Le Moyen Âge et Robin des Bois dans la littérature enfantine

Olivia Leemans

 

Table des matières

Introduction
1. La littérature jeunesse
1.1 Du livre éducatif au livre récréatif
1.2 Le Moyen Âge dans la littérature jeunesse
1.2.1 Les lieux
1.2.1.1 Le château
1.2.1.2 La forêt
1.2.1.3 La ville
1.2.2 Les personnages
1.2.2.1 Les personnages emplois
1.2.2.2 les personnages types
1.2.3 Les événements
1.2.3.1 Les micro-événements
1.2.3.2 Les macro-événements
2. La légende de Robin des Bois dans la littérature pour enfants
2.1. Quelques éléments historiques
2.2 Permanence de certains éléments
2.2.1 L’histoire
2.2.2 Les personnages
2.2.2.1 Robin des Bois
2.2.2.2 Les hors-la-loi
2.2.2.3 Les ennemis de Robin des Bois
Conclusion

Étude

Introduction

Le Moyen Âge, dans la littérature jeunesse, se concentre surtout sur deux personnages, le roi Arthur et le hors-la-loi, Robin des Bois. L’objet de ce travail est d’analyser le personnage et la légende de Robin des Bois dans les livres pour enfants de trois à douze ans.

Les formes que prennent les livres pour enfant sont multiples, il peut s’agir d’albums, de livre-jouets, de fictions, de documentaires, d’ouvrages pratiques, de livres d’activités manuelles… Les livres de fiction dont les formes tels le roman, le conte, la nouvelle, la poésie ou le théâtre, ne diffèrent pas vraiment de celles de la littérature classique. La littérature jeunesse est donc un genre épars. Parmi tous les genres proposés aux jeunes lecteurs, il en est un qui, dès son apparition au XIXe, ne connaît aucun essoufflement : il s’agit du roman historique. En effet, dès le début, Walter Scott et Alexandre Dumas ont été récupérés par la littérature jeunesse. Écrire un roman historique pour la jeunesse offre des atouts car « […] les faits historiques leur fournissent un cadre qui leur permet d’économiser leur propre fantaisie […] »1, de plus les intrigues et les héros sont préexistants ; mais ce genre comporte aussi des désavantages car les auteurs doivent prendre en compte la « […] célébrité de tel personnage ou l’engouement pour telle époque […] »2. Les auteurs de ces romans vont avoir tendance à écrire à propos de périodes lointaines afin d’amuser le lecteur en lui offrant des intrigues pittoresques. Il s’agit dès lors, selon Marc Soriano, d’un certain « exotisme dans le temps »3. Parmi les époques représentées en masse dans la littérature jeunesse, il y a bien-sûr le Moyen Âge. Celui-ci est présent dans l’imaginaire de l’enfant depuis longtemps, que cela soit par le jouet, par le cinéma ou par la BD. En effet, le château-fort est un jouet indémodable et présent dans tant de chambres d’enfant. Au cinéma, qu’il soit destiné à un public d’adulte (La passion de Jeanne d’Arc de Carl Dreyer, 1928, Le nom de la rose de Jean-Jacques Annaut, 1986, Visiteur de Jean-Marie Poiré, 1992, Jeanne d’Arc de Luc Besson, 1999…) ou à un public plus jeune (Merlin l’enchanteur, Robin des Bois et Le bossu de Notre Dame de Disney, 1963, 1973 et 1996 ou encore Excalibur, l’épée magique de la Warner Bross, 1998), le Moyen Âge a envahi les écrans. Cette époque est aussi présente dans la BD,  avec par exemple, le Prince Valiant créé par Harold Foster, Jhen de Jacques Martin ou encore Johan et Pirlouit de Peyo (concernant Robin des Bois dans les comics vous référez au travail de Fanny)
Dans un premier temps, il s’agira de retracer un bref historique de la littérature jeunesse et de s’attarder tout particulièrement sur les représentations du Moyen Âge dans ces livres. Des exemples tirés d’une dizaine de livres sur Robin des Bois viendront illustrer le propos. L’orthographe et la syntaxe des extraits seront scrupuleusement observés. Dans un second temps, nous nous consacrerons plus particulièrement au personnage de Robin dans la littérature jeunesse. Un petit rappel historique retrace l’apparition du personnage de Robin, ensuite il s’agira de dégager la permanence de certains éléments, tant au niveau de l’histoire qu’au niveau des personnages et ce, dans les différentes versions lues pour ce travail et dont la liste n’est évidemment pas exhaustive.

1. La littérature jeunesse

1.1 Du livre éducatif au livre récréatif

Le marché du livre pour enfants, dynamique et innovateur et ne connaissant pas la crise dont souffre actuellement le secteur de l’édition, fut longtemps considéré comme une branche mineure de la littérature. La particularité de la littérature jeunesse est double : le public visé est très étendu, du bébé-lecteur à l’adolescent, et elle est écrite par des adultes pour des enfants, il n’y a donc pas de correspondance entre auteur et lecteur,

Dès le Moyen Âge, il existe des traités touchant à l’éducation des enfants, comme De eruditione filiorum regalium (1247-1250) de Vincent de Beauvais destiné aux enfants du roi Saint-Louis ou encore l’ouvrage du chevalier de La Tour Landry, Livre pour l’éducation de mes filles (1371)4 qui est un recueil d’exempla5. Ces livres d’éducation vont perdurer jusqu’au début du XIXe. Il s’agit tant d’éduquer le jeune noble que de le mettre « […] en garde contre les défauts propres à sa condition supérieure […]6».

En 1699, Fénelon publie Les Aventures de Télémaque, fils d’Ulysse qui est considéré comme le premier livre pour enfants par « […] une mise en intrigue ingénieuse et par une langue française plus claire […] 7». Télémaque part à la recherche de son père en compagnie de son précepteur Mentor qui lui donnera des leçons de gouvernement par une mise en situation. Cependant, Il s’inscrit toujours dans la continuité des traités d’éducation. L’émergence de la littérature jeunesse est liée au développement des langues vulgaires comme le français, l’allemand alors que le latin gardera le monopole de l’éducation. Petit à petit, on prend conscience que l’enfant a autant besoin de s’amuser que d’apprendre. À côté de ces traités, on trouve aussi des encyclopédies qui sont une accumulation de savoirs. L’Histoire naturelle, générale et particulière de Buffon (à partir de 1749) sera illustrée et adaptée aux enfants et inspirera notamment Robinson Crusoé qui, lui, initiera le genre de la robinsonnade.

Après la Révolution Française, « la littérature pour la jeunesse devient culturellement visible et reçoit sa première dénomination (« livre d’éducation ») »8. La librairie de jeunesse se développe sous le règne de Louis-Philippe avec l’arrivée de la presse dont le Journal des enfants (1832). On retrouve Dumas, Balzac et d’autres auteurs dans le Nouveau journal des enfants qu’éditera Hetzel, éditeur de Jules Verne et qui donnera une grande importance à l’illustration.

Sous le Second Empire, la littérature jeunesse se tourne vers le divertissement, « c’est à cette époque que nait la conception moderne de l’art, en opposition à tout didactisme […] »9. C’est avec l’essor d’une nouvelle science appelée psychologie que l’on va prendre conscience des spécificités psychologiques de l’enfant qui ne sera, dès lors, plus considéré comme un adulte en miniature. La seconde moitié du XIXe voit apparaître les romans d’aventure, les romans de mœurs, les romans de formation et les romans historiques. L’édition jeunesse se développe aussi grâce à l’instauration d’une école primaire gratuite, laïque et obligatoire qui va entrainer l’alphabétisation généralisée des enfants. C’est au XIXe siècle qu’apparaît l’album10, né « […] d’une attention portée aux jeunes enfants et du désir d’inventer pour eux aussi une littérature. »11.
Après la deuxième guerre mondiale, on crée des bibliothèques spécifiquement dédiées à la littérature jeunesse.

1.2 Le Moyen Âge dans la littérature jeunesse12

Pour ce chapitre, l’ouvrage de référence utilisé est celui de Cécile Boulaire, Le Moyen Âge dans la littérature pour enfant. Elle a collecté plus de 600 livres pour enfants ayant pour sujet le Moyen Âge et édités entre 1945 et 1999. Elle y remarque que le Moyen-âge n’est plus considéré comme une période s’étendant en Europe, entre la fin du Ve siècle et le milieu ou la fin du XVe, mais comme un pays. Selon elle, « […], le Moyen Âge, […], a subi une translation du temporel vers le spatial. Il est devenu un lieu – et peut-être même, au sens littéral de l’expression, un lieu commun. »13. Elle explique cette translation par la difficulté des enfants-lecteurs de se représenter psychiquement une autre période historique. Un Moyen Âge-pays permet une uniformité et une intemporalité des symboles d’une époque couvrant pourtant plusieurs siècles. Certains de ces symboles sont, de ce fait, indispensables pour que le jeune lecteur situe sans difficulté l’action au Moyen Âge. Ces représentations sont nombreuses et classées en trois catégories, comprenant les lieux, les personnages et les événements.

1.2.1 Les lieux 

Trois espaces géographiques sont systématiquement présents : le château, la forêt et la ville.

1.2.1.1 Le château 

Le château est le premier lieu incontournable du Moyen Âge pour enfants. Son image permet d’exprimer son caractère imposant et sa puissance, censés impressionner les visiteurs ou décourager les assaillants. Dans le cadre d’un pouvoir oppresseur, le château peut même renvoyer une vision beaucoup plus terrifiante. Dans le domaine du conte merveilleux ou de l’heroic-fantasy, le château-fort reflétera par contre une impression d’émerveillement. Plus le récit se veut fidèle à la réalité historique, plus le château-fort sera massif et sombre.

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Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, p.38

Dans le récit plus historique, le château est un lieu de vie, les héros y vivent,  mangent, combattent, sont prisonniers et, parfois, ils y meurent.

Le cachot est le lieu le plus bas, le plus sombre et le plus ignominieux du château. L’humidité, l’étroitesse, l’obscurité, les rats et l’enfermement total sont les caractéristiques majeures du cachot. L’emprisonnement du héros est une étape capitale du récit mais se doit d’être temporaire car le héros doit reprendre sa quête.

P1030193%20-%20Copie« Le lendemain, dès l’aube, Robin et Petit-Jean furent réveillés par de sourds battements de tambours qui résonnaient dans la cour du château.
― Allons ! leur lança le geôlier en pénétrant dans leur cachot. Si vous voulez danser au bout d’une corde, il faut d’abord vous mettre debout, messeigneurs.
Tout en parlant, il détachait une à une les lourdes chaines qui les retenaient au mur. »
Giorda, Robin des Bois, p.55-56

La grande salle, à l’opposée du cachot, est une pièce très spacieuse et moins sombre.

Aussitôt, nous sommes introduits dans la grande salle. C’est une belle pièce, sombre, voûtée de pierre, aux murs ornés de deux riches tapisseries. Des boucliers, des lances et des épées pendent aux murs. La plus grande des fenêtres est close d’un panneau de bois ajouré, tendu de fin parchemin. Des toiles huilées garnissent les autres meurtrières. Une énorme cheminée où brûle un tronc entier occupe un pan de la salle octogonale.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.36

C’est la plus grande pièce du château et située en hauteur, « elle permet en outre aux occupants de la pièce d’avoir vue sur les autres activités se déroulant dans l’enceinte du château, voire à l’extérieur »14. Tous les personnages, qu’ils soient chevaliers, vilains, damoiseaux ou simples serfs s’y croisent. La grande salle est une pièce centrale reliée aux autres parties du château par des portes, des couloirs, des escaliers, des souterrains ou des passages secrets. La grande salle est un lieu « d’exposition plus que d’action »15.

La cour du château est, elle aussi, un lieu très important : les seigneurs y passent, les serfs, les servantes, les artisans… y travaillent, les chevaliers s’y entrainent (tir à l’arc, épée), l’exécution des condamnés s’y déroule, le peuple y trouve refuge en cas d’attaque…

Dans le même temps, la porte du pont s’ouvre, la herse est hissée et un héraut, levant le bras, harangue la foule :
― Oyez, braves gens ! Sire Baudoin, le sénéchal, parlant au nom du seigneur Rainouard de Grancouvry, permet avec grande sollicitude à tous ses gens, serfs et vilains, de chercher refuge dans la basse-cour du château et d’y séjourner…
Anie Politzer, Robin des Bois, p.31

SDC10725 Sur la place où le gibet avait été dressé régnait une grande agitation. Une rumeur circulait : le bourreau était malade et l’on ne trouvait personne pour le remplacer et procéder à l’exécution. Robin saisit l’occasion au vol. Se frayant un chemin parmi la foule, il abaissa son capuchon de moine sur son visage et s’approcha du shérif de Nottingham. 
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p. 117-119

Un dernier lieu est incontournable : le rempart et ses donjons. Stade ultime de l’ascension du château, le héros s’y retrouve soit pour défendre son château, soit pour assaillir le château ennemi. Un héros triomphant sur ces remparts est une des images inévitables dans la littérature moyenâgeuse pour enfants.

