La légende de Robin des Bois dans les comics en outre-Atlantique

Fanny Paquet

 

Table des matières

Introduction
1. Du comic strip au comic book : naissance d’un média
2. Années 1930 : premières représentations de Robin des Bois
2.1 Robin Hood de Charles Flanders
2.2 Robin Hood and Company, Ted McCall et Charles Snelgrove
2.2.1 Temporalité et structures narratives du comic book
2.2.2 Représentation des personnages et idéologies modernes véhiculées
3. Années 1940 : le Robin des Bois du Classic illustrated
4. Années 1950 : Richard Greene et le succès à la télévision, floraison des comics
4.1 Robin Hood
4.2 Robin Hood Tales
4.3 Robin Hood and his merry men
5. Années 1960, essoufflement du genre
6. Green Arrow : illustration du renouvellement de Robin des Bois
Conclusion

Étude

Introduction

Le personnage de Robin des Bois a traversé les époques et les frontières puisqu’il a été exploité  sans discontinuer par différents auteurs dans des genres très variés allant de la ballade au roman, en passant par le théâtre et l’opérette.  Au XXe siècle, ce héros va gagner une popularité internationale grâce au cinéma de divertissement hollywoodien. Il sera par la suite repris dans de nombreux médias populaires comme la bande dessinée, qui fut prolifique le concernant, mais qui n’a pourtant fait l’objet d’aucune étude approfondie. C’est pour cela que nous avons décidé de travailler sur la légende de Robin des Bois dans la bande dessinée.
La bande dessinée se définit comme « une forme de récit fonctionnant à partir d’une suite d’images fixes organisée en séquences. Elle est en outre caractérisée par l’association de l’image et du texte (de l’iconique et du linguistique) dans une relation de complémentarité »1. Le comics pourrait être défini de la même manière, il s’agit simplement d’un terme anglo-saxon utilisé pour désigner la bande dessinée américaine en générale.

L’intérêt de travailler ce genre en particulier est donc double car il allie l’image du personnage et la trame narrative d’un texte, et se trouve aux confins de l’exploitation de Robin des Bois dans la littérature et dans le cinéma. De plus, tout comme le média cinématographique, le comics permet d’illustrer comment un personnage médiéval a pu être adapté aux préoccupations modernes du XXe siècle et aux idéologies américaines.

À cause du nombre colossal de bandes dessinées et de comics qui ont exploité le bandit de Sherwood, nous avons dû nous limiter à une période donnée et à un lieu donné. Nous avons donc choisi d’illustrer le personnage dans les débuts du comics outre-Atlantique, c’est-à-dire des années 1930 à 1960. En effet, c’est à cette époque que Robin fut le mieux représenté dans les comics grâce à sa popularité au cinéma. De plus, on retrouve ce héros dans les bandes dessinées surtout aux États-Unis et au Canada puisqu'en Angleterre le comics sera un média peu utilisé. En Europe, l’école de la bande dessinée franco-belge va également reprendre le héros à partir de la seconde moitié du XXe siècle, mais il s’agira là surtout de parodies et cette période est beaucoup moins bien documentée.
En outre, nous évoquerons brièvement l’Archer vert, l’un des super-héros de bande dessinée qui se sont inspirés de la légende de Robin des Bois, afin d’illustrer le fait qu’un personnage comme Robin a fait l’objet d’adaptations modernes.

Bien sûr, les comics ainsi que les personnages que nous évoquerons et analyserons ne sont qu’un échantillon de l’entièreté des bandes dessinées qui ont pu paraitre sur le sujet. Nous avons choisi d’utiliser les exemples les plus représentatifs, mais cette étude ne saurait être complète, il s’agit simplement d’une première approche destinée à comprendre et analyser les principales caractéristiques que notre hors-la-loi a dû emprunter dans un média tel que la bande dessinée.

1. Du comic strip au comic book : naissance d’un média

On fait traditionnellement remonter l’invention de la bande dessinée à l’année 1833 lorsque le genevois Rodolphe Töpffer décide de publier ses Histoires en estampes qui allient pour la première fois une succession d’images en bandes et un texte explicatif. Cependant le genre a réellement pris son essor non pas en Europe mais outre-Atlantique. En effet, à partir de la fin du XIXe siècle, la presse américaine désireuse d’augmenter son audience va pourvoir ses journaux d’une page de bande dessinée. Cette idée connaitra un succès énorme et assoira l’utilisation de ce média populaire dans la presse jusqu’à nos jours.

Ce genre est donc à la base destiné à divertir des adultes et sera repris par la suite dans la littérature enfantine. Les bandes utilisées par la presse sont alors appelées des comic strips, littéralement des bandeaux amusants ou encore des funnies, puisqu’ils abordent des sujets humoristiques et légers.

Vers le début du XXe siècle, certains hommes d’affaires vont pressentir le potentiel commercial du comics. En 1912, William Randolph Hearst, propriétaire du New York Journal, crée le King Features Syndicate. Ce sera la première société d’édition qui va faire sortir le comics de la presse pour le publier en recueils appelés comic books. Par la suite, de nombreux autres Syndicates verront le jour et le comic book deviendra un marché juteux.

