le fait qu'il ait obtenu le pardon du roi comme dans La Geste92. En outre, on sait que Fulk avait un lieutenant qui se nommait John de Rampaigne et qui pourrait avoir inspiré le personnage de Petit Jean93.

2.2.2. Eustache le Moine

Eustache le Moine est un célèbre hors-la-loi médiéval qui a sévi en Angleterre sous le règne de Jean sans Terre, dans la région de Boulogne, et qui est devenu sénéchal. En 1203, il s'est révolté, a été déclaré hors-la-loi et s'est enfui dans les bois. Il s'est forgé une réputation de soldat de fortune, aidant successivement le roi d'Angleterre et le roi de France94. Il s'est aussi illustré dans des actes de pillages et de piraterie. Finalement, en 1217, il fut vaincu par le jeune roi Henri III, arrêté et exécuté95.

On peut comparer l'histoire d'Eustache à celle de Robin sur la base de deux données : ce repris de justice a vécu en hors-la-loi dans la forêt; mais encore, tout comme Robin dans la légende, il se déguisait souvent, notamment en moine ou en « potter ». Bref, il fut un maître de la tromperie, comme Robin96. Eustache a volé également plusieurs moines dans sa vie. On peut retrouver ce trait dans un épisode de La Geste de Robin Hood dans lequel Robin vole de l'or à un abbé97.

2.2.3. Le «Robert Hod», d'origine inconnue

En 1225, un tribunal se tient à York pour discuter des affaires en cours98. Il y est entre autres question des amendes, des saisies à ordonner contre un fugitif du nom de « Robert Hode ». L’homme ne se serait pas présenté au tribunal, ce qui lui aurait valu d’être déclaré hors-la-loi99. Il aurait été un sujet de l'archevêché de Saint Peter's York. Nous n'avons pas de renseignements plus précis sur ce hors-la-loi et il n'est en rien prouvé qu'il ait un lien quelconque avec la légende. Cependant, les historiens ont retenu le fait qu'il a échappé à l’exercice de la justice. De plus, cet individu a retenu leur attention car, jusqu'à aujourd'hui, il est « le seul hors-la-loi connu de cette époque dont le nom de naissance a un lien avec Robin des Bois »100.

2.2.4. Le mystère Gilbert Robynhood

Le personnage n'a eu aucune activité de hors-la-loi, c'est son surnom qui a retenu l'attention des chercheurs. L’homme apparait dans le Sussex vers 1296. Il vivait sans doute sur les terres de la famille noble Lancaster. Son nom revient souvent dans un registre de 1296. James Holt met en avant un mariage, en 1292, entre Thomas de Lancaster et Alice de Lacy, originaire de la région du Yorkshire. D’après lui, cette région serait le lieu d'origine de la légende et ce mariage pourrait expliquer l'installation de la légende dans le Sussex. Gilbert Hood aurait pu être le fils d'un hors-la-loi, nommé Robert Hood, et aurait pu raconter les exploits de son père, et participer ainsi à la transmission du mythe101. Selon l'optique de Holt, on décèle la combinaison d'un nom chrétien et d'un surnom, association très rare qui prouve, selon lui, que la légende pouvait déjà être connue en 1296 dans le Sussex102.

2.2.5. L'affaire de «Robert Hood» de Wakefield

En 1852, Joseph Hunter essaie de retrouver la trace de Robin des Bois en utilisant les épisodes de La Geste de Robin des Bois et notammentla séquence où le roi Édouard se rend lui-même à Nottingham, afin de trouver Robin des Bois. En cherchant quel roi avait pu faire un tel voyage, aux XIIIe et XIVe siècles, Hunter a établi que seul Édouard II s'était rendu à Nottingham, en 1323, du 9 novembre au 23 novembre103. Dans un document de l'époque, on note la présence d'un individu nommé « Robyn Hode », comme valet ou porteur, travaillant dans le service du roi et mentionné plusieurs fois jusqu'en 1324, où il semble avoir été déchargé de ses fonctions. Ensuite, il disparait. Ainsi, le voyage d'Édouard II pourrait correspondre au voyage du roi dans La Geste.