SDC10732Puis la bataille commença ; peu à peu, les soldats de Jean durent reculer ; Richard, Robin et ses amis forcèrent les portes une à une et parvinrent jusqu’au donjon.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 24-25

SDC10733 Bientôt, Robin le hissait sur le chemin de la ronde. Sous lune, un silence mortel régnait… Puis une porte s’ouvrit soudain et les six chevaliers apparurent.
« Robin des Bois ! gronda l’un d’eux. Nous t’attendions. » Les chevaliers chargèrent si vite que Much eut du mal à distinguer leurs épées. Mais Robin était plus rapide. Le hors-la-loi se démena comme un beau diable. Il réussit à repousser les chevaliers dans un escalier en colimaçon, puis dans la grande salle.
Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, p.49-51

À partir de cette littérature, l’enfant va se construire une image d’un château moyenâgeux qui relève plus du symbole que de la réalité historique, les « récits sont d’autant plus forts et narrativement crédibles que le château est inventé. »16.

Le pont-levis dont la fonction est de protéger la porte principale du château-fort joue un rôle capital. Fermé, il devient une porte, isolant le château de l’extérieur.

Quand nous arrivons au pied du château, le pont-levis est déjà relevé. Nous demandons l’entrée à son de cor, mais le portier exige nos sauf-conduits. Il nous prie d’attendre et court encore chercher des ordres.
― Cela frise l’impolitesse, dis-je en frappant de ma botte, très en courroux.
― Excès de précautions ne nuit pas, me répond Bérard l’architecte, qui prend le temps de contempler le château-fort et le juge imprenable : Les murailles de l’enceinte nord et ouest, construites sur l’à-pic de la falaise, sont inaccessibles ; les faces sud et est, donnant sur le plateau, sont défendues par la porte encadrée de ses tours surmontées de hourds, un réel chef-d’œuvre.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.33

Ouvert, il devient la jonction entre le château et le monde extérieur.

Le souterrain n’est pas sans rappeler le cachot, en effet, comme lui, il est étroit, très sombre, humide et habité par les rats mais à l’inverse du cachot, le souterrain est une voie vers la liberté.

Ce matin, Petit-Jean entre tout couvert de poussière dans notre chambre où je tiens conférence avec frère Tuck pour convaincre Rainouard de payer son écot :
― Nous avons découvert, sous les décombres de la tour Aliénor, les marches d’un souterrain !
[…] Avec frère Tuck, nous descendons une bonne soixantaine de marches. Nous nous cognons bientôt contre une paroi. Comme un jour léger passe entre deux pierres, nous faisons jouer pics et pioches, le mur cède et nous débouchons… dans la plaine, sous deux buissons d’aubépine.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.57-58

1.2.1.2 La forêt

La forêt est un élément essentiel de l’Europe médiévale car elle permet au héros d’assouvir son besoin d’aventure. Alors que le château-fort est clairement associé au Moyen Âge, « c’est donc un bâtiment représentatif d’une période historique, dont il est même devenu le symbole – pour nous. »17, la forêt, quant à elle, bénéficie d’un pouvoir évocatif et symbolique beaucoup plus large et qui existait déjà à l’époque de Chrétien de Troyes18. Les auteurs contemporains s’inscrivent donc « […] dans la continuité d’une tradition littéraire multiséculaire. »19.

Dans les contes et dans les livres pour enfants se déroulant au Moyen Âge, la forêt représente un lieu de danger et un lieu initiatique. La scène de chasse est un épisode inévitable d’un passage en forêt.

Ce matin-là, son père avait laissé le premier chevreuil à Robin. C’était un jeune mâle qui broutait sous le vent dans la brume matinale à une trentaine de pas de là, humant l’air et dressant ses andouillers. Robin tira, et sa flèche suivit la ligne imaginaire qu’il s’était tracée, droit au but. Les pattes de l’animal s’affaissèrent sous lui, il roula sur le côté et ne bougea plus.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.18

La scène de chasse a pour fonction de montrer la supériorité de l’homme sur la bête. On retrouve souvent des épisodes où un jeune héros, voulant sauver son roi, se jette sur l’animal prêt à l’attaquer. La forêt a donc toujours une double fonction : un lieu de crainte mais aussi un lieu où l’on affronte et surmonte ses peurs, un lieu où héroïsme et sauvagerie se confrontent.

Au XIIe siècle, dans le comté d’York, en Angleterre, la forêt de Sherwood s’étendait à perte de vue, recouvrant les vieilles collines d’une frondaison bruissante et légendaire. On racontait que fées, elfes et dragons hantaient ce royaume sauvage et impénétrable. Seuls s’y hasardaient les fous, les affamés, les hors-la-loi… et nul ne savait ce qu’il advenait d’eux.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.7

Une forêt, c’était comme la nuit : un monde autre. Tous les dangers rôdaient là, tout ce qui était sans peur ni loi.
Michael Cadnum, À la poursuite de Robin des Bois, p.9

En dehors des animaux sauvages, il y a d’autres dangers comme les bandes de brigands. En effet, la forêt est l’univers des gredins, avec ses talus, ses buissons, ses fourrés, c’est un lieu parfait pour tendre des embuscades.

Comme nous entrons dans l’immense forêt des Taillards et que nous évoquons avec nostalgies la forêt de Sherwood, un curieux brouillard nous environne soudain et nous immobilise : en me débattant, je vois que c’est un filet de chasse tendu par des bandits en travers du chemin. Saisis dans ses mailles, pris comme des harengs, nous ne pouvons tirer nos épées. J’enrage. Je vois frère Tuck a reçu un mauvais coup sur la tête. Petit-Jean se démène sous trois gaillards qui le tiennent serré.
Anie Politzer, Robin des Bois, p. 17-18

Le bandit, en s’isolant dans la forêt, se désigne comme l’ennemi de la société, comme un être déshumanisé et désocialisé. Une autre des caractéristiques du bandit est sa capacité à se travestir afin de tendre des guet-apens.

SDC10736 Le carrosse est somptueux. Les rhinocéros, les hippopotames, les crocodiles, les éléphants qui entourent le cortège, sont couverts de parures et de riches vêtements.
Robin et Petit Jean courent enfiler un déguisement…
Qui les reconnaitraît dans cette tenue ?
― Arrête ta voiture, beau Prince ! crient-ils, et nous te dirons la bonne aventures !
Le Prince ne se méfie pas. Il fait stopper le convoi. Aussitôt, les deux coquins se jettent sur son butin. À eux l’argent du coffre-fort !
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.4-6

Encore plus que les bêtes sauvages, ce sont les brigands qui font de la forêt un lieu dangereux car il est impensable que le héros traverse la forêt sans être aux prises de bandits, « ce n’est plus ici l’homme contre la bête : c’est le garant de l’ordre et de la morale en butte aux renégats, ceux qui ont délibérément tourné le dos aux valeurs de la société. »20.

La forêt semble donc être un lieu multiple, de danger, d’angoisse, de protection, de clandestinité, de dissimilation et de liberté, un lieu impénétrable, où l’on se perd.

1.2.1.3 La ville

La ville n’est pas un élément spécifique du Moyen Âge, elle n’a pas la puissance symbolique du château-fort et de la forêt. Elle semble, dès lors, être « un assemblage d’images, de clichés, de détails anecdotiques, empruntés qui à l’érudition archéologique, qui aux chroniques pseudo historiques, qui à un vague mythe de la ville corruptrice. »21. La ville n’est donc pas unique mais multiple avec certains éléments récurrents. Elle est caractérisée par l’accumulation : il y a toujours une foule de badauds, des commerces, des travailleurs… Elle apparaît comme étant immense,  labyrinthique et très bruyante.

Nous sommes assourdis par les bruits du port : cris des marins halant les bateaux au quai, coups de marteau des charpentiers réparant et calfatant les coques et grincements des engins de levages. […] Ce grand va-et-vient d’hommes de peine en loques, le dos ployant sous les faix, et de marchands en robe de fourrure venant compter leurs biens, nous laisse pantois.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.15

Malgré le désordre apparent, l’ordre règne dans la ville, les quartiers sont divisés par activité professionnelle. Il s’agit donc d’un « […] univers lisible, dont l’organisation matérielle est intelligible dès la topographie. »22
Les ruelles étroites, sombres et sales sont indispensables à la description de la ville. Cette vision sinistre est surtout présente dans la taverne, lieu hautement symbolique. Repaire de débauchés voué à l’ivresse, au vol et à la luxure… ce lieu peut être pourtant, pour le héros voyageant, une étape tranquille et accueillante.

― C’est bon, sers-nous, commande Robin en posant cinq shillings sur la table. L’aubergiste rafle l’argent d’une main adroite et gagne sa cuisine en évitant les regards curieux des hommes assis aux tables voisines. […] La jolie servante qui s’occupe d’eux pousse la sollicitude jusqu’à mettre leurs manteaux à sécher devant la cheminée. Ces plaisirs adoucissent l’humeur de l’écuyer. Quand ils reprennent la route, ils constatent avec satisfaction que la pluie a cessé.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.10-11

1.2.2 Les personnages

Cécile Boulaire a dégagé deux sortes de personnages médiévaux. Les personnages emplois où « la fonction fait l’homme »23 croisent les personnages types où « un trait dominant fait la fonction »24. À chaque personnage connoté positivement, généralement caractérisé par la noblesse, de rang ou de cœur, et un certain dédain pour la matière, s’oppose un personnage connoté, lui, négativement et faisant preuve de bassesse ainsi que d’un attrait pour l’argent et le pouvoir.

1.2.2.1 Les personnages emplois

Le caractère et la psychologie des personnages emplois sont plus approfondis. Ils représentent les figures phares de l’imagerie médiévale.

Le bon seigneur est un homme attentif, il connaît ses sujets et leurs difficultés. C’est aussi un guerrier et, pour défendre les siens, il fera preuve de bravoure. Il est aimé de ses sujets car il est juste par nature et rend la justice de façon impartiale.

Le procès a lieu cinq jours plus tard, en la grande salle du château. […] Puis vient le tour des ministériaux, les quatre sergents : Duran Le Forestier, Brunon Lemalvé, Simon Lespallu et Maheut Pillotin. Nos témoignages, appuyés par les doléances de plus de trente-cinq pauvres serfs venus là pour dire comment les quatre sergents ont transgressé les coutumes, font sur le seigneur très grand effet. Il tempête, fort en courroux, criant que tout ce que les sergents prélèvent en trop ne vont point dans ses propres coffres mais dans ceux des voleurs et qu’ils s’enrichissent ainsi plus que lui.
Il les condamne à de lourdes amendes, confisque leurs biens et leur fait jurer qu’à l’avenir ils ne dépasseront pas les limites de leur fonction.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.81-82

Ce bon seigneur s’oppose au mauvais seigneur qui prend le contre-pied de toutes ces qualités. Le mauvais seigneur accable les paysans d’impôts et dépense l’argent à mauvais escient, c’est un homme cruel, dur et sans cœur.

Je sais que les paysans doivent au seigneur bien des redevances : le ban, en paiement de l’usage du four, du moulin et du pressoir, la dîme et bien sûr, la taille : prise de victuailles pour le festin.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.70

La mort d’Henri II avait fait monté son fils Richard sur le trône et celui-ci, après avoir dilapidé les trésors de la couronne, était parti pour les croisades, abandonnant la régence du royaume au prince Jean son frère, homme de mœurs dissolues, d’une avarice extrême et qu’une faiblesse d’esprit rendait impropre à remplir les devoirs de la haute mission qui lui était confiée.
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p.107

Ses jugements sont arbitraires. Lorsque les manants se révoltent, c’est davantage contre sa personne que contre l’ordre féodal.

SDC10744― Et que l’on achève cette exécution ! ajouta le régent en se rasseyant. Que l’on pende enfin ce Robin de Loksley et son complice ! Le roi Richard ne reviendra pas. Car la rançon ne sera jamais payée. Et moi, dans quelques jours, je me ferai couronner roi d’Angleterre. Ainsi…
Une énorme clameur couvrit ses paroles. Cette fois, le peuple se révoltait ouvertement en scandant :
― RICHARD ! RICHARD !
Giorda, Robin des Bois, p.60-61

Le sénéchal félon est un personnage que l’on retrouvait déjà dans la littérature médiévale dont l’exemple le plus connu est Keu25. Il aura les mêmes caractéristiques que le mauvais seigneur. Il est à ses ordres, il en sera l’intendant, il veillera à la stricte application de la loi et se chargera de la récolte les impôts.