Dans les années 1930, les bouleversements que connaissent les États-Unis avec la grande dépression vont profondément changer le marché des comics. En effet, la précarité dans laquelle se retrouvent un grand nombre d’Américains du jour au lendemain va augmenter sensiblement la demande de divertissement. Le public rêve d’évasion et a besoin de grandes figures auxquelles s’identifier. C’est pourquoi, à partir de cette époque les auteurs de comics vont mettre en scène de grands hommes vivant des aventures extraordinaires aux quatre coins du monde.

L’on va retrouver des personnages comme Tarzan, Buck Rogers, crées en 1929, ou encore le fameux policier Dick Tracy qui combat les gangsters en 1931. C’est la naissance de la bande dessinée d’aventure qui deviendra un genre de bande dessinée à part entière.

Poussés par cette nouvelle direction que prend le comic strip, certains dessinateurs ou scénaristes vont avoir l’idée de reprendre des héros médiévaux pour incarner un esprit de chevalerie qui connait déjà un grand succès à travers les romans. Ce sera le cas de la bande dessinée prince Vaillant créée par Harold Foster en 1937, mais auparavant, d’autres auront l’idée de reprendre le personnage du brigand anglais qui nous intéresse.

2. Années 1930 : premières représentations de Robin des Bois

2.1 Robin Hood de Charles Flanders 2

La première représentation de Robin des Bois en comics que la postérité ait retenue fut celle de Charles Flanders. Celui-ci travaillait comme dessinateur au King Feature Syndicate qui lui demandera en 1935 de dépeindre les aventures du hors-la-loi dans l’édition dominicale d’un journal.

Ce fut la seule bande dessinée qu’il ait jamais créée et celle-ci n’eut pas de succès. Elle fut retirée de la circulation après trois mois. 
Cette bande dessinée présente en une page l’une des intrigues des aventures de Robin des Bois. Par exemple, dans l’une des planches, il est prévenu par Marianne que l’un de ses compagnons, Will Stutely, va bientôt être exécuté par le sheriff et il parvient à s’immiscer à Nottingham pour empêcher cela. Chaque aventure est centrée sur les combats de Robin avec ses ennemis et les planches se terminent par le début d’un nouveau rebondissement. Dans notre exemple, le sheriff reconnait Robin parmi la foule, ce qui permet à Flanders de laisser le lecteur en haleine jusqu’à la prochaine aventure. (fig. 1)


Fig. 1- Le sheriff de Nottingham reconnait Robin

En ce qui concerne l’histoire, bien que réduite à son minimum, il semblerait que Flanders se soit inspiré du roman d’Howard Pyle The Merry Adventures of Robin Hood paru en 1883. Nous pensons cela car la scène du sauvetage de Will Stutely constitue le  principal sujet de l’un des chapitres du roman de Pyle3. Ce roman destiné à la jeunesse a connu une postérité immense aux États-Unis4 Nombre des scènes qui nous paraissent incontournables dans les aventures du bandit de Sherwood proviennent de ce livre. Nous pouvons citer par exemple la scène du combat au bâton entre Robin et Petit Jean, celle où Frère Tuck porte Robin sur ses épaules pour lui faire traverser un cours d’eau ou encore celle où Robin remporte un concours de Tir à l’arc. Toutes ces scènes vont faire partie intégrante de l’imaginaire anglo-saxon et vont se retrouver dans les médias populaires comme les films, les séries télévisées ou encore les bandes dessinées.

En ce qui concerne la représentation physique de Robin, elle est somme toute des plus classiques. Il est vêtu du costume traditionnel du garde forestier anglais qui est depuis lors devenu son principal signe de reconnaissance5. Il est de plus pourvu d’une épée, d’un poignard et d’un arc qui sert plus de signe de reconnaissance que de réelle arme dans ces aventures.(fig. 2) Comme le dit Umberto Eco, le héros de bande dessinée se doit d’être un archétype au même titre qu’un héros antique, il est toujours représenté de la même manière car il traduit des aspirations universelles, mythiques. Cependant, puisqu’il est inséré dans une société moderne, il doit être soumis à la nouveauté, tant au niveau du déroulement de l’action qui sera plutôt romanesque qu’au niveau de ses représentations qui se moderniseront.6


Fig. 2- Représentation du Robin des Bois de Charles Flanders

C’est ce qu’il se passe avec le personnage de Robin des Bois. Celui-ci sera toujours représenté avec un costume et des accessoires qui permettront de l’identifier directement mais il va traduire des aspirations modernes et connaitra des influences neuves dans ses représentations. Par exemple, sa musculature surdéveloppée et ses collants dans notre premier exemple préfigurent selon nous la représentation des héros modernes qui vont apparaitre à partir de 1938 dans les comic strips avec la naissance de superman : les super-héros. Ceux-ci ont des réalisations très variées mais, « à l’origine, il s’agissait de personnages possédant des pouvoirs extraordinaires, d’origine naturelle ou au travers de gadgets et qui luttaient pour le bien en se revêtant de costumes colorés pour sauvegarder leur identité civile »7. Bien sûr Robin des Bois n’est pas un super-héros, il n’a pas de super pouvoirs. Cependant, de nombreux parallèles peuvent être faits entre ce héros médiéval et les super-héros modernes. Tout comme ceux-ci, Robin est un justicier qui défend les opprimés. Il est habillé avec un costume reconnaissable entre tous. Généralement, c’est un combattant remarquable, il tire à l’arc d’une façon exceptionnelle.  Enfin, avant de devenir le héros que nous connaissons qui combat dans la forêt, c’était un noble bien inséré dans la société, qui a par la suite pris le pseudonyme de Robin des Bois. Selon nous, c’est d’ailleurs grâce à ces ressemblances que certains auteurs de comics ont créé des super-héros à partir de la légende de Robin des Bois, comme Green Arrow dont nous parlerons par la suite.