Mais en quoi correspondrait-il à un hors-la-loi? Hunter a élaboré une hypothèse en faisant de lui un rebelle qui aurait servi dans l'armée du comte de Lancaster lors de la révolte des barons, vaincue à l’issue de la bataille de Boroughbridge en 1322104. Il justifie cette hypothèse en mettant en rapport un autre « Robert Hood », présent dans un document datant de 1316, et qui situe ce personnage dans le domaine de Wakefield, appartenant alors au comte de Lancaster105. Cet homme serait né à la fin du XIIIe siècle. Hunter a imaginé le scénario suivant106 : après la défaite dans la forêt de Barnsdale, Robert Hood se serait enfui avec son épouse, Mathilda, et ses compagnons d'armes. Il aurait alors vécu en hors-la-loi jusqu'à l'arrivée du roi qui lui aurait pardonné et l'aurait fait entrer à son service durant un an. Après quoi, il serait retourné à son ancienne vie dans la forêt.

Considérée comme plausible, l'hypothèse de Hunter a été assez largement acceptée. Cependant, sa théorie ne repose sur aucune preuve concrète. Rien ne prouve, en effet, que le Robin Hood de 1316 et celui de 1324 aient été la même personne107.

Toutefois, cette théorie a eu son importance. Il y a plusieurs éléments qui rattachent Robert Hood à la légende. Ainsi, outre les arguments que nous avons déjà avancés, il y a le statut social qui correspond108. Un « yeoman » pouvait être assimilé à l'époque à un valet, un paysan libre, un petit propriétaire, plus généralement à un homme libre109. Plus largement, le fait qu'il ait pu participer à une révolte met en avant l'aspect militant du personnage, la lutte contre la tyrannie du roi.

2.2.6. William Robehod, son of Robert le Fevere

Le personnage a été hors-la-loi dans les années 1262, dans le Berkshire. Sa trace apparait dans un document qui indique que le roi s'est déplacé en personne dans cette région pour pardonner à un fugitif dont les biens avaient été confisqués. Ce fugitif correspondrait en fait à William Robehod, qui avait été condamné dans cette contrée et déclaré hors-la-loi, coupable de larcins et d'hébergement de voleurs110. Ses biens ayant été saisis par le prieuré de Sandelford d'une façon injuste, le roi demanda que soit levée la charge111.

On voit que le roi pardonne à un fugitif qui aurait été injustement accusé. La dureté des lois locales et l’injustice sont ainsi dénoncées. Cette hypothèse renforce l'idée selon laquelle la légende trouverait ses racines au XIIIe siècle.

2.2.7. Robin Hood, soldat de Simon de Montfort 112

Au XVe siècle, le chroniqueur écossais Walker Bower mentionne l'existence d'un hors-la-loi, Robyn Hood, sous le règne d'Henri III, aux alentours de 1266113. Cette date renvoie au contexte de la guerre civile contre Henri III et de la mort du chef de la rébellion, Simon de Montfort, comte de Leicester, à Evesham, en 1265. En 1847, J.M. Gutch émet l'hypothèse que ce Robin Hood aurait pu être un des nombreux partisans de Simon de Montfort et qu’après la défaite, il pourrait s'être enfui en tant que hors-la-loi dans la forêt114. Pour rappel, Simon de Montfort, lors de sa révolte, avait favorisé l'émergence d'un nouveau type de gouvernement qui luttait contre l'arbitraire royal. Il était devenu une figure populaire. Il est possible alors que les Anglais aient voulu glorifier le personnage en faisant survivre son épopée par l'intermédiaire d'un hors-la-loi, en l'occurrence Robin Hood. Ce dernier aurait prolongé une forme de résistance dans la forêt contre le pouvoir tyrannique du roi115.

