Les manifestations du religieux dans la Geste of Robin Hood

Delphine Leloup

 

Table des matières

Introduction
1. Historique de la religion dans l'Angleterre médiévale
2. Relevé des éléments du religieux dans différents textes de la tradition anglaise de Robin Hood
2.1 Robin Hood and the poor knight
2.1.1 Résumé de la ballade
2.1.2 Analyse
2.2 How John tricks the sheriff
2.2.1 Résumé de la ballade
2.2.2 Analyse
2.3 How Robin Hood was repaid his loan
2.3.1 Résumé de la ballade
2.3.2 Analyse
2.4 Robin Hood and the Golden Arrow
2.4.1 Résumé de la ballade
2.4.2 Analyse
2.5 Robin Hood kills the sheriff
2.6 Robin Hood goes to London
2.6.1 Résumé de la ballade
2.6.2 Analyse
2.7 The death of Robin Hood
2.7.1 Résumé de la ballade
2.7.2 Analyse
Conclusion

Étude

Introduction

Lorsque nous pensons au célèbre Robin des Bois, c'est le plus souvent sous les traits du goupil justicier de Walt Disney que nous l'imaginons. Pourtant, derrière ce grand classique du cinéma enfantin se cache une œuvre littéraire aux sources bien plus obscures.

Défini tour à tour comme un archer talentueux et un homme investi des valeurs de respect et de noblesse médiévales, Robin est également un éternel révolté, n'hésitant pas à combattre l'inégalité et immoralité jusqu'à mettre en danger sa propre vie et à encourir la proscription.

Revêtu des haillons du pauvre mais possédant la grandeur d'âme du héros, il s'est retiré d'un monde trop matérialiste pour lui préférer une sorte de famille d'élection (les « Merry men »), soudée dans le rejet et le bannissement.

Si les premières ballades médiévales anglaises le citant le dépeignent comme un homme extrêmement cruel et belliqueux, ses traits semblent s'adoucir au fur et à mesure que se tisse sa légende. Il devient bon, empathique, à l'écoute des honnêtes gens et de leurs afflictions, tandis que s'effacent ses défauts, fleurissent ses vertus.

En dépit du fait que sa compassion à l'égard des autres figure clairement un idéal chrétien, la question de la foi de ce hors-la-loi ou sa position relativement à l'Église ne furent jamais abordées. Pourtant, nombreuses sont les allusions religieuses dans la Geste of Robyn Hode que nous étudierons. Sachant cela, il nous est permis de nous poser certaines questions :

  • En quoi la religion représente-t-elle Robin des Bois ?
  • La foi de ce héros se raccorde-t-elle uniquement à la religion monothéiste chrétienne ou est-elle un composite de plusieurs dogmes ?
  • En quoi pourrions-nous assimiler Robin Hood au paganisme ?

Nous tenterons de répondre tour à tour aux divers éléments de cette problématique par le biais d'un bref historique des coutumes religieuses en Angleterre ainsi que par une analyse plus approfondie de textes relatant les exploits de Robin des Bois. Nous en tirerons les passages mettant en évidence les célébrations ayant attrait à la religion. La conclusion consistera en un récapitulatif des différents chapitres du travail.

1. Historique de la religion dans l'Angleterre médiévale

Que nous soyons agnostiques, athées militants ou encore croyants convaincus, la religion s'est un jour imposée à nous et tous y avons été confrontés, en légataires d'une société fondée sur bon nombre de principes chrétiens. Bien que de nombreux états d'Europe, aient opté pour une séparation de l'Église et de l'État, la Grande-Bretagne n'a, elle, jamais envisagé de réelle scission entre ces deux institutions. A contrario, elle revendique avec force cris l'anglicanisme comme religion d'état. Comment s'y succédèrent les religions ? Ce bref historique va nous aider à répondre à cette interrogation...

Les premières traces de célébrations religieuses dans le Royaume-Uni apparaissent dès l'Antiquité, vers le Ve siècle ACN, lorsque les Cambriens et les Logriens, des peuples gaulois, immigrèrent vers les îles britanniques, emportant avec eux leur langue celte et leur culte païen et polythéiste. Émile Lefranc qualifie leurs célébrations de « rites grossiers et de barbares superstitions »1 et ajoute qu'ils « avaient pour ministres des druides qu'on retrouvait encore dans les forêts des Gaules »2.Leurs célébrations religieuses étaient, entre autres, constituées de sacrifices humains et d'invocations à la nature et le mode de transmission de leur savoir était uniquement oral.

L'occupation des îles britanniques débuta au Ier siècle ACN par les troupes romaines et se poursuivit encore sous les règnes de Claude (41-54PCN) et de Néron (64-68 PCN). Hormis cette méfiance à l'égard des Celtes, il était de notoriété publique que le peuple romain était très permissif quant aux cultes des étrangers et qu'il était tout prêt à adopter d'autres divinités en plus des siennes.3 Un collège sacerdotal avait pour fonction de veiller à la bonne marche des rites non-romains et un autre veillait, lui, à ce que soient respectés l'empereur et la déesse Rome. Croyances celtes et romaines se côtoyèrent donc jusqu'au Ve siècle PCN.

Vers 450, trois navires germains, guidés par deux frères saxons, accostèrent le long des côtes britanniques et débarquèrent un millier et demi d'hommes qui allaient constituer une colonie dans la région anciennement occupée par les Romains (et que ces derniers avaient abandonnée quelque 40 ans plus tôt). Ces saxons, nouvellement arrivés, entretenaient un culte païen et nordique ressemblant en certains points au druidisme (respect et invocation de la nature, créations de lieux de cultes sacrés, sacrifices humains...). Ils construisaient des temples, louaient des idoles et des dieux dont les noms transparaissent encore aujourd'hui dans les noms de la semaine (Sunday (hommage au soleil), Monday (venant de « moon », hommage à la lune). Ils vénéraient également leurs ancêtres, créateurs de la lignée des Saxons (Woden et Friga) ainsi que deux divinités féminines : Rheda et Eostre, L'arrivée des Saxons sur le territoire de la future Grande-Bretagne coïncida, à 20 années près, au début de l'évangélisation de l'Irlande par saint Patrick.

Ainsi, les cultes saxons et druidiques eurent à subir l'influence d'une première vague de christianisation (datant de 444). Miranda Jane Green, maître de conférences à l'Université du Pays de Galles,écrit ceci dans son livre Mythes celtiques :

Il n'existe pas de démarcation nette entre la fin du paganisme et le début du christianisme dans l'Europe celtique. Les anciens dieux persistèrent longtemps, mais au cours du IVe siècle ap. J.-C. le monde romain adopta le christianisme comme religion d'État et, en Grande-Bretagne et en Irlande, où il semble admis que les traditions celtiques se maintinrent plus tardivement, l'Église celtique fut établie au Ve siècle ap. J.-C. 4

À la fin du VIe siècle, le Pape chrétien, Constantin Ier, envoya un de ses hommes, Augustin de Cantorbéry, en mission d'évangélisation en Angleterre. Accompagné d'une quarantaine de moines, il parvint à ramener les Anglo-Saxons au christianisme. La même initiative sera prise, à la suite de celle-ci, par divers peuples dans les différents duchés d'Angleterre. Le christianisme, une fois installé en Grande-Bretagne, ne générait plus que de faibles différences entre certains peuples (par exemple, certains étaient partisans de l'arianisme5 et d'autres, de la Trinité telle que nous la connaissons dans le culte catholique d'aujourd'hui). Plus tard, le mouvement sera divisé entre les ariens dits « rigides » et les semi-ariens plus intéressés par la vision catholique » du concept de Trinité.