2.2 Robin Hood and Company, Ted McCall et Charles Snelgrove 8

En 1936 parait Robin Hood and Company, un comic strip écrit par Ted McCall et dessiné par Charles Snelgrove qui retrace les aventures de notre hors-la-loi dans le journal canadien Toronto Telegramn.
Il s’agit là du comics de référence en ce qui concerne les aventures de Robin en bande dessinée. En effet, tout d’abord, celui-ci connaitra un succès immense et sera publié dans le Toronto Telegram jusqu’en 1940. Comme le dit The world encyclopaedia of, « Robin hood and company was one of the few epics to last for any lenght of time in the comic strips. »9

Ensuite, ces aventures seront rééditées en recueil que l’on appelle des comic books et l’on considère que ce sera le premier comic book canadien à paraitre10. Celui-ci sera publié jusqu’en 1946, et disparaitra lorsque les aventures des super-héros américains inonderont le marché canadien après la seconde guerre mondiale.
Le comic book se présentait tout d’abord comme une simple republication des bandes dessinées parues dans le journal mais Ted McCall décida par la suite de réécrire d’autres aventures de Robin et d’étoffer le comic book avec d’autres histoires comme The men of the mounted. Robin Hood and Company deviendra donc une véritable revue de bande dessinée.

2.2.1 Temporalité et structures narratives du comic book

Puisque la série Robin Hood and company a connu une longévité importante, c’est un parfait exemple de la temporalité et des structures narratives imposées par un média comme la revue de bande dessinée.

En effet, dans ce genre de média, une brève histoire est publiée chaque semaine en quelques planches. Le tout n’est pas de mettre l’accent sur le déroulement de la vie du héros mais sur la trame des aventures, les nœuds dramatiques, qui deviennent des fins en soi11. Tous les rebondissements de l’histoire se multiplient à l’infini et la temporalité devient floue, le héros n’a plus de passé ni d’avenir. Cette structure temporelle va obliger les scénaristes à être novateurs quant aux histoires de Robin qu’ils vont mettre en scène. Ceux-ci ne peuvent en effet  plus se baser uniquement sur des sources littéraires comme Pyle, ayant un début, un déroulement et une fin.

Comme le dit Thomas Leitch, il va plutôt s’agir d’utiliser  « a grammar of narrative possibilities »12. Celui-ci nous explique que la légende de Robin des Bois n’a pas une source unique qui fasse réellement autorité. Il est donc normal que certaines réadaptations de la légende soient très libres et que des médias flexibles comme les séries télévisées ou les revues de bande dessinées aient repris l’histoire du bandit de Sherwood. 

Les réadaptations vont donc plutôt user d’une série de motifs, de canevas donnés. C’est le cas dans cette bande dessinée où, comme le dit The world encyclopaedia of comics, « Robin’s adventures did not follow the exploits ascribed to him by legend (as the later Robin Hood movie version was to do) but were original stories. »13

Par exemple dans le numéro trente-quatre de 194614, Tec McCall utilise un canevas que nous avions rencontré dans le Robin Hood de Charles Snelgrove, il sauve des hommes du gibet. (fig. 3) Cependant, ici l’histoire est exploitée de manière très libre. Sire Miles de Pastengett, un personnage inventé de toutes pièces, condamne ses valets à mort puisqu’ils refusent de le servir. L’ermite d’Hawthorn leur a conseillé la protestation par la non-violence et sera également arrêté pour être pendu. Par la suite, Robin les sauvera de la pendaison et punira sire Miles tout en encourageant son fils sire Guy à reprendre les rênes du pouvoir.


Fig. 3- Robin sauve les valets de Sire Pastengett et l’ermite d’Hawthorn

2.2.2 Représentation des personnages et idéologies modernes véhiculées

Lorsque l’on regarde de plus près la représentation physique du Robin de Ted McCall, c’est un homme élancé, pourvu de l’habillement classique vert de Robin, qui ressemble beaucoup à celui du Robin de Charles Snelgrove. (fig.4) Cependant, il est amusant de noter une certaine parenté physique avec le Robin de Douglas Fairbanks. (fig. 5) En effet ce film muet sorti en 1922 est l’un des premiers films américains mettant en scène Robin des Bois et aura un succès considérable outre-Atlantique15.