SDC10738Hélas, dès le lendemain, qui frappe à toutes les portes et réclame de l’argent ?  Le shérif du Prince Jean. Il rafle sans pitié toutes les économies, même celles des enfants.
Walt Disney Comapny, Robin des Bois, p. 8-9

Il ne fait pas partie de la noblesse, mais il vit dans son ombre, ce qui exacerbe sa frustration. Comme le mauvais seigneur, il est souvent méchant, odieux et se montre violent et cruel envers les faibles.

Parmi les personnages emplois, on trouve aussi les paysans et les artisans. Alors qu’ils sont majoritaires dans la population médiévale, ils sont sous-représentés dans la littérature jeunesse, probablement car ils n’ont pas de fond héroïque. Aujourd’hui, les auteurs mettent en avant la pénibilité de leur vie, faite de labeur et d’injustice mais, malgré cette évolution, ils ne resteront que des personnages secondaires26.

Much était le fils d’un meunier. Toute sa vie durant, il avait secondé son père en coltinant les sacs de blé du grenier au moulin, puis les sacs de farine du moulin à la charrette. Ils travaillaient du matin au soir et vendaient leur farine à quiconque voulait la payer.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.60

L’artisan, considéré comme le double de l’incolore paysan, bénéficie d’un traitement de faveur grâce à l’esthétique de ses réalisations. Cependant, on ne rencontrera pas de forgeron, de teinturier, les artisans représentés seront des artisans d’art : ils sont verriers, sculpteurs, enlumineurs, bâtisseurs de cathédrale.

Le médecin, alchimiste ou sorcier sera perçu positivement ou négativement selon les récits. C’est un personnage qui fascine car il suscite de l’espoir ou de la peur. Ce personnage se situe dans la continuité de l’archétype de la sorcière des contes merveilleux. C’est un des personnages qui expliquent le goût des enfants pour ce Moyen Âge, car il fait partie de leur culture livresque toute récente

1.2.2.2 les personnages types

Ces personnages types sont surdéterminés, « un seul trait distinctif (de physionomie, de caractère) détermine la fonction toute entière. »27, mais ils ne sont pas destinés à être des personnages principaux.

Le lépreux est décrit en général dans les moindres détails, même avec les pires ravages de la maladie. Il est mauvais par nature.

Il y avait également des lépreux dont Robin aperçut le visage et les doigts rongés par la maladie. Il eut un mouvement de recul, essaya de les repousser, et fut soulagé de voir Marion se diriger vers lui.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p. 24

Le roux n’est jamais déclaré ouvertement mauvais mais sa couleur de cheveux devient un stéréotype majeur pour caractériser des personnages brutaux, injustes et qui doivent mal finir. Selon Michel Pastoureau, le roux est la « […] couleur des démons, du renard, de la fausseté et de la trahison. »28.

SDC10740 Un soir, Jean fit appeler Guisbourne ; il écumait de rage :
― C’est inadmissible ! Cette situation ne peut plus durer. Que diable, n’avez-vous pas une idée pour le capturer ? Qu’attendez-vous pour l’attirer dans un piège ?
Guisbourne proposa alors, avec un sourire mauvais :
― Organisons un concours de tir à l’arc, Robin ne pourra pas résister au plaisir de montrer au grand jour son adresse légendaire.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 12-13

Le gros est un personnage beaucoup plus complexe car il est tenu pour responsable de son apparence, à l’inverse des lépreux ou des roux. Comme les autres, c’est un être mauvais, abject, fourbe, violent et cupide. La majorité des livres font de son embonpoint le résultat d’un laisser-aller et d’une paresse, il n’est que très rarement présenté comme un bon vivant. Ici aussi, ce personnage s’inscrit dans la continuité, le gros n’est pas sans rappeler l’ogre des contes de fée.

1.2.3 Les événements

Les événements se divisent en deux catégories, les macro-événements qui constituent, en eux-mêmes, un épisode du récit et les micro-événements qui ne représentent que des petites séquences ayant peu d’importance dans la construction du récit.

1.2.3.1 Les micro-événements

Les micro-événements paraissent, dans un premier temps, peu essentiels et pourtant ce sont eux qui créent toute l’ambiance médiévale qui entoure le héros. Ces micro-événements sont placés et attendus par le lecteur car ils font partie de  l’imaginaire médiéval.
La quintaine, reprise de récit en récit, est un passage essentiel et obligé dans toute histoire se déroulant au Moyen Âge. Il s’agit d’un « exercice destiné aux écuyers et aux chevaliers et qui consiste à affronter à la lance et à cheval, un mannequin mobile qui pivote et assomme les cavaliers maladroits. »29

SDC10742 Alors, on sonne les trompettes, on ouvre les portes du château, et tous se précipitent dans la plaine où une quintaine à été dressée : c’est un mannequin d’osier monté sur pivot et bardé d’écus que les nouveaux chevaliers doivent toucher cinq fois à tour de rôle, au risque de recevoir un coup de fléau que le mannequin en tournant projette sur eux.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.91 et 94

Peu de récits ne mentionnent pas la foire ou la fête. Les fêtes ressemblent à des carnavals avec déguisement, musique, vacarme… Les prétextes à la fête sont multiples tels le couronnement d’un roi, l’entrée en ville d’un seigneur vainqueur d’une bataille, un départ en campagne ou en croisade.

SDC10747 Peu après, le roi Richard Cœur de Lion revint en Angleterre.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.198-199

SDC10749 Et bientôt, dans leur refuge des bois, leurs amis les accueillent avec des cris de joie :
― Hourra ! Nous allons fêter ça !
Sitôt dit, sitôt fait : Robin sort son violon, et Petit Jean invite Belle Marianne à danser !
Walt Disney Company, Robin des Bois, p. 26-27

La foire, quant à elle, est surtout un événement populaire où l’on rencontre badauds, marchands, bateleurs... Que ce soit à la fête ou à la foire, un détail ne doit pas manquer : l’ours savant.

Un petit singe, grimpé sur un chaudron de cuivre accroché à un anneau, fait mille malices et facéties. Au son d’un tambourin, qu’une jolie fille brune frappe en cadence, un ours se dandine dans la poussière.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.28-29

Les fêtes et les foires sont souvent l’occasion de grands banquets, de scènes de ripailles. Le banquet s’accompagne de tout un cérémonial, les usages y sont policés et les convives délicats. On y retrouve des ménestrels, des bouffons, des acrobates mais aussi l’ours savant. On mettra en avant l’abondance des mets, leurs  variétés et même leurs origines exotiques.

― Très bien. Et là, quel est cet autre plat couvert ?
― Une cuisse de cerf entrelardée et rôtie, servie à la sauce au poivre. Là, une hure de sanglier ; et ici, des chapons frits avec de l’aillie et là encore, des chapons rôtis en broche avec sauce giroflée ; là, des brochets rôtis. En tout, nous aurons huit mets comportant chacun plusieurs viandes et poissons. […]
― Fort bien, dit frère Tuck, vous n’oublierez pas de servir à la fin, les vins épicés quand nous prendrons des fruits. J’ai ouï dire qu’en plus des poires, pêches, dattes et pistaches, nèfles et noix pelées, pommes d’or rapportées d’Espagne, il y aura des abricots que gente Béatrix fait pousser en son verger et qui nous viennent d’Orient.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.97

Dans les scènes de ripailles, repas beaucoup moins formels, la nourriture est aussi abondante mais les manières des convives sont moins policées.

SDC10751― Souviens-toi, Guisbourne, Sherwood est mon domaine !
Puis, avec ses compagnons, il fêta joyeusement l’humiliation de leur ennemi.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.8-9

SDC10753
Une longue table était garnie des victuailles les plus appétissantes.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.49-50

1.2.3.2 Les macro-événements

Les macro-événements sont indispensables au bon déroulement du récit, ils « engagent les principaux protagonistes du récit et font avancer l’histoire, se répartissent sur un plan non hiérarchique, mais tout simplement chronologique. »30. Ils sont au nombre de quatre et tous concernent la destinée du chevalier : l’adoubement, le tournoi, la bataille et la prise du château.

L’adoubement est la cérémonie d’entrée du jeune homme dans l’ordre des chevaliers. Par ce rite de passage, l’enfant devient homme. L’adoubement est codifié en cinq étapes : l’élection d’un parrain d’arme, la veillée préparatoire, l’équipement vestimentaire du jeune adoubé, les paroles par lesquelles il s’engage et la gestuelle qui accompagne le serment31.

Aymeri, âgé de seize ans, est ce matin-là armé chevalier. Il fut, hier, lavé et habillé de blanc. Le soir venu, il alla avec son cousin Rénier passer la nuit en prières dans la chapelle toute illuminée de quatre grands cierges torsadés. […] Alors, au son des trompettes et des vièles, Renaud, l’oncle d’Aymeri, venu tout exprès, lui chausse les éperons, lui enfile le haubert aux vingt-cinq mille anneaux, la coiffe de maille qui lui couvre la tête et le cou et, par-dessus, le heaume à nasal tout enrichi de pierreries. Puis c’est le tour de sire Rainouard qui, d’un grand geste, lui donne l’épée. Aymeri s’agenouille ; alors, d’un coup très rude sur la nuque, avec le plat de la main, le seigneur lui donne la « colée ». Aymeri chancelle, mais ne tombe point. […]
― Mon fils, lui dit Rainouard en le relevant, sois à présent fier chevalier. Que le Droit et la Justice guident ta vaillante épée.
― Je le veux, répond Aymeri, visiblement ému.
Anie Politzer, Robin des Bois, p. 91-93

Le parrain est un guide, un modèle mais contrairement à un père, il n’a pas une attitude protectrice envers le jeune chevalier. Les descriptions et les différentes illustrations de la gestuelle lors de l’adoubement sont toujours identiques.

SDC10755
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.27

Une fois chevalier, celui-ci doit s’entrainer et combattre. Avant de partir en campagne, il participera à des tournois.

Le tournoi, qui est à la fois un entrainement et un amusement, souvent organisé lors de fêtes, se déroule dans la lice32 et la population en liesse est présente. Les tournois sont organisés selon un cérémonial bien déterminé et peuvent prendre différentes formes, à cheval, au tir à l’arc…

Le matin du concours, l’aube était brumeuse, mais lorsque le soleil se leva, le pré, au pied des remparts de la ville, était peuplé des meilleurs archers de toute l’Angleterre. […] À quatre heures de l’après-midi, la foule atteignait quatre mille personnes et il ne restait que vingt concurrents en lice.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.78

SDC10756 Au jour dit, une foule immense se rassembla sur la lice, un vaste terrain non loin de la forêt où avaient lieu les concours et tournois.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.169-171

SDC10859 Le prince Jean ne s’était pas trompé. Le jour du tournoi, il y avait foule dans Nottingham.
Van gool, Robin des Bois, p.44-45

Alors que le tournoi était un jeu spectaculaire, sans agressivité particulière entre les différents participants, les combats sur le champ de bataille, par contre, étaient beaucoup plus violents. Une bataille est, d’ailleurs, un épisode central des récits de chevalerie.

Soudain, le cor sonne et tout s’ébranle, […] Une catapulte entourée de cent hommes, comme cent fourmis, est mise en batterie et soudain, un roc énorme tombe en sifflant au milieu de notre basse-cour, soulevant poussière et cris de rage parmi nos gens. […] Aussitôt, une grêle de flèches tombe sur l’ennemi. Bientôt tout n’est plus que poussières, cris et fumées.
Anie Politzer, Robin des Bois, p.53

Le récit des batailles s’articule entre prouesses personnelles et actions de groupe. L’assaut final du château est l’événement ultime de la bataille.

SDC10731« Cependant, là-haut, sur les créneaux, un duel s’est engagé. »
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.40-41

En conclusion, le Moyen Âge pour enfant n’a pas grand-chose à voir avec le Moyen Âge historique, il ne cherche pas la fidélité. Ce Moyen Âge est un « univers autoréférentiel »33, il n’a pas d’existence en soi.

2. La légende de Robin des Bois dans la littérature pour enfants

2.1. Quelques éléments historiques

Au XVe siècle, avec les livres de colportage, le personnage Robin des Bois est orienté vers un public moins cultivé, plus enfantin que le public des ballades34.