À la fin de ce même siècle, le Roi du Kent, Æthelbert, ayant épousé une princesse chrétienne, se convertit lui-même à cette religion.

Le VIIe siècle sera important pour la propagation de la chrétienté car un calendrier des fêtes religieuses chrétiennes et des récoltes fut établi. De nombreux monastères furent érigés par les croyants pour honorer leur dieu.6

Au Xe siècle, la congrégation des Frères Bénédictins s'installa en Angleterre et eut un rôle prépondérant dans la vie sociale, religieuse et économique du pays. Ces moines firent grande impression au peuple anglais qui voyait en eux un modèle de discipline et de vertu. On suppose que le même siècle vit le transfert de certains monastères sous le commandement d'un clergé séculaire. Bientôt, en plus des règles bénédictines, on eut affaire à une religion commune à toutes les régions d'Angleterre, une religion uniformisée.7

Entre 1000 et 1350, le clergé était au centre de toutes les préoccupations et jouait un rôle important dans la justice, l'administration mais aussi la politique. Il devait assurer au peuple certaines grandes grâces (comme le pardon des péchés, et le salut des âmes égarées) mais, devait également procéder aux rituels du baptême, du mariage et, finalement, de la cérémonie funéraire. L'éducation de la population la plus aisée passait immanquablement par l'Église et plus précisément par les monastères et les évêchés. Il est important de noter qu'en 1054, un grand schisme sépara la Chrétienté en deux pôles distincts : la chrétienté orientale (Église orthodoxe) et la Chrétienté occidentale (Église romaine) et que quarante années plus tard débutèrent les croisades, grands voyages religieux vers la Terre Sainte (Jérusalem). Selon Norman Tanner8, au XIVe siècle, la Guerre de Cent Ans, opposant les Anglais aux Français, joua un rôle important sur le schisme dit « d'Occident » qui allait se dérouler de 1309 à 1418. La papauté se « dédoubla » : un pontife fut intronisé à Avignon (en France) et un second à Rome. Cette division fit perdre de son prestige et de son crédit à l'Église mais permit la création de nouvelles bâtisses abritant des religieux vivant en retrait de l'effervescence de l'Église (création de monastères, de béguinages, de prieurés) de même que celle de nouveaux courants de pensée comme le « wycliffisme »9 de John Wycliffe.

L'humanisme européen se faufila également jusqu'au catholicisme et permit la traduction de différents textes religieux depuis le grec ou le latin. Les grandes réformes de l'Église romaine, initiées au XVIe siècle par Luther et Calvin, étaient basées sur une remise en cause des grades au sein de l'Église (à savoir le statut du Pape ou celui des évêques). Bien qu'elles eurent lieu essentiellement en Allemagne et aux Pays-Bas, le grondement de ces révoltes parvint jusqu'en Angleterre.

À la même époque, l'Angleterre vit le couronnement du jeune Henri VIII, fils de roi, qui sera l'instigateur de la réforme anglicane en Grande-Bretagne. Très capricieux, le jeune roi dont le premier mariage était arrangé réclama au Pape de le divorcer officiellement de sa femme, Catherine d'Aragon. Le Pape se refusa à prononcer la séparation des époux, ce qui poussa Henri VIII à le renier et à fonder sa propre religion : l'anglicanisme, future religion d'état.10

Henri VIII, fit rapidement réunir un parlement qui lui permit d'obtenir le titre de « Chef Suprême de l'Église Anglicane» au détriment d'autres pontifes.

Après le décès d'Henri VIII, on offrit la couronne à Jeanne Grey, une cousine du roi, et non à la princesse Marie qui était pourtant sa fille et, de ce fait, la première prétendante au trône. Elle se fit couronner reine et fit de l'Angleterre un état catholique en rendant officieusement le pouvoir de l'Église anglicane au Pape. À sa mort, le trône revint à sa demi-sœur Elisabeth, anglicane convaincue et prétendante au titre de « Suprême gouvernante de l'Église » et fit exécuter un grand nombre de ses opposants dont Marie Stuart, Reine d'Écosse.
Jacques Ier, fils de Marie Stuart, prit la suite d'Elisabeth I (il mit fin au règne de la dynastie Tudor et fut le premier représentant de la dynastie des Stuart). Il se convertit à l'Anglicanisme, connut un règne très contesté mais parvint néanmoins à maintenir l'Anglicanisme malgré les divers courants puritains, presbytériens et calvinistes qui menaçaient la stabilité de son dogme.

De nos jours encore, l'Anglicanisme est la religion officielle de la Grande-Bretagne, pays néanmoins très permissif quant à la liberté de culte. Cette religion est celle qui compte le plus de fidèles en Angleterre et il est rapidement suivi par le catholicisme, le protestantisme et l'Islam.

2. Relevé des éléments du religieux dans différents textes de la tradition anglaise de Robin Hood

Cette seconde grande partie de notre travail consistera en un relevé des différentes occurrences religieuses présentes dans la « Petite geste de Robin des Bois ».

Little gest of Robin Hood est un recueil d'anciennes ballades ayant pour protagoniste le célèbre hors-la-loi. Les chercheurs sont encore en désaccord quant à la date de rédaction de cet ouvrage mais tous s'accordent sur le point qu'il fut certainement écrit avant 1500. Écrite en moyen anglais et apparemment destinée à un public d'enfants, La petite geste regroupe différentes ballades en un seul texte de près de 2000 vers.

Il est bien évident que toutes les ballades ne comporteront certainement pas de passages qu'il nous serait utile d'analyser, ainsi, nous nous bornerons seulement à travailler sur celles qui présentent un intérêt pour notre étude et le thème qui y est développé. Les textes ayant retenu notre attention seront présentés par un bref résumé, suivi d'une analyse plus approfondie des vers. Nous mentionnerons, pour ce faire, toujours les vers anglais dans la colonne de gauche, leur numéro dans la colonne centrale et finalement, leur traduction française dans la colonne de droite. Le commentaire des vers sera formulé sous l'extrait.

2.1 Robin Hood and the poor knight

2.1.1 Résumé de la ballade

La première ballade insérée dans La petite geste porte le titre Robin Hood, the knight and the monk. Les premiers vers sont consacrés à présenter le contexte de la ballade : on nous y explique la noblesse et la bonté de Robin des Bois et on insiste sur son courage et celui de ses hommes de main. La suite du texte nous annonce qu'à l'heure du dîner, Robin et son compère Petit Jean pensent à se mettre en quête de nourriture. Ils espèrent « inviter » un hôte à dîner avant de lui faire payer les mets consommés. Ils rencontrent un chevalier à l'allure modeste et le mènent à table. Malheureusement, à la fin du repas, le pauvre homme ne peut régler la note et explique à l'assemblée qu'il est déshérité et doit de l'argent à un Abbé perfide. Robin des Bois lui avancera l'argent qui lui permettra de récupérer ses terres et sera remercié en retour par quelques présents.

2.1.2 Analyse

Fragment 1
Vers en anglais moderne   Traduction desvers
Good habits then had Robin   Robin avait aussi gardé de bonnes habitudes
In the land where he stayed. 30 Dans le pays où il demeurait
Everyday before he ate   Tous les jours avant de manger
Three prayers would he say.   Il disait trois prières
The one in the worship of the Father,   L'une dans l'adoration du Père,
And another of the Holy Ghost,   La seconde dans celle du Saint-Esprit,
The third of Our Dear Lady 35 La troisième dans celle de La Sainte-Vierge
That he loved the most.   Qu'il aimait le plus.
Commentaire

Ces quelques vers mettent l'accent sur la ferveur religieuse de Robin des Bois. À travers ces bénédicités adressés à Dieu et au Saint-Esprit, nous pouvons remarquer qu'il est chrétien et pratiquant. Cependant, dans sa litanie, il remplace le « Fils », troisième élément de la Trinité occidentale, par la Vierge Marie, laquelle est nommée « Our dear Lady ». Après de nombreuses recherches, nous n'avons trouvé aucune théorie religieuse qui expliquerait cette Trinité ne faisant pas mention du « Fils ». Il nous reste à supposer que « Le Fils » n'est pas mentionné dans les prières de Robin parce que ce dernier ne le considérait pas comme étant divin ou encore parce qu'il accordait plus de prix au culte de la Vierge qu'à celui de son Fils (en effet, comme nous le verrons dans le second commentaire, le culte de la Vierge était très populaire en Grande-Bretagne). Cette Trinité remise en cause pourrait avoir été induite par le courant Arien.