Fig. 5- Robin des Bois joué par Fairbanks en 1922


Fig. 4- Robin dans Robin Hood and Company

Ensuite, nous pourrions dire que dans cette bande dessinée, la représentation physique des personnages est totalement manichéenne contrairement à celle de Flanders qui avait figuré les ennemis et Robin des Bois de la même manière. En effet, l’ennemi sire Pastengett est un horrible gaillard bedonnant (fig.6), Jean sans Terre est un personnage froid et crispé (fig.7) tandis que Robin des Bois et ses hommes de mains sont des jeunes hommes musculeux et bien portants. Cette représentation physique a pour but de permettre à la jeunesse d’identifier rapidement les héros, ceux qui transmettent les bonnes valeurs, et les méchants, ceux qui n’obéissent pas à la morale. Ces valeurs du bien et du mal un peu simplistes où le héros est certain du bienfondé de ses actes sont utilisées dans les comics de la première moitié du XXe siècle. En effet, à cette époque, les héros et les super-héros représentent le bien absolu. Ils agissent pour le bien et la justice. Tout ce qu’ils font est conforme à la morale de la classe bourgeoise prédominante de l’époque16 tandis que les ennemis sont mauvais par nature. Par la suite, dans les années 1960, avec l’émergence de nombreuses critiques faites à la classe bourgeoise dominante, les choses vont évoluer et les héros de bande dessinée vont être plus complexes : ils connaitront le doute face à la justice et à la morale


Fig. 6- Sire Miles de Pastengett


Fig. 7- Jean sans Terre

Jusqu’à l’entre-deux-guerres les bandes dessinées reprenant les histoires de Robin seront donc très manichéennes. Or, bien évidemment, tout comme dans la légende populaire le hors-la-loi incarne le bien. La popularité de cette idée d’un hors-la-loi justicier dans les comics s’explique par le fait qu’à cette époque, les bandes dessinées d’aventure mettant en scène des héros et des super-héros combattant contre le crime traduisent un malaise de la société face à une justice et des autorités qu’elle juge incompétentes. En effet, comme le dit Sarah Beach, « Current American culture hovers between a feeling that the policing system may be inadequate and a desire to believe in the sufficiency of our justice system »17. Utiliser un hors-la-loi comme héros demeure une critique de la société même si cette légende a été récupérée par la classe bourgeoise, et que le fait qu’elle se passe dans l’Angleterre médiévale diminue sa portée critique quant à la société américaine. En conséquence l’utilisation de cette légende est paradoxale, puisqu’elle traduit les valeurs morales prédominantes de la société américaine alors que celles-ci sont véhiculées par la figure du hors-la-loi.

En outre, dans notre histoire, Robin sauve un ermite qui prêche la non-violence. Il est également toujours accompagné de Frère Tuck qui le conseille tandis que du côté des seigneurs les figures religieuses sont absentes. C’est de nouveau une manière de montrer de quel côté se trouve le bien. De plus, la religion se trouve mise en avant grâce au personnage de l’ermite qui traduit les valeurs chrétiennes. N’oublions pas qu’outre atlantique, au Canada comme aux États-Unis et en particulier durant la première moitié du XXe siècle, la religion occupe encore une très grande place dans la vie des gens et ces bandes dessinées sont un peu une manière de plus d’éduquer la jeunesse aux valeurs chrétiennes.

Enfin, il est également significatif que l’aventure se termine par un banquet. (fig. 8) En effet, ce sera un motif utilisé dès le livre Ivanhoé de Walter Scott. Ce motif sera repris par la suite comme symbole de réconciliation sociale18. Le banquet met en scène une bonne entente entre les hommes de Robin et le fils du sire Miles de Pastengett, imaginant un équilibre entre les hors-la-loi redresseurs de tort et les dirigeants du royaume.


Fig. 8- Banquet avec Guy de Pastengett dans Robin Hood and Company

3. Années 1940 : le Robin des Bois du Classic illustrated 19

En 1941, la série des Classic illustrated publie lors de son septième numéro les aventures de Robin des Bois. Cette collection a pour but de réadapter en bande dessinée les grands classiques de la littérature comme Oliver Twist, Roméo et Juliette, ou encore L’Homme au masque de fer. Le numéro retraçant les aventures de Robin des Bois connaitra un succès durable et sera réédité de manière constante jusque dans les années 1960. Cette bande dessinée a un statut différent par rapport à celles que nous avons vues jusqu’à présent puisqu’il s’agit d’un seul numéro qui n’utilise pas la temporalité d’une revue mais qui retrace l’histoire complète du héros selon les schémas d’une source littéraire.

Il est cependant frappant de voir que tandis que l’on a indiqué les noms des auteurs originaux sur la couverture des autres bandes dessinées, Robin des Bois reste sans auteur. En effet, les scénaristes ne se sont absolument pas inspirés d’œuvres littéraires afin de créer ce comics, comme ils l’ont fait pour les autres numéros. Après lecture l’on se rend compte que la bande dessinée est totalement inspirée du film de Michael Curtiz. En 1938 la Warner Bros va produire Les aventures de Robin des Bois avec pour vedette l’australien Errol Flynnn et qui s’inspire en grande partie du film de Dwan de 192220. Il s’agit là du premier film technicolor jamais réalisé et il connaitra un succès immense qui internationalisera pour de bon la légende de Robin des Bois. La collection Classic illustrated va donc jouer sur le succès de la Warner Bros et publier une bande dessinée qui reprend étape par étape les intrigues du film de Curtiz.