C’est en 1883 qu’Howard Pyle (1853-1911) publie, chez Scribner’s, son The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire. Il s’agit de la première version de Robin des Bois écrite spécifiquement pour les enfants. En effet, Pyle, qui à l’origine n’était qu’un illustrateur, s’est basé sur les ballades anglaises (voir le travail de Tanita Leclercq) et les a adaptées aux enfants tout en préservant leurs styles. Ainsi, alors que dans la ballade Robin Hood's Progress to Nottingham, Robin tue quatorze forestiers pour ne pas payer une dette, Pyle ajoute qu'ils l'ont d'abord menacé, et qu'il n'a fait que se défendre35. Il suit la tendance du 19e siècle qui transforme Robin des Bois en bandit héroïque, alors que dans ballades, il n’était motivé par son profit personnel. Pyle le rend donc beaucoup moins violent.

L’attrait du public mais aussi des critiques pour son livre fut immédiat. En 1884, la revue anglaise Saturday review l’a considéré comme le meilleur livre de l’année36.

Pyle s’intéressait depuis toujours au Moyen Âge, tant au niveau historique qu’au niveau des légendes ou de l’art. Cela explique la présence d’enluminures au commencement des chapitres mais aussi de marginalias. Pyle s’est directement inspiré des techniques qu’il avait admirées dans les livres anciens. Il est l’un des premiers à avoir combiné l’image et le texte. En effet, l’image n’était plus seulement une illustration de l’histoire, elle lui donnait un rythme. Pyle voulait que ses illustrations représentent la vie et la réalité. The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire a été considéré, dès sa publication, comme une œuvre totale.

Pyle a permis de consolider l’image de Robin des Bois comme étant un philanthrope protecteur des innocents. Le Robin des Bois de Pyle va permettre à la littérature pour enfants anglophones d’obtenir ses lettres de noblesse mais il va permettre surtout à la légende de Robin des Bois de sortir des penny dreadfuls37 et d’entrer dans le domaine respectable de la littérature jeunesse.

Pyle ne sera pas le seul à populariser le personnage de Robin des Bois : Francis James Child a publié entre 1882-1898, Child Ballads, un recueil des ballades anglaises et écossaises dont certaines parlent de Robin des Bois. Depuis 1883, The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire n’a cessé d’être réédité, d’ailleurs, en 2010, on dénombre plus de trois rééditions.

En 1894, Pyle enseignera l’illustration au Dexel institute of Art, Science and Industry. Pyle leur ayant ouvert la voie, plusieurs de ses anciens étudiants illustreront eux aussi Robin des Bois : Charlotte Harding illustrera le roman d’Eva March Tappan, Robin Hood : His book qui sera publié en 1903, N.C.Wyeth illustrera le Robin Hood de Paul Creswick (1903).

N.C.Weyth rompt avec la tradition de Pyle, d’une part en insérant de l’illustration full-color, d’autre part en modifiant la fonction de l’image, elle n’est plus là pour créer le rythme par rapport au texte, elle n’est plus qu’une illustration sans réelle fonction. Aussi belles que furent ces versions de Robin des Bois, les étudiants de Pyle n’ont jamais réécrit la légende, ils n’ont fait qu’illustrer les manuscrits que leurs soumettaient des éditeurs.38

2.2 Permanence de certains éléments

Les différents livres consultés (la liste complète est reprise dans les sources primaires de la bibliographie) ont été sélectionnés selon deux critères : une date de parution récente, la plupart éditée après 2000 et un lectorat âgé entre trois et douze ans. Nous avons cherché à dégager les principaux éléments autour desquels s’articule la mythologie de Robin des Bois.

2.2.1 L’histoire

L’ensemble des ouvrages situe les aventures de Robin des Bois en Angleterre, à la fin XII e, sous le règne de Richard Cœur de Lion.

Vers la fin du XII e siècle régnait en Angleterre le bon Richard Cœur de Lion.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.11

Parfois39, l’année ou l’époque ne sont pas mentionnées, il y est juste précisé que c’était « il y a fort longtemps ».

Jadis, en Angleterre, vivait un hors-la-loi, nommé Robin des Bois.
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.1

Dans les premières ballades, il n’est pas fait mention de Richard Cœur de Lion. Par la suite, lorsque Robin devient un défenseur de l’opprimé, il est fait référence au contexte politique de la croisade de Richard Cœur de Lion et de la régence de Jean Sans Terre (concernant ce point, vous référez au travail de Rémy Baudouin).
L’histoire de Robin des Bois ne peut pas être dissociée de la forêt de Sherwood. Cette forêt de Robin pourrait être la forêt de Sherwood du Hamshire ou celle de Branesdales dans le Yorkshire40. Elle est présente dès les plus anciennes ballades. Contrairement à l’image générale de la forêt dans les livres pour enfants, la forêt de Robin n’est pas un milieu hostile. Robin et ses amis s’y cachent, y organisent des embuscades, y construisent leurs maisons, y font la fête…  La forêt est leur alliée et leur complice.

SDC10758 Mais dans une forêt du comté de Nottingham, l’un de nous était devenu l’espoir au contraire de tous les opprimés et le héros de tous les pauvres. Il vivait dans la forêt de Sherwood, avec de très fidèles compagnons.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.12, 16-17

Il arrive que le récit commence directement dans la forêt de Sherwood où vit Robin le hors-la-loi. Dans d’autres41, on raconte comment Robin de Locksley est banni et devient Robin des Bois et s’installe avec les outlaws dans la forêt.

S’ensuit un jeu du chat et de la souris entre Robin des bois et le shérif accompagné de ses hommes dont Guy de Guisbourne.

À dater de ce jour, les hommes de Robin ne cessèrent de harceler les troupes du prince et du shérif.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.19

Exaspéré par ce genre de récit, le shérif se jura de ne plus s’accorder de répit tant qu’il n’aurait pas eu la peau de Robin des Bois, et il dépêcha un émissaire à Londres pour solliciter l’aide de son ami le prince Jean.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.45

― Le bruit court, monseigneur, que pendant que vous passiez du temps avec les dames, sans vous offenser, ce Robin des Bois en personne est venu faire un tour en ville, sous votre nez.
― Ce farceur ? Oui, je sais qu’il joue à ces jeux, mentit Geoffrey. Et qu’il les trouve plaisants, de surcroît ? Jusqu’ici, j’ai laissé faire, comme on laisse un chiot gambader avant de couper un badine.
Michael Cadnum, À la poursuite de Robin des Bois, p.113

Sur la place centrale de Nottingham régnait une grande agitation : sur une estrade, un groupe d’hommes construisait un gibet.
― Le shériff nous a recommandé de le faire bien haut, pour qu’on voit de loin ce Petit Jean se balancer au bout de sa corde. Pour une fois qu’il s’est montré plus malin que la bande à Robin, le shériff veut que ça se sache… conclut l’homme.
Van gool, Robin des Bois, p.34

Le shérif s’irrita :
― Assez de vos belles paroles, mon cher ! Ce qu’il nous faut, ici, ce sont des actes. Croyez-moi, j’ai déjà essayé toutes les méthodes pour capturer ce brigand, mais il s’en est toujours sorti ! Puisque vous êtes si sûr de vous, pourquoi ne tentez-vous pas de vous emparer de Robin des Bois ?
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.140-141

SDC10767 Avec un déguisement et l’aide de Petit Jean, il entre facilement dans la cour du château. C’est la nuit, et le shérif s’est endormi à l’entrée du cachot…
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.30-31

Un épisode incontournable de la légende est celui du tournoi organisé par le shérif et le prince Jean pour capturer Robin des Bois. Le tournoi apparaît dans d’anciennes ballades dont Une geste de Robin des Bois, Robin des Bois et le potier mais aussi dans le Roman de Walter Scott, Ivanhoé.

SDC10772Tout le monde retint son souffle… La flèche partit droit au but, fendit celle d’Hubert en deux sur toute sa longueur et s’enfonça juste au centre ! La foule délirante porta le vainqueur en triomphe jusqu’à la tribune d’honneur, Marion, pâle d’émotion, venait de le reconnaître, lorsque soudain, en un éclair, les gardes s’emparèrent de Robin et l’emmenèrent !
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 16-17

SDC10773 Mais, dès que le vainqueur arrive à sa portée, il lui assène un coup d’épée ! son manteau déchiré tombe à ses pieds…
― Robin ! s’écrient les gens en le reconnaissant.
― Attrapez-le ! commande le tyran.
Ses gardes se précipitent… mais c’est une telle panique qu’ils se rentrent dedans ! Vite, Robin en profite pour prendre la fuite.
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.21-23

― C’est ce que j’ai essayé d’expliquer au shérif ce matin. Jamais Robin ne s’aventurerait à Nottingham en plein jour… Il est bien trop malin. Et nous perdons notre temps avec ce concours stupide. Mais enfin, c’est la volonté du régent, ajouta-t-il en haussant les épaules.
Giorda, Robin des Bois, p.43

Vers la fin du récit, Richard Cœur de Lion revient en Angleterre, de retour de sa défaite à Jérusalem et de sa captivité en Autriche. En apprenant l’aide que Robin a apportée à la population, il lui rend visite déguisé.
Il regarda robin qui paraissait ignorer complètement le rang élevé de son hôte.
― Connais-tu le nom de celui qui porte le costume d’un moine supérieur ? demanda sir Richard à voix basse.
― Non, répondit Robin : mais ces cheveux roux et ces grands yeux bleus ne peuvent appartenir qu’à un seul homme au monde à…
― Richard Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre ! s’écria involontairement le chevalier.
― Ah ! ah ! fit le faux moine en s’approchant. Robin des Bois et sir Richard tombèrent à genoux.
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p. 120

SDC10775 Un jour, une petite troupe menée par un chevalier de fière allure et tout de noir vêtu entra dans la forêt. Robin, comme à son habitude, tira une flèche pour les arrêter. […]
― Pour Jean le traitre, en effet, je suis un brigand, car je ne servirai que le roi Richard, dont j’attends le retour !
― Alors, tu n’as plus à attendre. Je suis là, j’ai réussi à m’évader, dit le chevalier noir en se découvrant.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.20-23

La fin du récit peut varier mais, dans la majorité des livres43, Robin choisit de rester vivre dans la forêt avec Marianne et ses amis, en marge de la société et en  continuant à aider les plus faibles.

C’est ainsi que Robin, accompagné de la belle Marion, retrouva sa chère forêt de Sherwood. Entourés de leurs fidèles amis, ils vécurent là aussi heureux que dans le plus somptueux des palais.
Marlène Jobert, Robin des Bois,p.28

Parfois44, il suit Richard Cœur de Lion à Londres afin d’entrainer ses archers, avant de repartir à Sherwood.

― Toutefois, continua-t-il, pour ces mêmes raisons, je désire vous emprunter votre chef, au moins provisoirement. Quand je rentrerai à Londres, je souhaite que Robin de Bois m’y accompagne à titre de conseiller.
[…]
Sur les quais de la Tamise, Robin et son père enseignèrent aux archers du roi comment fendre une baquette de coudrier à cent pas, et Much, qui se comportait en véritable tyran, veilla à ce que chaque soldat soit alerte et vigoureux.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p. 123-125

D’autres récits45 se terminent par la mort de Robin, empoisonné par l’abbesse de Kirkleigh, parente du shérif et amante de Guy de Guisbourne.

― L’abbesse. C’est l’abbesse. J’aurais dû m’en douter. Trop tard, c’est trop tard. L’abbesse de Kirkleigh. Ce ne pouvait être qu’elle, elle nous a empoisonnés.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.135

Dans un dernier effort, il lance une dernière flèche qui désignera le lieu de sa sépulture.
Robin des Bois, soutenu par Petit-Jean, visa au loin, tira la corde de l’arc et la flèche, rasant la cime des arbres, alla tomber à une distance considérable.
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p. 153

― Cher Much. Toujours prudent, murmura Robin prudent et silencieux. Donnez-moi mon arc, maintenant, ainsi que la flèche d’argent de Marion. Je vais tirer une dernière fois par cette fenêtre, et là où la flèche tombera, vous nous enterrerez.
Michael Mopurgo, Robin des Bois, p.135

2.2.2 Les personnages

2.2.2.1 Robin des Bois

Le personnage de Robin des Bois, apparaît pour la première fois en 1377 dans la ballade du poète William Langland, Piers the Plowman (concernant l’évolution du mythe dans la littérature anglaise voir le travail de Coraline Baligant). Cependant, à l’heure actuelle, on se pose la question de ses origines (concernant ce point, consultez les travaux de Rémy Baudouin et Xavier Bouchez). Est-ce possible qu’il soit français, et que le Robin d’Adam de la Halle (voir le travail de Guiseppe Senese) ou d’Eustache Deschamps soit à l’origine du Robin des Bois que nous connaissons aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, Robin des Bois reste un des hors-la-loi les plus connus au monde (concernant les autres hors-la-loi au grand cœur, référez-vous au travail de Pauline Didens). Selon la loi médiévale, un hors-la-loi « […] n’est plus protégé, et n’importe qui peut le tuer […] »46.