Fragment 2
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
Robin loved Our Dear Lady. 37 Robin aimait la Sainte Vierge.
For fear of deadly sin,   Par crainte du péché mortel,
He never would do company harm   Il ne voulait jamais nuire à quelqu'un
That any woman was in. 40 Ou qu'une femme soit dans les ennuis
Commentaire

La dévotion de Robin pour la Vierge et les femmes en général (même si les figures féminines ne sont intégrées que tardivement dans la tradition anglaise11) transparaît au travers de plusieurs ballades. Robin déifie la Vierge et les femmes qui la représentent, d'autant plus qu'il ne vit pas en leur présence mais bien dans une communauté d'hommes méconnaissant la gent féminine.

La courtoisie dont il fait preuve à l'égard de la Vierge est à rattacher aux codes de la « Fin' amor » respectés par les chevaliers et, jadis chantés par les troubadours. La femme profane qui y était déifiée fut, par la suite, remplacée par la Sainte. Nous retrouverons cette « Fin' Amor » chez Robin : il aime Marianne (qui est humaine) et adule la Vierge (qui est divine et intouchable). Pour ajouter à cela, il n'est pas improbable, selon nous, que la personne de Marianne ne soit qu'un avatar de la même Vierge. En effet, l'expression « Maid Marian » comporte le mot « maid » tiré de « Maiden » signifiant « jeune-fille » (et sous-entendant « vierge ») et cet important point commun l'unit à la « Our Dear Lady » tant appréciée de Robin. De plus, la communauté des lettres et des sons de leurs prénoms respectifs (dont l'un est le diminutif de l'autre) pourrait également nous mettre sur la piste d'un ersatz possible.

Le culte de la Vierge connut un essor considérable dès le VIe siècle, sous le règne d'Aethelbert, un roi saxon converti au Christianisme. La Sainte était reconnue pour ses interventions miraculeuses, interventions qui apparaissent souvent dans certains épopées « robinesques12 et qui sont appelées « Miracles of Virgin and the knight ».

Fragment 3
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"These bishops and these archbishops, 57 "Ces évêques et ces archevêques
Them shall ye beat and bind   Vous les battrez et attacherez
The high sheriff of Nottingham,   Le grand shérif de Nottingham
Him hold ye in your mind." 60 Gardez-le dans votre esprit"
Commentaire

Dans ces vers, Robin conseille à ses fidèles compagnons de ne pas dépouiller de fermiers ou de chevaliers qui pourraient devenir de loyaux amis mais, de ne s'en prendre qu'aux membres du haut clergé : à savoir les évêques et les archevêques. En effet, ces religieux sont souvent décriés dans la geste "robinesque" parce qu'ils incarnent une religion dénaturée. Ainsi, il n'était pas rare à l'époque que les ecclésiastiques empruntent la voie religieuse, non par vocation mais pour assouvir un intérêt financier. Souvent issus de haute lignée, ils monnayaientune place dans le haut-clergé et, l'ayant obtenue, ils s'employaient à lever les impôts dans le bourg au sein duquel ils professaient, afin d'amortir leur investissement. (les impôts étaient évidemment prélevés aux dépens des nécessiteux)13. Certains religieux allaient jusqu'à négocier un grade supérieur en échange d'un vœu de vassalité au pape ou aux rois des pays voisins. Sachant cela, il n'est pas difficile de saisir pour quelle raison Robin des Bois avait unetelle aversion à leur égard au point qu'il n'avait pas de scrupules à les détrousser.

Fragment 4
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"It is late in the day, 63 Il est tard dans la journée,
God send us a guest   Dieu va nous envoyer un invité
So we can get to our dinner."   Pour que nous puissions dîner"
Commentaire

Robin comptait sur l'assistance de voyageurs pour assurer sa subsistance. Aussitôt qu'il les croisait dans la forêt, il les détroussait ou alors les invitait à dîner, avant de leur proposer de payer la note salée comprenant toutes leurs consommations. Ici, il compte sur l'aide de Dieu pour rabattre ce précieux et nanti « gibier » et cet appel nous ramène à un texte de l'exode annonçant que le Père pourvoiratoujours de la nourriture à ses ouailles. Voici un extrait de l'Exode par Saint-Mathieu (chapitre 6, verset 11) annonçant la grandeur de la providence divine : « Vous devez rester serein ! Vous devez placer votre confiance en Dieu, de jour en jour, sachant qu’il vous donnera votre pain quotidien »14 Ce fameux pain peut être perçu comme une nourriture matérielle ou alors davantage comme une nourriture spirituelle.

Fragment 5
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
There came a knight riding. 83 Là vint un chevalier à cheval
Him they soon did meet.   Il les rencontra bientôt
Commentaire

Le personnage du chevalierest très important au Moyen Âge et il est également étroitement lié à la religion dans certains contextes. En effet, l'ordre des chevaliers était propre aux nations chrétiennes qu'il représentait (notamment dans les grandes batailles telles que les croisades, par exemple)15. Leur allégeance envers l'Église imposait à ces hommes de protéger les pauvres, les veuves et les orphelins, en toutes circonstances. C'est en raison de ces valeurs fort louables que tout chevalier peut être rapproché du célèbre « outlaw » Robin Hood.

Fragment 6
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
And sat down to their dinner. 126 Et ils s'assirentpour manger.
Bread and wine they had plenty of,   Ils avaient du pain et du vin en quantité
And the best parts of the deer. 128 Et les meilleurs morceaux du cerf
Commentaire

Nous remarquerons dans ces vers que le repas de Robin est assez diversifié. Nous avons, d'un côté le mets de base, le pain et le vin, qui ne sont pas sans rappeler les deux principaux composants de l'eucharistie chrétienne, et de l'autre, le cerf qui n'était rien de moins que le gibier royal, fort apprécié des Saxons (et est, a fortiori fort connoté religieusement)16. Si le pain et le vin sont des aliments relativement ordinairespour l'époque, leur évocation prend tout son sens quand on connaît les agissements de Robin au début de la geste (il priait avant de manger et évoquait son désir d'assister à l'office de sa paroisse), ce pain et ce vin pourraient donc être employéspar Robin Hood comme un symbole de l'Eucharistie, Eucharistie célébrée à l'église et à laquelle il ne pouvait assister librement en raison de son statut de hors-la-loi.

Fragment 7
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"My lands I mortgaged, Robin, 213 «Mes terres j'ai hypothéqué, Robin,
Until a certain day,   Jusqu'à un certain jour,
To a rich abbot who lives near here 215 À un riche abbé qui vit près d'ici
In Saint Mary's Abbey."   Dans l'abbaye de Sainte Marie. "
Commentaire

Ce passage est le premier de la Petite geste où l'on évoque l'Abbaye de Sainte-Marie, qui sera de nouveau citée dans Robin Hood and the monk. Ce bel édifice est situé dans le Yorkshire et sa construction date de l'époque des règnes saxons (1055 PCN). Comme nous l'avions ditprécédemment, son nom indique qu'elle fait partie des nombreuses églises érigées en l'honneur de la Vierge, comme cela était de coutume du IXe au XVIe siècle.17
Le bâtiment fut reconstruit une seconde fois au XIIIe siècle pour être finalement mis à sac pour de bon au XVIe sièclesur l'ordre d'Henri VIII.