Conclusion

Nous avons donc étudié les évènements majeurs qui ont jalonné les deux siècles qui nous occupent, à travers les règnes des différents rois, pour ensuite nous tourner vers plusieurs scénarios envisagés par des spécialistes. Il est vrai qu'en suivant le raisonnement des historiens, ces deux siècles sont particulièrement riches en évènements et qu'ils pourraient avoir influencé la popularisation de la légende de Robin des Bois. James Holt, lui, semble être persuadé que la légende trouve ses origines au XIIIe siècle116. En effet, ce XIIIe siècle pose un contexte très dur, notamment à cause de l'oppression de la population soumise à de perpétuels impôts et aussi à cause de la tyrannie des autorités locales représentées, dans la tradition littéraire, par le shérif, situation présente dans les ballades. Selon Holt, le nom même de Robin Hood trouverait ses origines dans ce siècle troublé. Nous avons également vu que Hilton reliait lui aussi Robin des Bois au contexte social, mais à celui de 1381, pendant l'insurrection paysanne117. En effet, on pourrait imaginer que le peuple ait eu besoin d'un symbole de résistance, d'un héros défenseur des pauvres. Un vrai rebelle aurait pu exister et on aurait peut-être glorifié ses actes afin d'en faire un héros populaire. Cependant, nous avons aussi constaté que le concept de patriotisme s'était épanoui au XIVe siècle en Angleterre, particulièrement durant la Guerre de Cent ans. Sans doute la figure de Robin des Bois est-elle devenue un symbole national pour glorifier le pays? Toutefois, il faut savoir qu'au Moyen Âge, un concept d'identité britannique est sans doute improbable, étant donné les tensions qui règnent entre les différentes régions de l'ile.

Au final, on ne sait pas si Robin des Bois est un personnage historique. De même, nous ne pouvons pas déceler et localiser avec précision les origines de sa légende. En effet, les résultats avancés par les historiens divergent. De plus, ce ne sont que des hypothèses. Ainsi, le scénario proposé par Hunter à propos de Robert de Wakefield n'est basé sur aucune preuve tangible, il ne fait qu'émettre des suppositions118. D’ailleurs, tous n'explorent pas l'hypothèse historique de Robin des Bois. Malgré tout, ainsi que nous l'avions dit dans l’introduction, l'interprétation historique de la légende de Robin des Bois reste la plus explorée.