En substance, toute l’histoire est identique au film mettant en scène Errol Flynn : Robin de Locksley refuse de se soumettre au prince Jean et décide de créer la résistance. Toutes les scènes sont tirées du film et les auteurs de la bande dessinée ont conservé jusqu’à la mise en scène. Par exemple, lorsque l’on observe la scène où Robin pénètre par effraction dans le château du prince Jean et lui apporte par provocation un cerf royal qui avait été tué par un braconnier, la ressemblance ne saurait être mise en doute. (fig. 9-10)


Fig. 9- Scène du cerf dans le Classic Illustrated


Fig. 10- Scène du cerf dans le film mettant en scène Errol Flynn en 1938

Quant à la représentation des personnages, elle est globalement similaire. Robin, Frère Tuck et Petit Jean portent tous trois exactement les mêmes costumes que dans le film même si le dessinateur a essayé de s’éloigner de la représentation physique des acteurs. (fig. 11) Il est à noter que le prince Jean et le sheriff de Nottingham ont été enlaidis dans le comics tandis que dans le film ils possédaient une certaines noblesse. (fig. 12) Le roi Richard a également été rajeuni et embelli. (fig. 13) En effet, il ne faut pas oublier que le comic book était destiné à la jeunesse et comme nous l’avons dit plus haut, les « bons » et les « méchants » devaient être rapidement reconnus par les enfants21.


Fig. 11- Petit Jean, Robin et Frère Tuck dans le Classic Illustrated


Fig. 12- Jean sans Terre dans le Classic Illustrated


Fig. 13- Le roi Richard dans le Classic Illustrated

Dans ce comics, il y a cependant quelques différences notables avec le film. Les auteurs de la bande dessinée vont ajouter quelques intrigues secondaires afin d’augmenter les rebondissements, comme lorsque le Frère Tuck est chargé par Robin de marier un jeune troubadour à une jeune fille qui avait été obligée par son père d’épouser un vieillard riche et noble. Ces intrigues secondaires ont été ajoutées dans un dessein particulier : remplir le vide causé par la suppression de toutes les scènes contenant le personnage de Marianne.

Il est assez frappant de constater que Marianne a été totalement supprimée du comics alors qu’elle avait un rôle important dans le film de Curtiz. En fait, aucun personnage féminin n’apparait dans cette bande dessinée hormis quelques figurantes.

Ce qui est encore plus significatif, c’est que le personnage de Marianne ne se retrouve dans aucun des exemples qui ont été précédemment cités. Charles Flanders  ne nous montre qu’une brève apparition du personnage tandis qu’il n’apparait jamais dans Robin Hood and company.

« Most adventure comics were created by men for a male audience, and women generally came off very badly »22 nous dit Comics, comix and graphic novels. Les comics furent donc crées au début à l’intention des jeunes garçons. Le roman d’Howard Pyle fut également destiné à la jeunesse masculine, et l’on voit bien que la figure de Marianne y occupe très peu de place.

Cependant, le comics va faire un pas de plus que Pyle et éluder totalement tout personnage féminin et toute dimension amoureuse. Robin est uniquement un justicier qui évolue dans un univers entièrement masculin. On ne peut pas vraiment expliquer cette suppression totale du personnage féminin mais nous pensons que ces bandes dessinées d’aventures se centraient sur les péripéties des héros et qu’elles devaient présenter des histoires simplifiées par rapport aux romans puisqu’elles n’avaient pas le temps de développer aussi longuement les intrigues. Il n’y avait donc pas du tout de place pour Marianne tandis que chez Pyle, elle apparait discrètement.

4. Années 1950 : Richard Greene et le succès à la télévision, floraison des comics

Dans le courant des années 1950, l’industrie du comic book connait une période de crise. Inquiété par la montée de la délinquance juvénile, le sénat américain va instaurer un Comics code très strict qui diminuera grandement la production de bandes dessinées. De plus, le comic book  va souffrir du succès grandissant de la télévision qui deviendra un média important de divertissement. En effet, « as television became the primary source of family entertainment, all other media were left to compete for a shrinking remainder of the public’s leisure time »23.

À cause de cette récession, les producteurs de comics vont devoir rivaliser d’ingéniosité afin de faire vendre leurs revues. Ils vont par exemple jouer sur la vague de succès de certaines séries télévisées afin de reconquérir un certain public.

Ce fut le cas pour le personnage de Robin des Bois. En 1955, la série télévisée Robin Hood réalisée entre autres par Terence Fisher sera diffusée pour la première fois sur la chaîne anglaise ITC24. Celle-ci connaitra un succès durable jusqu’en 1960 et sera également diffusée aux États-Unis. Les producteurs de comics vont profiter de ce succès et publier durant cette période de nombreuses bandes dessinées sur Robin des Bois. Ces comics ne vont pas totalement s’inspirer de la série, mais nous pouvons constater quelques similitudes physiques. Par exemple, comme le dit Allen Wirght, «Usually, the comic book Robin Hood of this era was clean-shaven with dark hair (like his then-current TV counterpart) and tended to have red, orange or yellow tunics rather than the familiar Lincoln green »25. (fig.14- 15) 16) Il est cependant intéressant de voir que les intrigues de ces comics ont subi d’autres influences.