Fragment 8
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"What will happen to thee?" 222 " Que vous arrivera-t-il ? "
"Hastily I will take me," said the knight,   " Je m'en irai à la hâte ", dit le chevalier
"Over the salty sea,   " Sur la mer salée " 18
"And see where Christ lived and died   " Pour voir où me Christ a vécu et est mort
On the mount of Calvary. » 226 Sur le Mont du Calvaire. "
Commentaire

Le chevalier, très pieux, cite des passages de la Bible et avoue souhaiter partir en pèlerinage afin d'expier la faute qu'a commise son fils. Il voudrait retracer deux grandes étapes de la vie du Christ : sa traversée de la Mer rouge et sa mise à mort sur le Mont Golgotha. Le désir d'érémitisme du malheureux reconnecte Robin des Bois à sa propre expérience puisque lui aussi s'est isolé de l'agitation de la ville pour vivre librement tout en continuant d'honorer sa foi. Il affirme, dans les vers suivants19, croire fermement en la Vierge Marie, ce qui le ramène encore à Robin et à son culte. À noter également que ce désir d'ascétisme était fortement approuvé par William Langland qui y voyait un bienfait et l'assurance d'un accès au Paradis.

Fragment 9
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"It would be a great pity," 357 « Ce serait bien honteux »,
said the prior,   dit le prieur
"To have his land this way.   D'obtenir ses terres de cette façon.
If ye be so light of your conscience   Si vous êtes bien éclairé par votre conscience (vous verrez)
You'll do him wrong today."   Que vous lui ferez du tort aujourd'hui. »
"Thou art ever in my beard," said the abbot,   « Tu es toujours dans mes pieds » dit l'Abbé
"By God and Saint Richard!" 362 « Par Dieu et Saint Richard »
Commentaire

Cet extrait est doublement satirique: premièrement, l'Abbé, occupant un poste plus important que celui du prieur est remis à sa place par ce dernier qui n'hésite pas à lui faire remarquer son manque de déontologie et de charité. Une telle dénonciation des agissements d'un supérieur par son subalterne en dit long sur la morale dudit supérieur et de l'Église toute entière.
Secondement, nous lisons que l'Abbé de l'extrait jure par Saint Richard dont la vie fut pourtant étrangement similaire à celle du pauvre chevalier exploité de la geste. Cet homme naquit au XIIe dans une famille aisée qui perdit ensuite sa fortune. À la mort de ses parents, le frère aîné du saint fut incarcéré pour cause de dettes et Richard s'échina à payer la caution. Cela fait, il mena une vie d'ermite avec deux acolytes, ne profitant pour tout repas que de pain et de vin.20

Fragment 10
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"That ever his soul may be in bliss. 509 « Que son âme ne connaisse le malheur.
He's helped you and me.   Il nous a aidés vous et moi
Had it not been for his kindness,   Sans sa bonté
Beggars we would be. » 512 Nous serions des mendiants»
Commentaire

En raison de la pauvreté, de la maladie et des taxes toujours plus importantes, être confronté à la mendicité était chose courante au Moyen Âge pour les gens issus d'une classebasse. À cette époque, l'Église était chargée de subvenir aux besoins de ses pauvres mais, elle n'en faisait souvent aucun cas. Certaines paroisses percevaient la dîme, un impôt en argent ou en nature, censé pourvoir à l'entretien des églises et à la subsistance des pauvres21 .
Il est donc particulièrement ironique ici qu'un abbé, financièrement prospère, appauvrisse un chevalier qu'il devra, de toute façon, prendre sous son aile dans le cas où il deviendrait un mendiant. Le religieux, soudoyé par l'appât du gain favorise ici la pauvreté et la mendicité au lieu de l'endiguer.

2.2 How John tricks the sheriff

2.2.1 Résumé de la ballade

Accompagné de ses alliés, le brave Petit Jean se rend en forêt quand il est interpellé par le shérif de Nottingham. Celui-ci a assisté, stupéfait, à ses prouesses en tant qu'archer et désire vivement l'engager à son service. Le yeoman, empressé de prendre sa revanche sur l'homme de loi décide d'accepter cette proposition et compte bien jouer quelque tour à son nouveau patron...

2.2.2 Analyse

Fragment 11
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
The sheriff swore a full great oath, 585 Le shérif proféra un grand juron
By Him that died on a tree   « Par celui qui est mort sur un arbre »
Commentaire

Ce type de proverbe revient souvent dans la Geste de Robin Hood (nous l'avions d'ailleurs fréquemment retrouvé dans les deux premières parties du texte)22. L'homme qui est décédé sur l'arbre (par crucifixion) est bien évidemment le Christ. Nous pourrions ici nous étonner du fait que le terme « arbre » remplace celui de « croix ». Cependant, nous avons appris que la mise à mort par crucifixion se faisait bel et bien sur un arbre aux temps des Romains.23De plus, la croix christique est étroitement associée à l'Arbre de Vie qui la préfigure dans l'Ancien Testament.24
Cette expression peut également être rapprochée de l'épisode du sacrifice d'Odin, un dieu nordique (son nom était aussi Woden dans d'autres langues et légendes). Durant neuf jours, il resta pendu, exsangue, à l'« arbre cosmique » sur la montagne Yggdrasil. Ces journées de souffrance ne vinrent pas à bout du dieu qui découvrit dans son martyr quelle était la signification et l'emploi des runes divinatoires.25

2.3 How Robin Hood was repaid his loan

2.3.1 Résumé de la ballade

Un an, jour pour jour après avoir prêté une grosse somme d'argent au chevalier dans le besoin, Robin est excédé de ne pas avoir récupéré son crédit. Affamé, il estime que la Vierge est très certainement en colère contre lui pour ne l'avoir pas encore rétribué. Désespérés et se hâtant de trouver une proie à dépouiller afin de pouvoir manger, les « merry men » se séparent et Petit Jean ne tarde pas à prendre deux moines en chasse. Il les ramène au campement oùRobin des Bois les reçoit. En apprenant qu'un des deux captifs provenait de l'Abbaye de Sainte-Marie, il s'imagine qu'il est envoyé pour lui rendre son bien. Robin se décide à fouiller les grosses malles qu'avaient emportées les voyageurs et y trouve une véritable fortune. Il s'empresse de remercier « Our Lady » qu'il qualifie de « bon sponsor » puisqu'elle a « tenu parole » en lui rendant son bien. Plus tard dans la journée, le bon chevalier vient rendre son argent à Robin qui le refuse et lui offre une autre somme avec laquelle il achètera une bonne monture.

2.3.2 Analyse

Fragment 12
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"Let's go eat," said Little John. 821 «  Allons manger » dit Petit Jean
Robin Hood said, "Nay.   « Non » dit Robin Hood
I'm afraid Our Lady is mad at me,   Je crains que la Sainte-Vierge ne soit fâchée après moi,
For she has not sent my pay." 824 Parce qu'elle ne m'a pas envoyé mon salaire ».
Commentaire

Comme nous l'indique le commentaire de Stephen Knight26, Robin attend impatiemment que le chevalier, évoqué au début de la geste, lui rende l'argent qu'il lui avait avancé. Knight explique qu'en montrant du dépit de ne pas avoir cet argent, Robin se met au rang de l'avare abbé. Ainsi, nous pouvons constater que la dévotion de Robin pour la Vierge est parfois intéressée (il la loue et la vénère mais espère tirer profit de cet amour).