Notes

1 W. Simeone, « Le Robin des Bois historique », Le Journal du Folkore américain, p. 303.
2 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, p. 15.
3 R. H. Hilton, « The origins of Robin Hood », Past and Present, n° 14, pp. 30-32.
4 Ibid., p. 32.
5 Rodney Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, pp. 36-37.
6 Stéphanie Barczewski, Myth and national identity in Nineteenth-century Britain, p. 1.
7 Ibid.
8 R. H. Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », trad., Les Collections de l’Histoire, n° 36, p. 37.
9 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, p. 35.
10 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, de la conquête romaine à la république de Cromwell, p. 114.
11 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, de la conquête romaine à la république de Cromwell, p. 114.
12 Ibid., p. 117.
13 Ibid ., pp. 116-117.
14 Ibid., p. 117.
15J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, de la conquête romaine à la république de Cromwell, p. 116.
16 Ibid.
17 Jean Favier, Les Plantagenêts. Origines et destin d’un empire. XIe-XIVe siècles, p. 703.
18 Ibid.
19 Jean-Philippe Jeunet, « Robin des Bois incarne la petite noblesse », en contrepoint de l’article de R. Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, n° 36, p. 37.
20 Pour plus de détails concernant Richard Cœur de Lion, je renvoie au travail de Rémy Baudoin, « Robin des Bois, un véritable bandit historique? ».
21Jean Favier, Les Plantagenêts. Origines et destin d’un empire, XIe-XIVe siècles, p. 716.
22 J. Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, n° 36, p. 36.
23 Ibid., p. 36.
24 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire d’Angleterre, vol. 1, p. 117.
25 Ibid., p. 118.
26 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, p. 34.
27 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, vol. 1, p. 119.
28 Jean Favier, Les Plantagenêts. Origines et destin d’un empire, XIe-XIVe siècles, pp. 715-730.
29 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, vol. 1, p. 120.
30 Ibid.
31Stephanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, p. 200.
32 Ibid.
33 Ibid., p. 202.
34 Stephanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, p. 201.
35 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, vol. 1, p. 127.
36 Ibid.
37 Stéphanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, p. 202.
38 Ibid., pp. 201-202.
39 Ibid.
40 Ibid., p. 201.
41 Ibid., p. 202.
42 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, vol. 1, p. 128.
43 Voir plus bas, note 119.
44 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, vol. 1, p. 131.
45 Ibid., p. 132.
46 Ibid., pp. 132-133.
47Stéphanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 204.
48 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, Verviers, Gérard, 1968, vol. 1, pp. 134-137.
49 Ibid., pp. 139-146.
50 Stéphanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 243.
51 Ibid., p. 244.
52 Ibid.
53 Ibid., p. 245.
54 Ibid.
55 Ibid.
56 Robert Morsberger, « In quest of Robin Hood », The Bulletin of the Rocky Mountain Language Association, vol. 25, n° 3, p. 83.
57 Stéphanie Lebecq, Histoire des îles britanniques, Paris, Presses Universitaires de France, 2007, p. 248.
58 Ibid.
59 Ibid.
60 Pour plus de détails concernant ce sujet, je renvoie au travail de Rémy Baudoin » Robin des Bois, un véritable bandit historique? »
61 Roland Marx, Histoire de la Grande-Bretagne, Paris, Armand Colin/Masson, 1996, p. 50.
62 Ibid., p.59.
63 Ibid.
64 Ibid., pp. 59-61.
65 J. Thorn, R. Lockyer, D. Smith, Histoire de l’Angleterre, Verviers, Gérard, 1961, vol. 1.
66 Ibid., p. 162.
67 Kenneth Morgan, Histoire de la Grande-Bretagne, Paris, Armand Colin, 1985, 592 p.
68 Maurice Keen, « Robin Hood-Peasant or Gentleman? », Past and Present, 1961, p. 7.
69 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, p. 22.
70 Rodney Hilton, « The origins of Robin Hood », Past and Present, n° 14, p. 30.
71Ibid., p. 31.
72 P. Valentine Harris, « Who was Robin Hood? », Folklore, p. 290.
73 James Holt, Robin Hood, p. 52.
74 François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois, p. 19.
75 Ibid., p. 20.
76 Ibid.
77 Valentine Harris, « Who was Robin Hood? », Folklore, p. 293.
78 R. Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, n° 36, p. 35.
79 Ibid.
80 Maurice Keen, « Robin Hood-Peasant or Gentleman? », Past and Present, 1967, n° 19, p. 12.
81 James Holt, Robin Hood, p. 48.
82 Maurice Keen, « Robin Hood-Peasant or Gentleman? », Past and Present, 1961, n° 19, p. 7.
83 Ibid.
84 Ibid.
85 Rodney Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, n° 36, pp. 36-37.
86 Maurice Keen, « Robin Hood-Peasant or Gentleman? », Past and Present, 1961, n° 19, p. 8.
87 Rodney Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé? », Les collections de l’Histoire, n° 36, pp. 36-37.
88 Pour ce chapitre, je rejoins le travail de Rémy Baudoin, « Robin des Bois, unvéritablebandit historique? ».
89 Robert Morserberg, « In quest of Robin Hood », The bulletin of the Rocky Mountain modern Language, p. 79.
90 James Holt, Robin Hood, p. 62.
91 Ibid.
92 James Holt, Robin Hood, p. 63.
93 Robert Morserberg, « In quest of Robin Hood », The bulletin of the Rocky Mountain modern Language Association, vol. 25, n° 3, p. 79.
94 James Holt, Robin Hood, p. 62.
95 Ibid.
96 Ibid.
97 Robert Morsberger, « In quest of Robin Hood », The bulletin of the Rocky Mountain modern Language Association, vol. 25, n° 3, p. 79.
98 James Holt, Robin Hood, p. 52.
99 Ibid., pp. 52-53.
100 James Holt, Robin Hood, p. 53.
101 Ibid., p. 52.
102 David Crook, “Some further evidence concerning the dating of the origins of the legend of Robin Hood”, The English historical review, p. 530.
103 James Holt, Robin Hood, p. 45.
104 Ibid.
105 Ibid.
106 Ibid., p. 46.
107 Ibid., p. 45.
108 Ibid., p. 48.
109 Stéphanie Barczewski, Myth and national identity in nineteenth century Britain, p. 1.
110David Crook, « Some further evidence concerning the dating of the origins of the legend of Robin Hood », The English historical Review, pp. 531-532.
111 Ibid.
112 Voir aussi travail de Rémy Baudoin, « Robin des Bois, un véritable bandit historique? ».
113 James Holt, Robin Hood, p. 40.
114 R. H. Hilton, « The origins of Robin Hood », Past and Present, n° 14, nov. 1958, Oxford University Press, p. 33.
115 Robert Morsberger, « In quest of Robin Hood », The bulletin of the Rocky Mountain modern Language Association, vol. 25, n° 3, p. 83.
116 James Holt, Robin Hood, London, Thames and Hudson, 1982, 208 p.
117 Voir plus haut, note 69.

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