Fig. 14- Robin dans Robin Hood and his merry men


Fig.15- Robin dans Robin Hood Tales


Fig. 16- Robin dans Robin Hood

4.1 Robin Hood 26

Robin Hood est un comic book publié en revue à partir de novembre 1955 par la Sussex Publishing Company à New-York. Le premier numéro commence encore par la poursuite d’un braconnier que Robin sauve de la pendaison. Le braconnier le remercie et lui demande qui il est.C’est l’occasion pour les auteurs d’introduire toute l’histoire de Robin. Il s’agit ici du noble Robert de Huntingdon parti en croisade avec Richard cœur de lion. Celui-ci le charge de retourner en Angleterre afin de protéger ses intérêts face au prince Jean qui est monté sur le trône. Lorsqu’il revient en Angleterre, son fief a été usurpé par Gui de Gorley. Il rencontre une bande de malfrats dans la forêt de Sherwood qui le reconnaissent et en font leur chef.

Nous pouvons observer que l’intrigue initiale est en grande partie inspirée de la série mais que les auteurs de ce comics ont utilisé de nombreuses autres sources afin de construire leur récit.

Tout d’abord les noms utilisés dans le comics sont totalement différents. Alors que Richard Greene s’appelle Robin de Locksley et qu’il se fait voler ses terres par Robert de Lisle, dans cette bande dessinée, Robert Earl d’Huntingdon est volé par un certain Gui de Gorley.  Rappelons que dans la tradition, Robin des Bois a connu de nombreux noms différents à cause du fait que « the tradition lacks unity »27. Peut-être que les auteurs de la bande dessinée souhaitaient s’éloigner de la série télévisée en modifiant le nom des personnages.

Ensuite, lorsque Robin rapporte la formation de sa bande de joyeux malfrats, on ne peut s’empêcher de penser à nouveau au roman de Pyle et au film mettant en scène Errol Flynn car les scènes de rencontres entre Robin et Petit Jean ainsi que Frère Tuck sont identiques. De plus, Robin va payer la rançon du roi Richard en volant les richesses des acolytes du prince Jean ce qui peut faire penser au film de Fairbanks. Les auteurs du comics se sont donc également inspirés de ces deux sources.

Enfin, une grande évolution de cette bande dessinée et que l’on pourra remarquer pour les comic books qui suivront, c’est l’introduction du personnage de Marianne. Dans ce comics, elle ne fait qu’une brève apparition et son personnage manque de consistance. Cependant nous verrons qu’elle prendra de l’importance dans certains comics.

4.2 Robin Hood Tales 28

Robin Hood tales a été publié pour la première fois en février 1956 par le Comics magazine en Illinois. Ici l’histoire commence avec l’introduction tout à fait classique du personnage de Robin qui se bat contre la tyrannie du prince Jean et du sheriff de Notthingam. Le roi Richard est parti en croisade et son frère le prince Jean a usurpé son trône. Se succèdent alors toute une série d’aventures : accompagné de Will Scarlett et de petit Jean, Robin force les chasseurs royaux à rapporter un cerf en bois au sheriff, il lui renvoie ses hommes de main ligotés sur leur chevaux, etc. L’intrigue générale se compose du fait que Robin et ses amis s’introduisent au banquet du sheriff pour lui voler de la nourriture et que sa tête est mise à prix.

Nous pouvons cependant remarquer deux points originaux dans ce comics. Robin s’appelle ici Robert de Fitzooth. Or, le nom Fitzooth ressemble à s’y méprendre à Fitz Odo. Fitz Odo fut l’un des hommes que les historiens ont pris pour le « vrai » Robin des Bois historique29. Il est donc frappant de voir à quel point les auteurs de bande dessinée étaient documentés. De plus, ce comics est original car il suit également en parallèle les aventures de Richard Cœur de Lion parti en croisade. Il y a donc toute une partie plus épique et chevaleresque où l’on voit Richard se battre contre les sarrasins.

4.3 Robin Hood and his merry men 30

Le numéro de Robin Hood and his merry men dont nous disposons date d’avril 1956. Ce comics est paru pour la première fois en février 1955. Il a été publié par le Charlton comics group en Illinois. Dans cette bande dessinée, Robin des Bois est né dans la forêt de Sherwood et il connait Marianne de longue date, puisqu’elle est à l’origine son amie d’enfance. Cette donnée nous ferait plutôt penser à une influence du film de Walt Disney Picture, Robin des Bois et ses joyeux compagnons sorti en 1952 puisque ces deux variations sont des innovations de ce film31.

Dans ce comics, Robin veut participer au concours de tir à l’arc organisé par le prince Jean. Il y va masqué et remporte la flèche d’or que Marianne est chargée de lui donner mais le sheriff reconnait Robin et celui-ci est obligé de s’enfuir. Robin est accompagné d’Alan-a-Dale et de Will Stuteley, ce qui nous montre encore la variation de la tradition populaire qui va tantôt mettre en avant un personnage aux côtés de Robin, tantôt l’autre.