Fragment 13
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
" But as they looked into the greenwood " 849 Mais comme ils regardaient dans le bois
By the highway,   À partir de la grand-route
They were aware of two black monks   Ils virent deux moines noirs
On good horses riding their way." 852 Qui faisaient route sur de bons chevaux »
Commentaire

Les moines noirs évoqués dans ce texte sont en fait issus de l'ordre de Saint-Benoit, ordre qui fut créé très tôt (VIe siècle). Ils furent souvent évoqués dans la geste de Robin puisqu'ils avaient investi la célèbre Église de Sainte-Marie, dans le York, ainsi que le Monk Bretton Priory, monastère comportant une charte qui fait ention de Robin des Bois. (1422)27

Fragment 14
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"You lie," then said Little John, 885 « Tu mens » dis alors Petit Jean
"And for that you will be sorry.   Et pour cela, tu seras désolé.
He is a yeoman of the forest   Il est un yeoman de la forêt
And has invited you to dinner." 888 Et il t'a invité à dîner »
Commentaire

Une fois de plus, Robin est appelé « Maître » par Petit-Jean, ce qui nous fait nous dire que le hors-la-loi est supérieur à ses compagnons et officiellement reconnu comme étant leur guide. Ce statut de chef de la forêt relève très spécifiquement du paganisme anglo-saxon selon les dires de Hester NicEilidh sur son site web28 Elle y assimile Robin des Bois au « green man » païen (ce qui supposerait que la tenue verte du héros ne soit pas seulement destinée au camouflage). « Green man », représenté par un visage humain entouré de feuilles vertes, était une allégorie de la fertilité et, bien évidemment, de la nature elle-même.29 Un culte à ce dieu était également rendu au printemps et plus précisément aux alentours de la fête païenne de Beltane (vers le 1er mai, jour du « May Day »)

2.4 Robin Hood and the Golden Arrow

2.4.1 Résumé de la ballade

Le méchant shérif de Nottingham supporte de plus en plus mal d'être floué par le brigand de Sherwood et va s'en plaindre au Roi Edward qui lui répond abruptement de se débrouiller tout seul. Se rendant compte que seule la ruse pourrait lui permettre d'attraper Robin, il décide d'organiser un concours de tir à l'arc. Le prix de ce concours (des flèches en or) intéresse particulièrement Robin qui décide de concourir dans le but de l'obtenir. Il remporte le tournoi mais s'attire les foudres de la foule qui l'a reconnu. Le combat entre les forces du shérifet celles de Robin débute et fait un grand nombre de blessés dont Petit Jean. Ses compagnons arrivent pourtant à le ramener au château du chevalier qu'avait aidé Robin. Heureux de retrouver ses généreux donateurs, Sir Richard Lee les abrite, leur offre le couvert et des habits neufs.

2.4.2 Analyse

Fragment 15
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
That all the best archers of the north 1129 Que tous les meilleurs archers du nord
Should come on a certain day,   Devaient venir un certain jour
And he that shoots the best   Et celui qui tirerait le mieux
Shall bear the prize away. 1132 Remporterait le prix
Commentaire

Le thème de l'archer est assez récurrent dans la plupart des mythologies (mythologie chinoise, nordique, germanique...). Nous estimons qu'ici, un parallèle est à faire entre l'histoire de Robin Hood et la populaire histoire du demi-dieu grec Heraclès (dont le culte fut exporté par les Romains en Grande-Bretagne). Ce dernier participa lui-même anonymement à un concours d'archers dans le but de remporter un prix très convoité.

Alors qu'il accomplissait ses douze travaux, le vaillant Heraclès entendit parler d'un concours d'archers, organisé par Eurythos, le roi d'Oechalie, qui avait paraît-il, reçu un arc en présent de la part d'Apollon (le dieu archer). Heraclès, sans décliner son nom se présenta au concours et le remporta. Cet exploit ne ravit pas longtemps le roi puisqu'il finit par apprendre que l'archer était déjà marié à une autre (Déjanire) et que sa fille Iole ne bénéficierait donc pas d'un mariage officiel. Le monarque déclara alors le concours nul et non avenu et refusa de donner Iole, sa fille, comme cela était convenu. Ce manquement de parole agaça profondément le fils de Zeus qui, pour laver cet affront, déroba les chevaux royaux et tua le fils du souverain, Iphitos, venu les réclamer.

Nous pouvons à présent, exposer le cas de la Mongolie relativement aux jeux d'archers. Même si la culture mongole ne parvint certainement jamais en Grande-Bretagne, il est bon de savoir que là aussi de nombreux tournois d'archerie étaient organisés afin d'élire l'archer le plus habile du pays. Ces jeux, qui avaient cours à la même époque que d'importantes fêtes religieuses, étaient appelés « Naadam » et comportaient également des épreuves de lutte et de course de chevaux.30 Ce fait nous permet de constater que cet art qu'est l'arc, était universellement pratiqué et que, partout des joutes étaient organisées pour tester son talent de chasseur et sa vivacité.

Fragment 16
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"For one thing, Robin, I promised you, 1257 « Je te promets une chose, Robin,
I swear by Saint Quentin.   Je le jure par Saint-Quentin.
For forty days you'll stay with me,   Pendant quarante jours, tu resteras avec moi
Eating and drinking." 1260 À manger et à boire. »
Commentaire

Saint Quentin est, selon le dictionnaire d'Oxford que cite Stephen Knight31 un martyr qui fut torturé et puis décapité en 303 PCNarce qu'il tentait d'évangéliser la Gaule. D'autres versions affirment qu'il avait en son pouvoir d'accomplir des miracles et que c'est bel et bien ce fait qui suscita l'agacement d'un certain Procureur Rictovare qui commandita son exécution32.

Le nombre « quarante » (qui se rapporte ici aux jours), évoqué par le chevalier revient à plusieurs reprises dans les textes saints et peut donc d'ores et déjà être considéré comme étant symbolique pour les chrétiens ; cependant, il l'est tout autant pour les celtes ou les saxons.
Pour les Chrétiens, ce nombre évoque les quaranteannées passées par les Juifs de Moïse dans le désert avant qu'ils puissent rejoindre la terre de leurs ancêtres (le Pays de Canaan). Il rappelle également les 40 jours passés par Jésus dans le désert, les 40 jours du Carême, les 40 jours de prière de Moïse sur le mont Sinaï, les 40 jours du déluge, etc.33

Les Celtes, pour leur part, comptabilisent quarante jours entre les grands bouleversements saisonniers comme les solstices et équinoxes et d'autres fêtes religieuses (ex : la fête de Samain, équivalent celtique du premier novembre, tombe 40 jours après l'équinoxe d'automne).34

2.5 Robin Hood kills the sheriff

Le shérif, qui a trouvé le repaire du brigand dans le château du chevalier, le fait encercler. Mais impuissant, il a à nouveau recours au Roi pour faire lever une armée d'archers qui combattrait les hors-la-loi récalcitrants. Néanmoins, ne pouvant attraper Robin, le shérifs'attaque au chevalier et l'enlève à son épouse pour le mener en ville. Apprenant cela, Robin des Bois se lance à sa poursuite, défie le shérif, décoche une flèche à son intention et le décapite. Tous les compagnons repartent ensuite vers la forêt, avec l'espoir de se présenter, un jour, auprès du Roi qui pourrait accepter de les gracier.