― Henry, une annonce pour le crieur public, au sujet de ce Robin des Bois : il est déclaré hors-la-loi. Il a choisi de l’être ? il l’est. Pour la loi il n’a plus de nom, il n’est plus enfant de ce royaume. Tout se passe comme s’il n’était pas né. […]
Le hors-la-loi était un banni. N’importe qui pouvait le mettre à mort en toute impunité. La loi ne lui accordait plus rien, ni pardon, ni statut, ni existence quelconque.
Michael Cadnum, À la poursuite de Robin des Bois, p.104

Même s’il s’agit d’un hors-la-loi et contrairement aux premières ballades, le Robin des Bois de la littérature jeunesse se présente comme le héros du peuple opprimé. S’il dépouille les riches : ce n’est pas pour son profit personnel, c’est pour rendre aux pauvres ce que le pouvoir leur a extorqué. Il s’oppose donc au bandit-type présent dans la littérature jeunesse qui, lui, n’a pas de morale et pille tous ceux qui passent dans leur forêt.

― Je viens vous annoncer que moi, Robin des Bois, je défendrai toujours les pauvres gens contre vos pillages et vos impôts injustes, et que je ne permettrai jamais que toi, Jean le traitre, non content d’avoir volé la couronne à ton frère Richard, tu ruines ensuite son royaume !
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.11

Robin des Bois était un mystérieux hors-la-loi qui volait l’argent du shérif pour le donner aux pauvres.
Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, p.6

Je vole les riches pour donner aux pauvres.
Delphine Bournay, Grignotin des Bois et Mentalo de La Vega, p. 16

Notons que lorsqu’il s’agit de dépouiller les riches, Robin des Bois fait rarement47 preuve de violence, on ne lui oppose pas beaucoup de résistance. Il utilise toujours le même stratagème, à savoir qu’il invite à diner ceux qu’il veut dépouiller et une fois qu’ils sont repus, il leur fait payer le repas.

L’évêque de Hereford s’emplit la panse tant et si bien qu’il en oublia ses craintes, et même l’endroit où il festoyait. Ce n’est qu’après avoir englouti le dernier plat qu’il retrouva son arrogance. Il se leva de son siège confortable en s’étirant et dit :
― Bien ! Il se fait tard, maintenant. Je dois me remettre en route. Vous avez été si aimable, cher Robin des Bois, de m’offrir ce repas !

― Vous offrir ? À vrai dire, monseigneur, avant de repartir, il vous faut… payer l’addition !
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.50-51

Si dans la légende, les origines de Robin varient, dans la littérature jeunesse, il s’agit toujours d’un noble qui a été dépossédé de ses terres par le shérif et qui décide de s’opposer au pouvoir tyrannique de Jean Sans Terre et de ses hommes.
― Mais comment se fait-il, l’interrompit le régent, que ce Robin de Loksley soit encore par ici ? Pour le punir de sa fidélité à Richard, j’ai confisqué toutes ses propriétés. Je le croyais parti au loin, ruiné, mort peut-être.
Giorda, Robin des Bois, p.26

Mais qui était Robin des Bois ? C’était un chevalier qui, à cause de la cupidité du prince Jean, avait perdu tout ce qu’il possédait.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.14

Il existe différentes versions48 qui expliquent la mise au ban de Robin de Locksley. L’une49 nous raconte que, revenant des croisades et apprenant la mort de son père, il va s’opposer aux hommes du shérif qui brûleront, par la suite, le château familial. Robin jure de les combattre et va s’allier à une bande de hors-la-loi vivant dans la forêt. L’autre50 nous dit que lors d’une partie de chasse avec son père, alors que tuer les bêtes dans la forêt est un crime de braconnage, les hommes du shérif les attaquent. Son père l’oblige à fuir et se fait emprisonner et condamner au gibet. Robin se cache dans la forêt et est recueilli par la bande de hors-la-loi qui l’aidera à sauver son père.

C’est au début du XVIe siècle qu’il devient cet aristocrate qui s’oppose au règne de Jean Sans Terre. Une pièce de 1601, The Downfall and the Death of Robert, Earl of Huntingdon, écrit également à propos des origines nobles de Robin des Bois. Mais celui qui aura popularisé ce Robin de naissance noble est sans conteste, Walter Scott dans son roman Ivanhoé de 181951. On retrouve ses origines nobles notamment dans son surnom. En effet, dans certains ouvrages52, il est appelé le prince des voleurs, référence que l’on retrouve dans le titre du film de 1991 avec Kevin Costner dans le rôle titre.

Je ne suis pas Grignotin ! Je suis Grignotin des Bois ! Prince des voleurs !
Delphine Bournay, Grignotin des Bois et Mentalo de Le Vega, p. 15

Il est toujours décrit comme un jeune homme, beau, viril, grand, fort, courageux, très intelligent et surtout rusé.

Et Robin des Bois, c’est Robin des Bois ! vingt années, piquées comme une plume à sa toque, flamboyant tel l’écureuil, rusé renard, souple comme un daim, tenace en loup, force d’ours, gouaille de geai, vivacité d’anguille, regard de faucon.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.12

SDC10915 Elle voyait pour la première fois ce Robin si courageux, elle l’admirait et savait déjà qu’elle l’aimerait toujours.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.13- 19

Un autre élément important est la tenue vestimentaire de Robin, il est tout habillé de vert afin de se fondre dans la forêt et se rendre invisible.
Il est toute la forêt, dont il avait pris la couleur et la sauvage tournure.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.12

SDC10777 Les soldats cherchaient du regard tout autour d’eux, quand un rire éclata juste au-dessus de leurs têtes : ils découvrirent alors un jeune homme, débout sur la branche d’un grand chêne. Ses habit vert se confondaient presque avec le feuillage ; ses yeux pétillaient de malice, son visage était aimable, mais il tenait un arc, la flèche fermement pointée sur Guy de Guisbourne : c’était Robin, le fameux Robin des Bois !
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.6-7

SDC10782
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.2

SDC10910 Robin guida Much à travers les arbres. Sautant de branche en branche et s’accrochant à des plantes grimpantes, ils arrivèrent bientôt au village de Sherwood.
Rod Lloyd Jones, Robin des Bois, p.30

En plus d’être habillé de vert, Robin des Bois a toujours un petit chapeau surmonté d’une plume.

C’est aussi un archer et son arc est un des éléments indispensables au mythe.

SDC10786
Giorda, Robin des Bois, couverture

SDC10784 
Delphine Bournay, Grignotin des Bois et Mentalo de La Vega, p. 15

SDC10785
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.12

Un dernier élément essentiel du mythe de Robin des Bois est sa position de chef de la bande des outlaws, que l’on retrouve d’ailleurs dès les premiers textes qui lui sont consacrés.

Petit Jean consulte ses compagnons et répond aussitôt au nom de tous :
― Commande, Robin, nous t’obéirons.
Robin acquiesce comme si cette autorité lui revenait de droit.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.50
Ensemble, ils rassemblèrent tous les proscrits et formèrent une joyeuse bande, cachée dans les bois. Robin devint leur chef et organisa leur résistance.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p. 16

2.2.2.2 Les hors-la-loi

La bande de Robin des Bois va se compléter au fur et à mesure des siècles et des textes.
Parmi tous ces hors-la-loi, deux sont indissociables de Robin. Il s’agit de Petit Jean et de Frère Tuck.
Petit Jean (Little John dans la tradition anglaise), contrairement à ce que donne à penser son nom, est toujours décrit comme très grand et très fort, capable de venir à bout de plusieurs hommes à lui seul.

― John Bering, murmure Robin avec une émotion sincère. Petit Jean !
― Comme tu peux le voir, confirme le géant avec un rire sonore.
Il aime le surnom de Petit Jean, qui souligne avec ironie, sa haute taille. Du haut de ses deux mètres, il peut terrasser un taureau en le tenant par les cornes, ou soulever d’une seule main un rocher de quatre-vingts livres.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.24-25

Petit Jean était appelé « petit » par plaisanterie, car il était si grand et si gros qu’il faisait peur rien qu’à le regarder.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.15

SDC10834
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.38-39

― Frère Tuck ! Qui donc te court après ?
Frère Tuck s’arrêta, haletant, et il expliqua :
― Personne ! J’ai défié Petit Jean pour un combat de bâton et j’ai pris peur ! Il a une force prodigieuse !
Robin ne put s’empêcher de rire. Tous savaient que Petit Jean était un des plus forts de la bande !
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.101

C’est le fidèle compagnon de Robin et son meilleur ami.

― Tu es Robin des Bois ?! Ça alors ! J’étais justement à ta recherche ! Je veux devenir un de tes compagnons et défendre les pauvres et la justice. Nous échangeâmes une belle poignée de patte.
Depuis lors, Petit Jean est devenu mon meilleur ami et l’inséparable compagnon de mille aventures. Et jamais plus je ne l’ai défié en duel !
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.107

Robin se défendit comme un beau diable, mais le colosse, qui s’appelait Petit Jean, l’envoya barboter dans la rivière. Cela n’empêcha pourtant pas les deux compères de devenir les meilleurs amis du monde.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.14

C’est un personnage jovial, d’humeur égale et qui a toujours le mot pour rire.

Robin des Bois n’était pas le seul à aimer se déguiser. Petit Jean le faisait également de temps à autres, pour jouer un tour à quelque riche fripouille. Un jour, Petit Jean paria avec Robin que lui aussi parviendrait à se faire passer pour un autre sans être reconnu.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.95

C’est aussi un homme honnête, épris de justice.

― Je vis à Nottingham, mais j’ai dû prendre la fuite. Le vilain rat pour qui je travaillais m’a accusé de fautes que je n’avais pas commises. J’ai réagi et j’ai été contraint de quitter la ville. Vous savez bien que je ne supporte pas la malhonnêteté, en particulier celle que pratiquent les puissants.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.106

Sa rencontre avec Robin des Bois diffère selon les versions, mais l’on retrouve souvent53 la scène du combat de bâton. Cette scène est récurrente mais avec des variantes : soit51 c’est Robin qui traverse la rivière sur un tronc d’arbre et Petit Jean qui le défie en s’interposant et en lui proposant un combat de bâton pour le laisser passer, soit55 c’est Petit Jean qui, traversant la rivière, se voit défier par Robin.

SDC10872 Mais, au moment de traverser une rivière sur un tronc d’arbre, il rencontra un véritable colosse. Celui-ci lui barrait le passage et le défiait avec un bâton.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.14-15

Là, en bas, sous eux, une espèce de colosse hirsute et barbu, vêtu d’une tunique de rude fourrure et armé d’un long gourdin ferré aux deux bouts, se dirigeait placidement vers l’étroite passerelle qui enjambait le pont. […]
― Battons-nous ici sur ce tronc d’arbre jusqu’à ce que l’un de nous tombe dans l’eau. Le vainqueur traversera à pied sec. […]
Les bâtons se choquaient, tournoyaient, se heurtaient, résonnaient sur les têtes, s’abattaient sur les bras, caressaient les reins, cinglaient les mollets.
Pierre Bubois, Robin des Bois, p.57, 59-60

Dans un roman56, il est présenté comme le chef des hors-la-loi avant l’arrivée de Robin des Bois. Dans un autre récit57, il s’agit d’un forgeron qui a combattu auprès de Richard en terre sainte et a été recueilli par les hors-la-loi.

― Je vous l’ai dit. J’ai combattu en Terre sainte aux côtés du roi, mais, surtout, j’ai été son armurier. Ce sont ces mains-là qui ont forgé l’arme du roi d’Angleterre. […]
― Mon nom est Jean Petit mais mon roi m’appelait toujours Petit Jean parce que je suis deux fois plus grand que lui. Faites-en autant, cela me fera chaque fois penser à lui.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.66-67

Le personnage de Frère Tuck est, quant à lui, absent des premières ballades. Sa première apparition date de 1475 dans une pièce de théâtre. C’est un homme d’église, un moine plus précisément  (concernant les liens entre la religion et Robin des Bois, veuillez vous référez au travail de Delphine Leloup). Ce personnage sera définitivement fixé dans le registre comique par Peacock. On retrouve chez Frère Tuck des caractéristiques propres aux personnages de Rabelais. Contrairement aux abbés riches et avares que pille Robin, le Frère Tuck est proche du peuple et s’oppose à cette église avide de pouvoir et d’argent. Au départ, Frère Tuck n’est pas un hors-la-loi, mais la tyrannie de l’église le pousse à rejoindre Robin afin de lui proposer son aide.