L’originalité de ce comics est que le personnage de Marianne est très bien représenté. L’histoire d’amour entre elle et Robin est même au cœur de l’intrigue. Ils agissent ensemble afin de combattre le prince Jean et ses acolytes et certaines histoires sont centrées sur le personnage de Marianne que Robin doit sauver. Sa soudaine apparition dans les bandes dessinées est intrigante, puisque la représentation des personnages féminins, du moins dans les comics, va uniquement évoluer à partir des années 1960. Peut-être est-ce le fait que Robin Hood and his merry men cible un public plus âgé tandis que les comics que nous avons étudiés auparavant étaient destinés à des garçons plus jeunes. En effet, comme le dit Marc Soriano, les livres de jeunesse qui ciblent un public pré-pubère vont comporter une forte différenciation entre les sexes, tandis que les livres visant un public adolescent vont plutôt se centrer sur la vie affective des personnages32. Il serait donc normal que l’on insère des personnages féminins puisque les histoires vont varier en fonction du public visé. Cela ne reste cependant qu’une hypothèse.

5. Années 1960, essoufflement du genre

En 1960, on remarque que les comic books américains se désintéressent totalement des aventures du héros de Sherwood. Il y a plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord, dans le courant de 1960, la série de Richard Greene disparait des écrans. En outre, Hollywood se désintéresse de Robin des Bois qui sera plutôt mis en scène dans des films européens33 jusque dans le courant des années 1970. Or, nous savons que les producteurs de comics s’appuient fortement sur le marché de la télévision et du cinéma pour produire leurs bandes dessinées. Richard Greene disparaissait des écrans, et les héros des anciens films de Robin étaient beaucoup trop désuets pour susciter un quelconque intérêt auprès de la jeunesse américaine de cette époque. Le personnage de Robin des Bois était donc dépassé aux yeux des jeunes.

De plus, concernant le marché du comics, le gout du public avait fortement changé depuis l’avènement de la bande dessinée d’aventure en 1930. En effet, après la période de crise de 1955, les producteurs de comics vont essayer de relancer les ventes de bande dessinées en créant des super-héros plus complexes tant au niveau de leur personnalité que de leurs superpouvoirs. L’invention de Spiderman ou Ironman date de cette période par exemple. Le public ne se contente plus d’aventures mythiques, historiques ou épiques, il a soif d’aventures futuristes avec des héros hors du commun. En outre, c’est à cette époque qu’apparait la bande dessinée underground appelée les comix qui représente la contre-culture du mode de vie et des idéologies américaines et qui met en scène des aventures plutôt modernes. Ce nouveau genre représente une grand part de marché à l’époque. Par conséquent, il n’y a plus de place pour les aventures de Robin des Bois dans le marché du comics américain, du moins pour ce qui est des représentations classiques du héros. La figure du hors-la-loi de Sherwood devra se renouveler pour trouver une place dans la bande dessinée.

6. Green Arrow : illustration du renouvellement de Robin des Bois

Pour clôturer notre étude, nous souhaitions aborder très brièvement une figure de comics qui est l’un des principaux renouvellements du personnage de Robin en bande dessinée.

Green Arrow ou l’Archer vert est un super-héros de bande dessinée qui a été créé dès 1941 par le National. Originellement, l’Archer vert et son acolyte Speedy s’inspirent de Batman et Robin car l’Archer vert est également un millionnaire nommé Olivier Queen qui se déguise en super-héros. Cependant, ce qui le distingue des autres héros de bande dessinée, c’est que ses costumes tout comme ses armes s’inspirent en large partie de Robin des Bois. « En fait, les deux héros sont une réincarnation tardive et technologique de ce dernier, car  ils ne manipulent que des flèches »34 nous dit Eco à propos de Green Arrow et de Speedy. En effet, Green Arrow possède tout un attirail de flèches hautement fantaisistes qui va de la flèche fusée à la flèche grappin.

Le personnage changea beaucoup au cours des années, car le National  souhaitait créer un héros plus anticonformiste et qui se distinguerait davantage de Batman.35 D’un jeune homme blond un peu naïf, on créa un personnage beaucoup plus caractéristique, avec une moustache et un air sarcastique. On lui enleva également sa fortune et on en fit un anarchiste en colère, défenseur des opprimés. Tandis que les auteurs de ce comics n’avaient aucune intention de parodier le caractère du personnage de Robin des Bois, l’amalgame fut inévitable. Les auteurs suivants vont donc jouer avec cette ressemblance et vont s’inspirer de la légende du héros pour créer les aventures de Green Arrow. Ils utilisèrent le personnage de Marianne et Frère Tuck et vont également figurer la forêt de Sherwood. C’est donc tout l’univers de Robin des Bois qui va être remis au gout du jour et réinséré dans une société moderne. De plus, le personnage de Green Arrow sera beaucoup moins manichéen et aura aussi ses vices et ses travers, tout comme son acolyte Speedy qui deviendra héroïnomane. Ces aventures sont donc beaucoup moins innocentes, beaucoup plus sombres et destinées à un public plus âgé. Cette évolution est assez surprenante mais traduit les gouts d’un public plus moderne qui ne se contente plus de récits épiques naïfs.

En outre, ce personnage illustre parfaitement le fait que le personnage de Robin des Bois ait de nombreux points en commun avec les super-héros de bande dessinée comme nous l’avons vu plus haut. En outre, hormis ces ressemblances, il est significatif de voir que les super-héros et les héros d’aventure sont apparus à la même époque et pour les même raisons. Ils étaient destinés à montrer que des hommes ordinaires pouvaient devenir des héros hors du commun par les hasards de la fortune. Ils véhiculaient les mêmes idéaux de l’Amérique du XXe siècle. Il était donc inévitable selon nous que la mythologie du hors-la-loi de Sherwood rencontre celle des super héros de bande dessinée à un moment donné.