2.6 Robin Hood goes to London

2.6.1 Résumé de la ballade

Le roi arrive en personne pour constater ce que lui avait annoncé le shérif jours plus tôt et voit que sa réserve de cerfs a diminué car tous sont chassés par le malfrat Robin. Il interroge des paysans sur le règne du fameux bandit dans la région et décide de mettre à prix la tête du chevalier Sir Richard de Lee pour se venger ou capturer Robin par la même occasion. Le roi rencontre un forestier qui lui conseille de se déguiser en moine et de vêtir ses accompagnateurs de la même tenue afin d'être remarqués et arrêtés dans leur course par un Robin des Bois à l'affût de vivres et d'argent. La suite du monarque et lui-même s'exécutent. Robin les rencontre sur la route et les prend pour des messagers du roi (puisqu'ils sont évidemment munis du sceau royal). Il invite toute la compagnie à manger avant d'entamer un tournoi d'archers qui permet à Robin de comprendre qui est en réalité son sympathique hôte.

2.6.2 Analyse

Fragment 17
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"And you have churches and rents both, 1509 « Vous avez et des Églises et des salaires,
And gold in great plenty.   Et de l'or en grande quantité.
Give us some of your spending money   Donnez-nous un peu de votre petite monnaie,
For saints' charity." 1512 Pour la charité des Saints
Commentaire

Robin confond le Roi avec un vulgaire moine et ose lui demander la charité en signifiant qu'en plus d'avoir un toit, les hommes de dieu bénéficient également d'une rétribution pour leurs offices. Ainsi, la moindre des choses était de partager leurs biens. L'expression « saints' charity » peut ici adopter plusieurs significations. Elle peut n'être qu'une imprécation et être donc équivalente à « Pour l'Amour de Dieu ». Elle peut également être comprise comme « pour la charité des Saints » (c'est à dire qu'à l'instar des Saints, les nantis devraient se sacrifier et disperser leur fortune parmi les plus pauvres) ou encore comme une réclamation d'une somme d'argent qui servirait d'offrande à une divinité (comme à la Vierge Marie par exemple). Une quatrième piste pourrait s'avérer : celle d'une sainte nommée « Charité » (« Agapé » en grec) et qui serait morte en martyr pour le Christ.35 L'expression « For saints' charity » signifierait alors : « pour la charité envers la sainte Charité ».

Nous pencherions davantage pour la théorie de l'exclamation, de l'imprécation puisque l'expression « For Charity » apparait telle quelle plus haut dans le texte, au vers 1574 de la traduction de Robert Landis Frank36.

Fragment 18
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"Yes, for God," said Robin, 1649 « Oui, au nom de Dieu », a dit Robin
"And also God save me.   « Et que Dieu me garde aussi.
I ask mercy, my lord the king,   J'implore votre pitié, mon seigneur Roi,
For my men and me." 1652 Pour moi et mes hommes »
Commentaire

Ayant assassiné le shérifet décimé les cerfs du Roi, Robin comprend qu'il doit demander sa merci au souverain, c'est-à-dire sa compassion et la grâce pour lui et les siens. Ce terme de « merci » est employé par un serf à l'égard de son seigneur ou de n'importe quel supérieur (ce qui expliquerait que Robin l'emploie puisqu'il se trouve dans un rapport de vassalité avec le suzerain). Le mot « merci » est également porteur d'un lourd sens religieux et est employé dans les textes primitifs comme La vie de Saint-Alexis ou encore La Bible et signifie « la miséricorde » (sous-entendu : « la miséricorde divine »).

2.7 The death of Robin Hood

2.7.1 Résumé de la ballade

La visite du roi arrive à son terme, mais, avant de quitter les lieux, il réclame à son hôte des habits similaires aux siens (en signe d'amitié sans doute).
Et ainsi paré, en bon outlaw, le Roi quitte Nottingham en compagnie des hors-la-loi et sème la zizanie dans la ville. Tous finissent par s'installer au château et c'est toujours au même endroit que nous retrouvons Robin, douzemois plus tard. Voyant de jeunes-hommes jouer de leurs arcs et profiter de leur jeunesse, il sent la sienne lui filer entre les doigts et en informe Petit-Jean. Ensemble, ils vont prendre congé du roi et prennent la route qui les ramène à Bernsdale. Une fois au pays, Robin est accueilli par ses joyeux compagnons, bien heureux de son retour. Après cet épisode, il vécut encore vingt-deuxlongues années auprès des siens. Les derniers vers de la geste font état de la mort du héros au Prieuré de Kirklees.

2.7.2 Analyse

Fragment 19
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
"I made a chapel in the greenwood 1757 « J'ai construit une chapelle à Greenwood
That beautiful is to see.   C'est très joli à voir
It is of Mary Magdeline,   En l'honneur de Marie Madeleine,
And there I long to be.   1760 Et c'est là que je désire me trouver »
Commentaire

Ces vers concernent la chapelle que Robin voudrait avoir comme dernier lieu de vie et qu'il ne verra malheureusement plus jamais à dater du jour de son départ depuis la cour du Roi. Ce lieu de culte est contre toute attente dédié à Marie-Madeleine et non à la Vierge elle-même (qui était pourtant la défenseuseet protectrice attitrée du brigand).

Le culte de Marie-Madeleine, comme celui de Marie, était de grande importance dans l'Angleterre médiévale et Bède le Vénérable37 estime que son la dévotion à cette sainte débuta au VIIIe siècle. Son image était triple : elle était à la fois pénitente, apôtre et vierge et certaines paroisses lui vouaient un culte autrement plus important que celui de la Vierge elle-même. Marie-Madeleine étaient perçue comme plus sainte que Marie car elle avait aimé Jésus sans être mise au courant du sort qui l'attendait tandis que Marie, la mère du Christ, l'avait élevé sans rien ignorer de son destin.38

Fragment 20
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
Yet he was beguiled, indeed, 1801 Il fut en effet trahi
Through a wicked woman's sin   Par le péché d'une faible femme
The prioress of Kirksley   La Prioresse de Kirklees
That was not of his kin. 1804 Qui ne comptait pas parmi ses parents
Commentaire

Alors que les saintes étaient vivement louées et appréciées de Robin, le hasard veut qu'il soit trahi par une femme qui est, de plus, une religieuse au prieuré de Kirklees.

Si les saintes, qu'invoquent souvent Robin, n'apparaissent pas personnellement dans la geste, ce n'est pas le cas de la religieuse qui, de ce fait, devient un des deux premiers personnages actifs de la l'histoire.39 L'auteur de la geste prend le soin de préciser que cette femme n'était pas une des parentes de Robin (ceci expliquerait ainsi le fait qu'elle ait pu vouloir se venger d'un quelconque tour que le bandit lui avait sans doute joué). Roger le Rouge (« Red Roger »), qui apparaît également comme « Roger de Duncaster » dans le texte, fut apparemment son complice dans cette terrible trahison. Cependant, les raisons à cela ne sont guère explicitées. La religieuse dont on aurait légitimement pu penser qu'elle était une incarnation de « Our Dear Lady », s'éloigne finalement totalement de ce que l'on aurait attendu d'elle (elle tue un homme, est religieuse mais a un amant, ...) Son manque de déontologie et sa facilité à succomber aux choses mauvaises font d'elle une « faible femme coupable de péché », description qui nous renvoie bien évidemment à la Bible et plus particulièrement à la Genèse. On peut constater, à travers ses actions, que cette prieure, méprisant les codes de l'honneur et de la religion, n'est sans doute pas entrée à Kirklees parce qu'elle était animée d'une grande vocation religieuse. En cela, elle ressemble finalement fortement aux autres religieux que méprise Robin d'un bout à l'autre de la geste.
La prieureavait le grade le plus haut dans cette institution religieuse et avait sous sa coupe d'autres sœurs, des prieurs ou de mendiants. Certains prieurés plus importants en géraient d'autres, plus petits. Le prieuré était un lieu religieux, proche d'un monastère, mais, il faisait également office d'hôpital. On y accueillait des malades et on tentait de leur apporter les soins les plus rudimentaires (on y pratiquait notamment des saignées) ainsi que l'extrême onction si importante pour les chrétiens pratiquants.