Enfin, Frère Tuck était un moine sympathique et courageux qui avait décidé de se joindre à la bande parce qu’il ne supportait plus de voir autour de lui les rats d’Église se laisser aller à des comportements peu « religieux ».

SDC10874
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.15

Robin s’était même attiré les services d’un bon gros moine, frère Tuck, qui disait la messe pour tout ce petit monde. Frère Tuck était un drôle de religieux, qui avait souvent une chanson gaillarde à la bouche et un verre de vin à la main.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p. 20-21

Frère Tuck est toujours représenté comme un gros bonhomme, enthousiaste, débonnaire, aimant boire et manger.

Je suis peut-être un pêcheur. Je sais que je bois trop, et mon tour de taille prouve que je m’adonne à l’un au moins des sept péchés capitaux, mais en comparaison de cette sorcière, je suis un ange, croyez-moi, un véritable ange.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.57

SDC10866Frère Tuck était très gourmand. À la fin du banquet, après avoir bien bu et pas mal mangé, il déclara :
― […] il faut rassembler cet argent rapidement. Robin, jusqu’au retour du roi Richard en Angleterre, je demande à rester ici.
Van Gool, Robin des Bois, p.19

SDC10835
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p. 96’

SDC10850
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 9

En plus d’être un homme d’église, Frère Tuck est aussi un redoutable guerrier qui, dans la forêt de Sherwood, entraine les hors-la-loi au combat.

Il s’installa une chapelle éclairée aux chandelles dans la caverne, sous la clairière, […]. S’il consacrait le dimanche aux soins des âmes, il passait tous les jours de la semaine à instruire les bannis du bon usage de l’épée, si bien que la forêt retentissait maintenant des cliquetis de l’acier contre l’acier et de l’hilarité communicative de frère Tuck.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.58-59

― Je suis moine, il est vrai, gronde-t-il. Mais je manie mieux l’épée et la hache que la lardoire.
― Frère Tuck est redoutable au combat, confirme Petit Jean.
― J’ai été soldat, dit Tuck. Et grâce à ce que j’ai appris sur les champs de bataille, je viens en aide aux opprimés.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.51

D’autres hors-la-loi complètent la bande de Robin.

Le chef des rebelles rit de bon cœur. Wallingford commence à reconnaître ses compagnons : un garçon aux cheveux roux, Will l’écarlate. Un géant surnommé Petit Jean par dérision. Frère Tuck, un moine qui manie l’épée aussi bien qu’un chevalier. Gervais le Silencieux, furtif comme un animal, capable de suivre une piste sur des lieues. Jonas, qui lance les trois haches pendues à sa ceinture aussi facilement que des poignards.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.72

Dans certains récits58, apparaissent Much ou encore Allan-a-Dale, un ménestrel.

Dans la majorité des récits59, il y a surtout deux hors-la-loi qui sont mentionnés : Will l’écarlate et Much, le fils du meunier.

Will l’écarlate, appelé aussi Will Scarlett60 ou Will Écarlate61 (Guillaume Scarlock dans la tradition anglaise), tient son nom de ses cheveux roux. Notons ici, que sa couleur de cheveux ne va pas déterminer le fait qu’il soit mauvais, bien au contraire.

Will l’écarlate était reconnaissable à son abondant pelage d’un roux flamboyant et à sa manière de s’agiter comme un lutin.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.14

Il devrait aussi  son nom à la couleur rouge qui orne son chapeau.

SDC10838 Willy l’écarlate, ainsi nommé parce qu’il portait, par tous les temps et en toute saison, une toque rouge ornée d’une plume de faisan […].
Giorda, Robin des Bois, p..8

Will est parfois62 présenté comme un ami d’enfance de Robin, parti en campagne et qui le retrouve lorsque celui-ci est déjà un rebelle. C’est en se battant, l’un contre l’autre, qu’ils se reconnaissent.

Depuis que je me trouve en face de toi, il m’est venu à l’esprit des souvenirs d’enfance, le regard de tes grands yeux bleus ne m’est pas inconnu ta voix me rappelle la voix  d’un ami, […]
― Will ! Will ! Le gentil Will Ecarlate !
― Oui.
― Et moi, je suis Robin des Bois.
― Robin, s’écria le jeune homme en tombant dans les bras de son ami ; ah ! Quel bonheur !
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p.12-13

Parfois63, c’est un ami d’enfance que Robin retrouve lorsqu’il revient de croisade et dans ce cas, c’est Will l’écarlate qui fait déjà partie des hors-la-loi.

Robin examine plus attentivement l’archer dont il a reconnu la voix moqueuse.
― Will ? Will l’Écarlate ? C’est toi ? S’exclame-t-il. Que fais-tu au milieu de ces bandits ?
― Ces bandits sont mes frères, dit Will en grattant ses cheveux roux qui lui valent son surnom. Ce sont des réprouvés comme moi. Nous avons dû nous réfugier dans la forêt pour échapper aux sbires du sheriff. […] Dans sa jeunesse, Robin a joué avec ces fils de paysans jusqu’à ce que son éducation de chevalier l’éloigne de Locksey.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.24-25

Dans un récit64, Will l’écarlate n’a aucun lien avec Robin mais il s’agit du chef des hors-la-loi qui se cachent dans la forêt. Il va, d’ailleurs, s’opposer à Robin lorsque celui-ci voudra s’attaquer au shérif. Il aurait préféré continuer à vivre en marge de la société sans s’attirer d’ennuis. Il apparaît dès lors comme plus âgé, mais surtout comme un homme faible.

Le bossu qui lui avait déjà adressé la parole s’approcha alors en clopinant.
― Je m’appelle Will Scarlett, dit-il en tendant la main. Vous êtes le bienvenu, Robin. Venez, nous allons vous emmener chez nous.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.23

C’était exactement ce que Will Scarlett avait toujours craint. Pendant des années, les bannis s’étaient terrés au plus profond de la forêt de Sherwood. […] ils ne constituaient un danger pour personne. Maintenant tout avait changé.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.43

On peut donc en induire qu’il s’agit d’un personnage important dans la légende de Robin des Bois mais trop peu déterminé et variant tellement selon les récits, il ne semble pas mobiliser une image particulière.

Much, lui aussi, fait partie de la bande. C’est le fils d’un meunier persécuté par le shérif et ses hommes qui brûleront son moulin et le mettront au cachot.

Much, le fils du meunier, regarda Robin et essuya ses dernières larmes.
― Vous êtes Robin des Bois, n’est-ce pas ? dit-il en posant ses grandes mains sur les épaules de Robin. Vous pouvez laisser le moulin comme il est, car j’ai moulu mon dernier sac de blé. Si je peux me rendre utile, si je peux faire bon usage de ma force, tout ce que je demande en échange, c’est de quoi me caler l’estomac, un coin sec où poser ma tête et, un jour ou l’autre, la possibilité de pendre le maudit sheriff de Nottingham pour ce qu’il a fait à mon père.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.61-62

Dès lors, Much décide de s’opposer au shérif et s’allie à Robin. Grâce à sa force et sa combativité, il entraine les rebelles au combat.

Much se révéla un professeur infatigable et patient. Il apprit aux bannis tout ce qu’il savait si bien que, en l’espace de quelques mois, tous furent aptes au combat.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.62

Reste un personnage à évoquer dans la bande de Robin des Bois, c’est celui de Marianne appelée parfois65 Marion (concernant la personnalité de Marianne voir le travail de Floriane Hoogewys). Ce personnage féminin n’apparaît que tardivement dans la légende, lorsque Robin devient un personnage de littérature courtoise (concernant l’évolution du personnage de Marianne voir le travail de Carlotta Da Silva).

Marianne est une aristocrate qui a toujours un lien avec Richard Cœur de Lion. Il s’agit parfois66 de sa nièce, de sa cousine…

Même au palais royal, à deux pas du Prince Jean, quelqu’un pense à lui avec tendresse : c’est Belle Marianne, la nièce du Roi Richard.
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.13

Il avait appris que lady Marianne, cousine du roi Richard Cœur de Lion, était rentrée de Londres, où elle vivait depuis quelques années.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.72

Seule, à l’autre bout de la table, une toute jeune fille restait silencieuse : c’était Marion, la fille du roi Richard, que Jean n’avait pas encore osé chasser.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.10

Fille d’un ancien compagnon de Richard tombé en guerre, recueillie, élevée par la famille aimante du Cœur de Lion, Marion s’était retrouvée, après le départ du tuteur en Terre sainte, seulette aux mains hypocrites et calculatrices de Jean qui, toutes minauderies et miel, machinait des projets de mariage afin de renforcer sa position.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.24

Dans une version67, Marianne est mise sous la tutelle du prince Jean suite à la mort de ses parents.

Pour comble de malheur, quand les parents de celle-ci étaient morts, lady Marianne avait reçu pour tuteur le prince Jean en personne.
Michel Piquemal, Robin des bois, p.23

Elle est toujours décrite comme très féminine, avec de longs cheveux blonds ou bruns et vêtue de belles robes.

Pâques%20050 Elle était vêtue d’une robe de soie et parée d’un collier étincelant. Much la reconnut tout de suite : c’était Marianne, la cousine du roi.
Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, p.14

SDC10852 Elle avait seize ans, elle était douce et belle ; ses grands yeux rêveurs semblaient dire :
― Si seulement ce Robin des Bois pouvait accomplir le miracle de nous débarrasser de tous ces traitres ! Oh, comme j’aimerais le connaître…
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 10 et 26

L’histoire de sa rencontre avec Robin varie. Dans certains récits68, elle le connaît depuis toujours mais les circonstances de leur rencontre ne sont pas expliquées.

Robin connaissait lady Marianne depuis qu’ils étaient souriceaux et il désirait terriblement la revoir, après tant d’années !
Geronimo Stilton, Robin des bois, p.72

Cependant, Robin était parfois très triste, car, depuis qu’il vivait en proscrit, il n’avait pas revu son amour d’enfance, la belle Marianne.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.23

Mais dans beaucoup d’autres69, Robin des Bois, alors que Marianne traverse la forêt de Sherwood pour se rendre à Londres, arrête son convoi afin de le piller.

SDC10877― Eh bien, shérif, que se passe-t-il ?
Mais le shérif avait l’épée de Robin sur la gorge. Il réussit à dire :
― Madame, c’est une attaque de bandit !
Puis il ajouta piteusement :
― Et nous avons le dessous. Nous sommes obligés de nous rendre !
Giorda, Robin des Bois, p. 13-19

SDC10879 Mais derrière elle, à son insu, une ombre tendait la main…
Marianne poussa un cri. Son collier avait disparu !
Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, p. 17

L’écuyer écarte une tenture de velours. À l’intérieur du véhicule, deux jeunes filles d’une grande beauté sont assises. L’une, blonde et frêle, tremble de frayeur. L’autre, brune aux yeux bleus, dévisage les rebelles avec mépris.
― Nobles damoiselles, rassurez-vous, vous n’avez rien à craindre, leur assure Robin.
― Rien à craindre, vraiment ? s’exclame la brune. Je n’en dirais pas autant de vous : […] En vous attaquant à nous, c’est au roi que vous avez livré bataille.
Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, p.105-106

Marianne, même si elle est fiancée à Robin des Bois, est souvent70 courtisée par Guy de Gisbourne, voire même par le Prince Jean71.

SDC10881 Cachés derrières les buissons, ils virent passer et repasser le seigneur de Gisbourne, accompagné de Marianne.
― Lady Marianne, ce Robin vous a laissée tomber. Je vous offre ma vie et mon cœur, prenez-les !
― Messire, je vous suis bien obligée de toutes vos bontés. Mais je vous l’ai dit une fois, je vous le redirai toujours, mon cœur est à Robin. Je l’attends : il saura me faire un signe.
[…]
― Ma belle enfant, déclara, exaspéré, son père à lady Marianne, il ne se passe pas de jour sans que messire Guy ne vienne jusqu’ici pour demander votre main. Dois-je toujours lui répondre non ?
― Il n’y a pas d’autre réponse possible, mon père.
Van Gool, Robin des Bois, p. 16-25

Or, celui-ci voulait la marier à un seigneur que Robin détestait : Guy de Gisbourne.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.23           

― Ma parole, s’écria le régent. Non seulement notre homme est galant, mais de plus il est amoureux… Décidément, ce diable d’homme a la manie de venir se mettre en travers de mes projets !
Et comme le shérif le regardait sans comprendre, il ajouta :
― Puisque Marianne était persuadée que son cher tuteur, Richard Cœur de Lion, était bel et bien mort, il était logique qu’elle me demande aide et protection. C’est pourquoi elle est venue jusqu’ici. La voilà désormais en mon pouvoir ! N’est-ce pas bien joué ? Et moi, qui ne suis pas son parrain, je pourrai l’épouser. D’ailleurs, l’évêque d’Hereford a été mandé par mes soins.
Giorda, Robin des Bois, p. 29

Dans beaucoup de versions72, Marianne voulant aider Robin dans sa rébellion, tentera, souvent avec succès, de lui envoyer des messages et de servir d’espion infiltré dans le château. Ainsi, elle aidera Robin à déjouer les pièges de ses ennemis.