Fragment 21
Vers en anglais moderne   Traduction des vers
Then said good Robin 1813 Alors, Robin a dit
In the place where he stood,   De là où il était,
"Tomorrow I must to Kirksley   « Demain, j'irai à Kirklees
To be letting my blood." 1816 Pour une saignée. »
Commentaire

La saignée était une pratique habituelle au Moyen Âge et était notamment conseillée en cas de migraine ou de bouleversement des humeurs.40 À cette époque, religion et médecine étaient étroitement liées pour diverses raisons. Premièrement, il est important de savoir que la plupart des traités médicaux hérités des grecs et des latins étaient soigneusement conservés dans les monastères et autres lieux de dévotion. Leur accès n'étant pas public, il était dès lors difficile de pratiquer la médecine sans être affilié à un quelconque cloître.41 Secondement, il n'était pas rare qu'une maladie soit directement assimilée, à tort, à une vengeance divine, un fardeau imposé par dieu à un mécréant, ce qui impliquait qu'il fallait, en plus de soigner son corps, veiller à purifier son âme (et quoi de mieux qu'un lieu de culte pour cefaire ?). Lorsque le recueillement ou la prière semblait venir à bout de la maladie du corps, on parlait alors de guérison miraculeuse.

Il nous faut noter aussi que le sang est attaché àune symbolique très forte et importante dans différentes religions comme celle des Mayas par exemple. Ceux-ci pratiquaient la saignée et offraient leur sang aux dieux afin de se préserver de leur colère.42 Les Celtes, les Romains et les saxons, pour ne citer qu'eux, l'appliquaient également.

C'est précisément cette saignée qui sera fatale à Robin des Bois puisqu'il en mourra. La geste s'attache simplement à déclarer sa mort mais dans une ballade plus récente43, on y raconte son décès dans plus de détails. Avant de décéder, Robin aurait appelé son ami Little John à son chevet, selon la tradition anglo-saxonne et aurait lui-même décidé de l'endroit où il serait enterré en décochant une flèche.

Vers en anglais moderne   Traduction des vers
But give me my bent bow in my hand,   Mais donne moi mon arc tendu dans ma main,
And a broad arrow, I'll let flee;   Et une flèche, je la laisserai s'enfuir
And where this arrow is taken up,   Et l'endroit où elle retombera sera celui
There shall my grave digged be.   Où devra être creusée ma tombe.
'Lay me a green sod under my head 17 Laissez un gazon vert sous ma tête;
And another at my feet;   Et un autre sous mes pieds;
And lay my bent bow by my side,   Et déposez mon arc à côté de moi,
Which was my music sweet.   Qui était pour moi comme une douce musique

Conclusion

Notre étude des différentes religions ayant cohabité ou s'étant succédées en Grande-Bretagne nous a permis de comprendre le multiculturalisme de ce pays et de ses légendes. Compte tenu de cela, il nous est permis d'avancer qu'en tant que personnage véhiculant une identité nationale, Robin des Bois a évolué au fil des époques de même que le firent la société et la religion. Très représentatif d'une société médiévale écrouée, ce personnage était engagé politiquement dans une guerre sans merci contre les taxes, l'abus des femmes et des honnêtes gens par les autorités cléricales ou administratives.

Nous ne sommes guère étonnée, en regard de cela, de retrouver, dans les vers étudiés, certaines allusions très significatives du point de vue de la religion. Les différents cultes qu'honora un jour la Grande-Bretagne y sont évoqués mais, il nous faut néanmoins avouer que le paganisme saxon et le christianisme sont les dogmes qui sont le plus représentés au sein de la Geste.

Nous pouvons, d'après notre analyse, affirmer que la foi de Robin est mixte et combine les rituels païens et les cérémonials chrétiens, ce qui pourrait nous amener à nous demander si cette combinaison ne serait pas une évocation de la « double personnalité » de Robin.

En effet, celui-ci offre sa compassion aux démunis mais, il détrousse systématiquement les hommes d'Église. Il est à la fois équitable et révolté, honnête et voleur. Ces qualités d'homme fort et droit le ramènerait à l'idéal chrétien et son esprit vengeur aux rites païens.

De plus, la Geste indique clairement que les offices religieux chrétiens étaient organisés en ville, faisant de ce lieu une représentation du Christianisme (et associant à contrario la forêt au Paganisme). Robin était, pour sa part amené à chasser sur la route de Barnsdale, lieu de croisement entre la forêt et le bourg, ce qui appuie à nouveau ce postulat de la dualité du héros.

Nous avons été surprise de constater que la plupart des phénomènes ou rituels religieux sont communs à des pays qui, de toute évidence n'ont jamais été en contact. Il ne serait pas fortuit d'aboutir qu'une religion commune aurait pu être partagée initialement par tous ces pays.