― Si un petit page n’était pas venu nous prévenir cette nuit, nous serions arrivés trop tard…
― Quel petit page ? s’étonna Robin.
― Le voici justement ! fit son compagnon en montrant un jeune homme qui venait à leur rencontre.
L’inconnu alors se découvrit, c’était la belle Marion.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.19

Marianne comprit alors le terrible rôle d’appât qu’on lui avait fait jouer et se mit à haïr son tuteur. Elle décida de tout faire pour délivrer celui qu’elle aimait. En grand secret, elle alla dire à ses amis le jour et l’heure où Robin devait être pendu. […] Désormais, Marianne profita de sa présence à la cour pour espionner les félonies du prince Jean.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.28-34

Il arrive73 que Marianne soit présentée comme une demoiselle en détresse, emprisonnée dans le château et attendant que Robin des Bois lui vienne en aide et la sauve.

SDC10883 Heureusement, Robin a eu le temps d’attraper Belle Marianne par la taille. Il s’élance avec elle, accroché à une corde…
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.25

Ensuite, obéissant aux ordres de ce rat perfide, ils se précipitèrent au château de lady Marianne et enlevèrent la gente dame !  […] Quand les ravisseurs trouvèrent le chemin barré, ils regardèrent autour d’eux, très étonnés.
― Qu’est-ce qui se passe ?
Ils n’avaient pas fini de s’interroger quand Robin et ses compagnons surgirent, leurs arcs pointés sur eux. […] Les soldats, se souvenant des leçons que Robin leur avait par le passé infligées, décidèrent de s’enfuir, laissant là lady Marianne.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.76-78

Pourtant, l’image de Marianne en jeune fille en détresse est toute aussi présente74 que celle d’une Marianne guerrière, prenant part au combat, vêtue de vert et détentrice d’un arc.

SDC10861 ― Vite, mes amis ! Le Chevalier Noir nous appelle ! Viens aussi, Marianne, nous avons besoin de toutes nos forces contre les hommes du prince Jean.
Robin et les autres galopèrent à travers la forêt. Ils tombèrent à bras raccourcis sur les hommes d’armes du prince Jean. C’était à qui taillerait et découperait le plus d’ennemis. La belle Marianne, elle-même, n’était pas en reste.
Van Gool, Robin des Bois,p.28-57

SDC10836
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p.128’

Lady Marianne vient vivre dans la forêt avec Robin des Bois et les hors-la-loi, soignant les blessés, faisant école aux plus jeunes et aidant les femmes à la cuisine.

Étant la seule, parmi les bannis, à posséder des pouvoirs de guérisseuse, elle emmena le père de Robin à l’écart, lui lava les yeux et les pansa.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.41

Au retour de ces coups de main, Robin rentrait au camp, heureux d’y retrouver Marion dans une cabane riante et fleurie construite en espalier dans la vaste ramure du chêne. Elle rattachait les plaquettes d’acier à l’adoubement arraché, ravaudait les bas de chausses, tannait, cousait des vêtures automnales, chantonnait autour du feu avec les autres compagnes.
― Le confort du château ne te manque-t-il point ? lui demandait parfois le vert archer.
― Je ne connais pas de couche plus douce, répondait-elle en caressant la mousse, mais montrez-moi donc cette vilaine bosse que vous vous êtes encore faite !
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.111

Une des versions75 raconte la mort de Marianne au combat.

SDC10928 La flèche de cet homme atteignit son but, mais trop tard car sir William avait tiré sur Marianne avant de mourir de la main de Robin des Bois.
― Lady Marianne a été frappée ! Mortellement frappée !
[…]
― Cher Robin, murmura Marianne, je désire être enterrée sous l’arbre du Rendez-vous… Je désire que ma tombe soit couverte de fleurs…
― Oui, ma très chère Marianne, oui, mon doux ange, tu dormiras sous un tapis de verdure embaumée, et quand ma dernière heure sera venue, je l’appelle de tous mes vœux, je demanderai une place auprès de toi à celui qui me fermera les yeux.
― Merci, mon bien-aimé ; le dernier battement de mon cœur est pour toi et je meurs heureuse, puisque je meurs dans tes bras. Adieu, ad…
Alexandre Dumas, Robin des Bois, p.136-140

Mais dans la plupart des récits76, elle se marie avec Robin, la bénédiction ayant été accordée par le roi Richard de retour en Angleterre. Il arrive aussi77 que de cette union naisse un enfant.

SDC10845 Robin, rassemblant son courage, déclara, d’un trait, au roi :
― Je voudrais vous demander, sire, de m’accorder la main de votre cousine, lady Marianne. Depuis quelque temps en effet, elle vit avec moi dans la forêt et elle est ma fiancée.
Le roi Richard, en guise de réponse, rit de bon cœur et serra dans ses bras Robin et Marianne.
― Robin, non seulement je suis heureux de consentir à ce mariage, mais je veux accompagner moi-même la mariée jusqu’à l’autel le jour des noces !
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.213-214, 217

SDC10885― Sire, nous souhaiterions que vous prononciez pour Robin et moi la bénédiction du mariage. Seul, vous étiez en droit de le faire : nous vous avons donc attendu !
Richard rit de bon cœur et s’exécuta aussitôt.
Van Gool, Robin des Bois, p. 60

― Sire, je vous remercie, mais je ne suis pas fait pour vivre à la cour. Ma demeure, c’est la forêt. Sherwood est le plus beau et le plus vaste des châteaux ; à propos…
― À Propos ? dit Richard en souriant.
― Eh bien, ce château attend sa châtelaine… Sire, je vous demande la main de votre fille, Marion.
― Je te l’accorde, Robin, comte de Locksey, et j’en suis très heureux.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.27

Je suis Marion, la mère de notre enfant et ta compagne dans la vie. […] Demain, je repars pour Sherwood et j’emmène petit Martin avec moi.
Michael Mopurgo, Robin des Bois, p. 127

2.2.2.3 Les ennemis de Robin des Bois

Robin  a trois principaux ennemis : le prince Jean, le shérif de Nottingham et sir Guy de Gisbourne.

Le prince Jean est le régent du roi Richard Cœur de Lion, parti en croisade. Il est l’image même du mauvais seigneur, en opposition avec celle du bon seigneur représenté par le roi Richard. Le prince Jean est un homme malveillant, méchant, avare, prêt à tout pour avoir plus de pouvoir et plus d’argent.

Il y a de cela fort longtemps, Richard Cœur de Lion montait sur le trône d’Angleterre. C’était un homme bon et juste, qui avait su gagner la confiance et l’estime de ses sujets. Hélas ! Il n’eut guère le temps de régner, car il lui fallut presque aussitôt partir en croisade. Dès qu’il ne fut plus là, son frère, Jean sans Terre, s’empara du pouvoir. Ce prince Jean était un homme terrible, à la fois cupide et cruel.
Van Gool, Robin des Bois, p.7

Pendant son absence, son frère Jean fut chargé de gouverner le royaume. Mais le prince Jean était malveillant et avare.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.6

Autant Richard était courageux et aimé de son peuple, autant Jean était injuste et cupide, détesté par ses sujets.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.12

SDC10892 Pendant ce temps, Robin s’est glissé dans la chambre du tyran. Celui-ci dort profondément, entouré de sa fortune.
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.34

Le prince Jean opprime le peuple d’Angleterre et impose de nouvelles lois et de nouvelles taxes pour amasser plus d’argent.

L’ambitieux Jean sans Terre, profitant de l’absence de son frère le roi Richard parti aux croisades, faisant fi des édits du conseil de Régence, s’était emparé du pouvoir et, appuyé par les seigneurs normands, rançonnait les pauvres gens jusqu’au dernier sou.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.8

Tous les jours, avec son shérif, il inventait de nouvelles taxes, tandis que le peuple mourait de faim. Pour survivre, les paysans se mirent à chasser sur les terres des seigneurs. Mais le prince Jean fit une loi punissant de mort tout braconnier.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.11

Le temps passant, les cruels abus du prince Jean furent de plus en plus insupportables. Les impôts augmentèrent, la nourriture se fit rare et les pauvres devinrent encore plus pauvres.
Geronimo Stilton, Robin des Bois,p.12

Il est tellement avide de pouvoir qu’il laisse son propre frère aux mains du Duc d’Autriche, en refusant de payer la rançon exigée.

Le peuple souhaitait le retour du roi Richard. Il ignorait qu’en revenant de croisade celui-ci avait été fait prisonnier par des ennemis qui réclamaient une forte somme d’argent. Le prince Jean, lui, le savait. Mais, plutôt que de payer cette rançon, il gardait tout l’or pour lui, espérant que son frère finirait par mourir en prison.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p. 8

― Vous savez tous que Richard est retenu prisonnier par le duc Léopold d’Autiche et que celui-ci réclame pour sa libération la somme énorme de 100 000 livres…
Un sourd grondement de colère accueille ces deniers mots.
― Il faut faire vite ! Le roi Richard s’impatiente, d’autant plus que son frère Jean sans Terre lui vole ses domaines et ses biens.
Anie Politzer, Robin des Bois,p.11-12

― Écoutez, j’ai de mauvaises nouvelles du roi Richard. En revenant de croisade, il s’est fait prendre en Autriche. Il ne sera libéré que contre rançon. Il faut rassembler cet argent rapidement.
Van gool, Robin des Bois, p.19

Dans certaines versions78, il renvoie même le régent désigné par Richard afin de prendre sa place.

― À vous, Altesse ? Le roi n’a-t-il pas, lors de son départ, désigné Longchamp comme régent, protesta l’archer soudainement livide.
― J’ai chassé le régent ! C’est moi le régent du royaume ! gronda Jean, frappant sa poitrine d’un index rageur.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.31

Comme tous les mauvais seigneurs, sa fin n’est pas glorieuse.
Quant à Jean le traître, pris de panique, il ne trouva pas d’autre issue que de s’enfuir lâchement.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 24

Le bon roi Richard bannit alors son frère félon, ainsi que le shérif du royaume d’Angleterre.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.42

SDC10895Toute leur vie durant, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, le Prince et ses complices, en costume de bagnard, devront casser des pierres du matin jusqu’au soir. Bien fait pour eux !
Walt Disney Company, Robin des Bois, p. 44-45

Le prince Jean est entouré de sénéchaux félons, qui sont principalement le shérif de Nottingham et le seigneur Guy de Guisbourne.

Heureux d’être débarrassé de son frère, il avait rassemblé autour de lui une cour d’amis et de sujets qui étaient tous aussi mauvais que lui. Ainsi, le seigneur Guy de Gisbourne, dont la suffisance et l’impatience n’avaient d’égal que l’orgueil et l’arrogance. Ou encore le shériff de Nottingham, un gros homme mou et veule.
Van gool, Robin des Bois, p.7

Le shérif de Nottingham est présent dès les premières ballades. À partir du XIVe siècle, le shérif « est le représentant omniprésent du pouvoir central »79, c’est lui qui récolte les impôts, qui rend la justice et qui représente le roi ou le régent dans les contrées loin de Londres.

SDC10902 Il décide de se venger et ordonne au shérif d’arrêter Frère Tuck. Le brave moine n’a rien fait, mais tout le monde sait qu’il est l’ami de Robin.
― Où se cache-t-il ? lui demande le Shérif. Avoue, tu seras libre… Mais le bon frère préfère se taire et rester en prison.
Walt Disney Company, Robin des Bois, p.28-29

C’est un homme cruel aussi avide de pouvoir et d’argent que le prince Jean.
Avec son fidèle et cruel serviteur, le shérif de Nottingham, ils ruinèrent le pays.
Michel Piquemal, Robin des Bois, p.6
Le shérif est l’ennemi juré de Robin des Bois.

Il y en avait tout particulièrement un qui voulait se débarrasser de lui, c’était le baron Fitz Alwine, Shérif de Nottingham.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.14

Le gros shériff ne cessait de se plaindre des exploits de Robin des Bois.
Van gool, Robin des Bois, p. 8

Il est souvent80 décrit ou représenté comme quelqu’un de gros, mou et d’assez laid avec des traits durs. Il est prétentieux, faible et lâche.