Notes

1 Émile Lefranc, Histoire abrégée d'Angleterre depuis les temps primitifs jusqu'à nos jours, Paris / Lyon, Librairie Classique de Perisse Frères, 1838, p. 2
2 Ibidem.
3 Certaines de leurs nouvelles divinités étaient grecques, syriennes, égyptiennes, en plus des siennes 
4 Miranda Jane Green, Mythes celtiques, traduction de Marie-France de Paloméra, Paris, Éditions du seuil, 1995, pp. 10-12
5 L'arianisme était en fait la non reconnaissance de Jésus- Christ comme un autre divin (en effet, les Ariens le percevaient comme inférieur à son Père et Créateur).
Source : Serge Jodra, Imago Mundi, Cosmovisions.com (Encyclopédie gratuite), « Religions, mythes, symboles : Dictionnaire», copyright 2004, http://www.cosmovisions.com/o-oArianisme.htm, consulté le 10 avril 2011
6 Ibidem
7 Gérald Bonner, Religion in Anglo-Saxon England in Sheridan Gilley & W.J.Weils (éd.), A History of Religion in Britain (Practice and Belief from Pre-Roman Times to the Present), Cambridge/Oxford, Blackwell, 1994, pp.25-44
8 Norman Tanner, Piety in the Later Middle Ages in Sheridan Gilley & W.J.Weils (éd.), A History of Religion in Britain (Practice and Belief from Pre-Roman Times to the Present), Cambridge/Oxford, Blackwell, 1994, pp.61-76
9 Doctrine désireuse d'enlever tout pouvoir aux représentants de Dieu sur terre (évèques, abbés, ...) et d'en donner plus au croyant qui selon Wycliffe, était aussi investi d'un certain pouvoir divin. Source :Serge Jodra, Imago Mundi, Cosmovisions.com (Encyclopédie gratuite), « Dictionnaire biographique : John Wycliffe », copyright 2004, http://www.cosmovisions.com/Wycliffe.htm , consulté le 10 avril 2011
10 Herodote.net (Biographies), Henri VIII Tudor (1509 – 1547), le roi qui respectait trop le mariage,s.d., http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=196, consulté le 15 avril 2011
11 La première apparition de Marianne ne remonte qu'au XVIe, et le roman majeur qui relate ses aventures est celui de Thomas Love Peacock.
12 Comme dans Robin Hood and Guy of Ginsborne où nous pouvons lire que le héros prie la Vierge de lui accorder la victoire sur son adversaire alors que celui-ci le malmène sérieusement.
13 Robin Hood Outlaw Legend of Loxley, « Sheriffs and Bishops », création du site 2001-2010, http://www.robinhoodloxley.net/mycustompage0010.htm, consulté le 23 avril 2011
14 Le Phare – Elim, La providence divine, dernière mise à jour : 21 février 2011, http://www.lephare-elim.org/message_7_07.htm, consulté le 24 avril 2011
15 D'ailleurs, le chevalier devait passer par plusieurs rituels catholiques avat d'officier pour la première fois. Il était adoubé, purifié de ses péchés et prêtait serment à l'Église.
16 En effet, le Christianisme fit du cerf un animal représentatif de la fécondité et de la résurrection en raison de ses bois, tendant à croître d'année en année.
17 J. De Smet, Manuel historique de la Très-Sainte Vierge, depuis le temps des apôtres jusqu'à nos jours, Bruges, Vandecasteele & Werbrouck, 1861, pp.191-93
18 « La mer salée » est églement appelée « Mer rouge ».
19 Cet « aveu » d'une dévotion à l'égard de la vierge est formulé aux vers 258 à 260 par le chevalier. Nous pouvons retrouver cet extrait ici : The geste of Robin Hood, Translated by Robert Landis Frank, Oakland California), Painted Arrow Publishing, 1974, http://web.ics.purdue.edu/~ohlgren/gesttrans.html
20 Catholiques.org, « Les saints (Saint-Richard) », copyright 2004-2011, http://viechretienne.catholique.org/saints/985-saint-richard, consulté le 25 avril 2011
21 Powy's Digital History Project, « Care of the poor 1 - Medieval poverty », s.d., http://history.powys.org.uk/history/common/poor1.html, consulté le 25 avril 2011
22 Cette expression apparaît à de nombreuses reprises dans le texte. Nous l'avons retrouvée aux vers : 248, 404,438,492,586,1212, 1226, 1330, 1362 dans la traduction de Robert Landis Frank
23 Jacques Lansberg (De) & Didier Martens, L'art en croix ou le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Bruxelles, La Renaissane du livre, 2001, p.11
24 Murilo Cardoso de Castro, Philosophia Perennis, « Mythes grecs et mystère chrétien, Rahner : le mystère de la croix (traduction de Henri Voirin), 08 juin 2010, http://sophia.free-h.net/spip.php?article479, consulté le 25 avril 2011
25 Stephen Knight & Thomas H. Ohlgren, Robin Hood and Other Outlaw Tales, Kalamazoo, Michigan (coll. « Medieval Institute Publications »), 1997, version numérisée consultée sur : http://www.lib.rochester.edu/camelot/teams/gest.htm
26 Hester NicEilidh, The legend of Robin Hood, copyright 1999-2002, http://hesternic.tripod.com/robinhood.htm, consulté le 30 avril 2011
27Friends of Monk Bretton Priory, Monk Bretton Priory, s.d., http://www.monkbrettonpriory.org.uk, consulté le 30 avril 2011
28Hester NicEilidh, The legend of Robin Hood, copyright 1999-2002, http://hesternic.tripod.com/robinhood.htm, consulté le 30 avril 2011
29 Patti Wiginton, About.com, Paganism/ Wicca, « The green man, spirit of the forest », copyright du site : 2011, http://paganwiccan.about.com/od/beltanemayday/p/GreenMan.htm, consulté le 30 avril 2011
30 Chahine Benabadji, Routard.com, « Le Naadam en Mongolie », article mis en ligne le 4 juillet 2008, , http://www.routard.com/mag_evenement/224/le_naadam_en_mongolie.htm consulté le 1er mai 2011
31 Stephen Knight & Thomas H. Ohlgren, Robin Hood and Other Outlaw Tales, Kalamazoo, Michigan (coll. « Medieval Institute Publications »), 1997, version numérisée consultée sur : http://www.lib.rochester.edu/camelot/teams/gest.htm
32 Nominis, Nominis, « Saint-Quentin », création du site 1999, http://nominis.cef.fr/contenus/saint/2110/Saint-Quentin.html, consulté le 01/05.2011
33 Dominique Valentin et Catherine Guinoiseau (Pastorale DDEC Angers), « Le Carême », s.d., http://www.ncte.ie/pollen/relig/careme.htm, consulté le 01/05/2011
34Philippe Regnicoli, Autourdelalune.Com, copyright 2010, http://www.autourdelalune.com/astrologie-et/fetes-druidiques-et-astrologie.html, Consulté le 01/05/2011
35 Wikipedia, « Charité (Sainte), dernière modification : 27.01.2011, http://fr.wikipedia.org/wiki/Charit%C3%A9_(sainte), consulté le 02.05.2011
36 Anonyme, The geste of Robin Hood, Translated by Robert Landis Frank, Oakland (California), Painted Arrow Publishing, 1974, version numérisée consultée sur : http://web.ics.purdue.edu/~ohlgren/gesttrans.html
37 Bède le Vénérable était un mystique qui a tenté de retracer l'histoire religieuse anglaise à travers un livre : L'histoire ecclésiastique.
38 Veronica Ortenberg, « Le culte de Sainte Marie-Madeleine dans l'Angleterre anglo- saxonne », Mélanges de l'école française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes, n°4, 1992, pp.13-35
39L'épouse de Sir Richard Lee apparait également à deux reprises dans le texte.
40 La théorie des humeurs est basée sur l'équilibre de différentes sécrétions émanant du corps humain. Si l'une de ces sécrétions prend le pas sur l'autre, l'équilibre psychologique ou physique de l'homme sera en proie aux changements.
41 Medieval Medicine, Medieval Medicine, « Healings and hospitals », s.d., http://www.intermaggie.com/med/healing.php, consulté le 03 mai 2011
42 France Obsèques Liberté (Pompes funèbres), France Obsèques Liberté, « Les Civilisations et les rites funéraires : Les Mayas », copyright le 02.07.1999, http://www.obseques-liberte.com/, consulté le 03.05.2011
43 Il s'agit de la ballade # 120A de Francis James Child, parue dans : Francis James Child, The English and Scottish Popular Ballads, Boston (N.Y), Mifflin & Company, 1888, volume III

Références bibliographiques

1. Sources primaires

Anonyme, The geste of Robin Hood, Translated by Robert Landis Frank, Oakland (California), Painted Arrow Publishing, 1974, version numérisée consultée sur : http://web.ics.purdue.edu/~ohlgren/gesttrans.html

Child Francis James, The English and Scottish Popular Ballads, Boston (N.Y), Mifflin & Company, 1888, volume III

Englebert Annick, Guide pour la présentation des travaux écrits (Langues et littératures françaises et romanes), Bruxelles, Presses universitaires de Bruxelles, 2010, 4ème édition, 81 p.

Knight Stephen & Ohlgren Thomas H., Robin Hood and Other Outlaw Tales, Kalamazoo, Michigan (coll. « Medieval Institute Publications »), 1997, version numérisée consultée sur :
http://www.lib.rochester.edu/camelot/teams/gest.htm

2. Sources secondaires

2.1 Ouvrages scientifiques

Barczewski Stephanie L., Myth and National Identity in Nineteenth-Century Britain (The Legends of King Arthur and Robin Hood), Oxford, Oxford University Press, 2000, 274 p.

Benoit-Dusausoy Annick & Fontaine Guy, Lettres européennes : manuel d'histoire de la littérature européenne, Bruxelles, De Boeck, 2007, p.132

Bloomfield W. Morton, Piers Plowman as Fourteenth Century Apocalypse, New Brunswick (N.J), Rutgers University Press, 1951, XIII-252p.

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Hill Rosalind, From the conquest to the Black Death in Gilley Sheridan & Weils W.J. (éd.), A History of Religion in Britain (Practice and Belief from Pre- Roman Times to the Present), Cambridge/Oxford, Blackwell, 1994, pp.45- 60

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