Le sheriff de Nottingham, trop mou, trop fat, laissait aller les choses, s’occupant plus de bonne chère que de représailles…
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.9

SDC10897― Prince Jean, il faut attirer le Chevalier Noir dans un piège ! suggéra le shérif.
― Pour une fois, vous n’avez pas tort. Voilà ce que je vous propose : organisez un grand tournoi à Nottingham.
Van gool, Robin des Bois, p.42-43

SDC10900 Le shérif, satisfait, s’éloigna du palais. Mais comme c’était un lâche et un faible, il décida de ne pas attaquer de front le château de sir Richard et préféra tendre une embuscade à l’extérieur.
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.187-188

Guy de Gisbourne est l’autre compagnon du prince Jean. Comme le shérif de Nottingham, c’est un homme orgueilleux, méchant, avare, fourbe et sans aucune pitié. Il est prêt à tout pour arriver à ses fins.

Mais pour le shérif lui-même et sire Guy de Gisbourne, son acolyte et comparse en cruautés, […], c’était un outrage, une rébellion qu’il fallait réprimer sans pitié avant que ses répercussions ne les engloutissent tous.
Michael Morpurgo, Robin des Bois, p.43-44

Il avait un favori : un seigneur cruel et violent nommé Guy de Guisbourne, qui, un matin, entra dans la forêt de Sherwood accompagné d’une troupe de cavaliers.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p. 4

Un après-midi, Guy de Gisbourne, un de ses proches amis, lui rendit visite. C’était un rat très prétentieux, qui se vantait toujours de son pouvoir et de ses victoires extraordinaires.
― Je n’ai peur de rien ni de personne ! dit-il, se pavanant. S’il m’arrivait de rencontrer ce Robin des Bois, je ne le laisserais pas m’échapper ! Je le capturerais et je lui infligerais les châtiments qu’il mérite !
Geronimo Stilton, Robin des Bois, p.140

En tête, chevauchait Sir Guy de Gisbourne, le vil Normand dont le seul nom jetait crainte et rage au cœur du bon peuple saxon.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.8

Il est, le plus souvent81, représenté comme quelqu’un de gros, de petite taille, les cheveux roux, les traits droits et le regard mauvais.

SDC10904 Guisbourne proposa alors, avec un sourire mauvais :
― Organisons un concours de tir à l’arc, Robin ne pourra résister au plaisir de montrer au grand jour son adresse légendaire. […]
En voyant le sourire satisfait de l’infâme Guisbourne, la jeune fille comprit tout.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.13-16-17

Jean sans Terre, épée-sang, torche-cendre, régnait, flanqué du favori Sir de Guisbourne à l’altière beauté : nez droit, traits droits, dos droit, profil droit, mais âme forte, qui fol de grande puissance venait conquérir les chênes de Sherwood qui, disait-on, donnaient refuge et muraille à quelques insoumis.
Pierre Dubois, Robin des Bois, p.8-9

Il est aussi l’ennemi personnel de Robin des Bois quand dans certains récits82, il courtise Marianne et souhaite l’épouser.

Pour que la justice l’emporte, le shérif et Guy de Gisbourne doivent mourir83 ou en tout cas, doivent connaître une fin cruelle84, à l’image des actes qu’ils ont commis.

Le shérif poussa un cri de panique, fit demi-tour et s’enfuit. Au passage, Much lui fit un croche-pied. Le shérif dégringola l’escalier jusqu’aux oubliettes en hurlant. Petit Jean claqua la porte, et Will l’Ecarlate fit tourner la clé.
Rob Lloyd Jones, Robin des Bois,p.58-59

― Guy de Gisbourne, il me semble que vous importunez lady Marianne de vos avances depuis trop longtemps.
― Robin des Bois, traître à notre prince, je n’ai guère de leçon à recevoir de vous.
Ayant ainsi fait amplement connaissance, ils se jetèrent l’un sur l’autre sauvagement. Mais Robin, lui, aimait et était aimé. C’est probablement pour cela que, de longues heures plus tard, il finit par clouer pour de bon son ennemi au sol.
Van gool, Robin des Bois, p.57

Guisbourne se battit longuement avec Robin et finit par tomber au fond des douves en soulevant une grande gerbe d’eau.
Marlène Jobert, Robin des Bois, p.24

Conclusion

La trame de l'histoire de Robin des Bois est toujours la même : Robin est un hors-la-loi qui vit, caché avec sa bande, dans la forêt de Sherwood. Le prince Jean, régent du royaume en l'absence du roi Richard, et le shérif de Nottingham oppriment le peuple et le taxent sans vergogne. Face à cette injustice, Robin et ses comparses vont voler les riches pour redistribuer l'argent aux pauvres. Quelle que soit la tranche d'âge ciblée, tous les récits s'articulent autour de cet axe fondateur. Cependant, plus l'âge du lecteur avance, plus la trame va se nuancer, se développer et se densifier. Le récit va s'enrichir, de nouveaux petits évènements annexes qui apparaissent et le dynamisent, des personnages, pourtant souvent secondaires, vont prendre de l'importance et apporter un éclairage différent à l'histoire.

Le personnage de Robin est chaque fois plus travaillé, plus approfondi et ce, sur tous les plans : sa jeunesse, son bannissement, sa vie dans la forêt et les embuscades, son amitié avec ses hors-la-loi, ses liens avec le roi Richard et avec Marianne et, surtout, sa relation avec le shérif de Nottingham.

Mais la permanence des éléments clés du récit et des caractéristiques principales des personnages expliquent que, dans l'imaginaire collectif,  évoquer le personnage de Robin des Bois renvoie directement et sans aucune hésitation au justicier (concernant la figure du justicier voir le travail de Julien Bauduin) vivant dans la forêt et osant défier le pouvoir.

Nul doute que dans les écoles, les enfants n'ont eu aucun mal à comprendre l'objectif du décret Robin des Bois de la Communauté Française : prendre de l'argent aux écoles riches pour le redistribuer aux écoles pauvres !

Notes

1 Marc Soriano, Guide de littérature pour la jeunesse, Paris, Delagrave, 2002, p.302
2 Ibid. p.302
3 Ibid. p.302
4 Christian Chelebourg et Francis Marcoin, La littérature de jeunesse,  Paris, Arman colin (col. 128), 2007, p.12
5 Récits présentés comme véridiques inséré dans un discours pour en démontrer la valeur salutaire ou la valeur juridique, Wikipédia
6 Ibid., p.12
7 Ibid., p.17
8 Isabelle Nières-Chevrel, Introduction à la littérature de jeunesse, Paris, Didier jeunesse (col. Passeurs d’histoires), 2009, p. 32
9 Christian Chelebourg et Francis Marcoin, op cit., p.24
10 Recueil imprimé d’illustrations, de documents iconographiques, Le nouveau Petit Robert de la langue française, 2008
11 Isabelle Nières-Chevrel, op cit., p.40
12Cécile Boulaire,  Le Moyen-âge dans la littérature pour enfants, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002
13 Ibid., p.14
14 Ibid., p.24
15 Ibid., p.24
16 Ibid. p.28
17 Ibid. p.31
18 Chrétien de Troyes, v. 1135-v. 1183, poète français. Auteur de romans de chevalerie où mythe et folklore s’unissent admirablement pour former des récits de quête, il est l’initiateur de la littérature courtoise en France : Érec et Énide, Cligès, Lancelot ou le chevalier à la charrette, Yvain ou le chevalier au lion, Perceval ou le conte du Graal.  Le petit Larousse, 1998
19 Cécile Boulaire, op cit., p.31
20 Ibid. p.35
21 Ibid. p.38
22 Ibid. p.45
23 Ibid. p.49
24 Ibid. p.49
25 Personnage issu du cycle arthurien, c’est un des chevaliers de la table ronde.
26 Ibid. p.56
27 Ibid. p.59
28 Michel Pastoureau, « rouge, jaune et gaucher. Notes sur l’iconographie médiévale de Judas », couleur, image, symboles, Le Léopard d’or, 1989 (p.69) cité par Cécile Boulaire, Op. Cit. p.61
29 Cécile Boulaire, Op Cit. p.68
30 Ibid. p.75
31 Ibid. p.75
32 Champ clos où se déroulaient des joutes, des tournois. Le nouveau Petit Robert de la langue française 200
33 Ibid. p.47
34 children’s and the audience of Robin Hood, B. A. Brockman, South Atlantic review, vol.48, no. 2 (mai, 1983, pp.67-83
35 http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Pyle
36 « In1884, Harper’s Weekly, told its American readers they should not be suprised to learn that the British saterday Review had placed Pyle’s Robin Hood « among the most beautiful [book] of the year »… » Jill May, « Robin Hood’s home away from home : Howard Pyle and his art sudents », dans Lois Potter et Joshua Calhoun, Images of Robin Hood: medieval to modern, Cranbury, Associated University Presse, 2008
37 Roman à 4 sous,  Robert et Collins, 2000
38 Jill May, op cit. p.150
39 Marlène Jobert, Robin des Bois, Issy-les-molineaux, Éditions Atlas, 2010 ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, Londres, Usbourne, 2011 ; Van gool, Robin des Bois, Paris, Piccolia, 2000 ; Walt Disney Company, Robin des Bois, Paris, Disney hachette édition, 1994
40 Laurence Richer, « Robin des Bois »,  Dictionnaire des mythes littéraires, Pr Brunel (dir.), ???, Editions du Rocher, 1988, p.1224-1225
41Pierre Dubois, Robin des Bois, Tournais, Casterman, 1997 ; Alexandre Dumas, Robin des Bois, Chevron, éditions Hemma, 2001 ; Giorda, Robin des Bois, Paris, Hatier parascolaire, 2004 ; Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ; Michel Piquemal, Robin des Bois, Paris, Albin Michel jeunesse, 2004 ; Anie Politzer, Robin des Bois, Nantes, Gulf Stream éditeur, 2006 ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, Paris,Albin michel jeunesse, 2011 ; Walt Disney Company, Robin des Bois, op cit.
42 Michael Cadnum, à la poursuite de robin des Bois, Paris, Flammarion, 2007 ; Michael Morpurgo, Robin des Bois, Paris, Gallimard jeunesse, 2010 ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, Montrouge, Bayard jeunesse, 2010
43 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit.;Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit.
44 Morpurgo, Michael, Robin des Bois, op cit.
45 Morpurgo, Michael, Robin des Bois, op cit.
46 Ibid. p.1
47 Van gool, Robin des Bois, op cit.
48 Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit. ; Michael Morpurgo, Robin des Bois,op cit. ;Van gool, Robin des Bois, op cit.
49 Merle, Claude, Robin des Bois : Héros de légende, op cit.
50 Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit
51 Rodney H. Hilton, Robin des Bois a-t-il existé ?, les collections de l’Histoire, 36 (2007), p.35
52 Delphine Bournay, Grignotin des Bois et Mentalo de la Vega, Paris, école des loisirs, 2007 ; Giorda, Robin des Bois, op cit.
53 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit.
54 Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit.
55 Pierre Dubois, Robin des Bois,op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit.
56 Claude Merle, Robin de Bois : Héros de légende, op cit.
57 Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit.
58 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ;Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ;Claude Merle, Robin des Bois : Héros, op cit. ; Michael Moprugo, Robin des Bois, op cit. ; Anie Politzer, Robin des Bois, op cit ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
59 Michael Cadnum, à la poursuite de Robin des Bois, op cit. ; Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit. ; Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
60 Michael Morpurgo, Robin des Bois
61 Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit.
62 Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit.
63 Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit.
64 Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit.
65 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit ; Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit.
66 Pierre Dubois, Robin des bois, op cit. ; Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ;Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Walt Disney Company, Robin des Bois, op cit.
67 Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit.
68 Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit. ;Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
69 Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit.
70 Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit
71 Giorda, Robin des Bois, op cit.
72 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
73  Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Walt Disney Company, Robin des Bois, op cit.
74 Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois,op cit.
75 Alexandre Dumas, Robin des Bois, op cit.
76 Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Giorda, Robin des Bois, op cit. ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit. ; Walt Disney Company, Robin des bois, op cit.
77 Michael Morpurgo, Robin des Bois, op cit.
78 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit.
79 Rodney H. Hilton, « Robin des Bois a-t-il existé ? », Les collections de l’Histoire, 36 (2007), p.37
80 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Rob Lloyd Jones, Robin des Bois, op cit. ; Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit. ; Walt Disney Company, Robin des Bois, op cit.
81 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ;Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Geronimo Stilton, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
82 Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des bois, op cit. 
83 Pierre Dubois, Robin des Bois, op cit. ; Van gool, Robin des Bois, op cit.
84 Marlène Jobert, Robin des Bois, op cit. ; Claude Merle, Robin des Bois : Héros de légende, op cit. ; Michel Piquemal, Robin des Bois, op cit. ; Walt Disney Company, Robin des Bois, op cit.

Références bibliographiques

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