Conclusion

Le personnage de Robin des Bois est devenu au fur et à mesure des siècles un héros incontournable. Son internationalisation via le cinéma au XXe siècle en a fait un personnage mythique qui est l’incarnation d’un Moyen Âge idéalisé, romanesque, champêtre. Une étude a d’ailleurs démontré il y a quelques années que Robin était le premier héros qui venait à l’esprit des adolescents lorsque l’on évoquait la période médiévale36. La bande dessinée a grandement contribué à véhiculer cette image particulière du héros auprès de la jeunesse.

Cependant, ce média n’a fait que transmettre la légende populaire de Robin qui avait été véhiculée à travers de nombreux autres moyens auparavant. La bande dessinée tout comme le cinéma et la télévision n’ont fait que reprendre un mythe charrié durant des siècles au travers de nombreuses cultures, tout en le modernisant. C’est  en grande partie la flexibilité de la légende qui a permis une telle diffusion du personnage. En effet, celle-ci a permis aux auteurs de série télévisée et de revues de bande dessinée de développer les aventures de Robin à l’infini.

Concernant l’univers de la bande dessinée, du comic strip distribué dans les journaux du Toronto Telegram au super-héros Green Arrow, c’est toujours le même Robin des Bois que l’on a repris, réinterprété, façonné selon l’époque, le gout  et l’âge du public.

En outre, le fait que ce héros se retrouve dans un média destiné à la jeunesse est significatif. « Le répertoire enfantin est souvent le dernier refuge des mythes et des traditions véhiculées par le folklore immémorial »37.

Ce phénomène illustre le fait que le personnage de Robin est largement passé dans l’imaginaire collectif, à tel point qu’il peut s’adapter très facilement à tout média et à toute époque. Il a largement dépassé l’univers de la littérature pour se retrouver sous l’aspect de jouets, de cartes à jouer, de dessins animés, de héros de parc d’attraction, signe que ce héros est définitivement devenu un archétype dans notre société moderne.

Notes

1 Paul Aron et al., Le dictionnaire du littéraire, 1er éd., Paris,  Presses universitaires de France, 2004.
2Charles Flanders, Robin Hood, s. l.,  s. n. d’éd., 1935. Version disponible sur ebay.
http://cgi.ebay.com/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&_trksid=p4340.l2557&item=200585857198
&nma=true&rt=nc&si=lseOuNdRXQbQHCzdBvqEaoiEqy0%253D.
3Howard Pyle, The Merry Adventures of Robin Hood, texte original publié en 1883,s. l. d'éd, s. éd. Version disponible en ligne sur Google books.
http://books.google.be/books?id=KIylN4URDNwC&printsec=frontcover&dq=pyle&hl=fr
&ei=0Ru4TYrhCoSAOsnx2KMP&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CEwQ6AEwAQ
#v=onepage&q&f=false
4François Amy de la Bretèque, La légende de Robin des Bois: personnage de légende, symbole de rébellion, insoumis romantique ou héros justicier...: de la forêt de Sherwood aux grands écrans du monde entier, le mythe de Robin des Bois reste toujours aussi vivant, Toulouse,  Privat, 2001, p 83.
5François Amy de la Bretèque, op.cit.., p. 147.
6Umberto Eco, « le mythe de superman », in La Bande Dessinée à L’université ... Et Ailleurs: Études Sémiotiques Et Bibliographiques, Louvain-la-Neuve: Faculté de philosophie et lettres de l’université catholique de Louvain, 1984, pp 24- 40.
7 Jacques Herschkowitz, Idéologies des super-héros américains, mémoire de licence, Bruxelles, presses universitaires de Bruxelles, 1993.
8Ted McCall (scénario) et Charles Snelgrove (dessins),Robin Hood and company ,Toronto, Anglo-american publishing company, 1946, vol. 3, n°32. Version disponible en ligne sur le Digital comics museum. http://digitalcomicsmuseum.com/index.php?dlid=3853.
9 Maurice Horn, The World Encyclopedia of Comics, Philadelphia, Chelsea House, 1999, p. 585.
10 De nombreuses sources affirment cela, dont Allen Wright, « CHANGES TO THE LEGENDComic books and Copycats » in Robin Hood Boldoutlaw of Barnsdale and Sherwood, dernière mise à jour en 2010, http://www.boldoutlaw.com, consulté le 24 avril 2011.
11Umberto Eco, ibid., p26.
12Thomas Leitch, « Adaptations without Sources: The Adventures of Robin Hood. », Literature Film Quarterly, vol. 36, no. 1, 2008, pp. 27.
13Maurice Horn, op. cit., p. 585.
14Ted  McCall (scénario) et Charles Snelgrove (dessins),op. cit.
15François Amy de la Bretèque, ibid., p. 86.
16 Vicky De Fontbare et Philippe Sohet, « Codes culturels et logiques de classe dans la bande dessinée » in La Bande dessinée à l’université ... et ailleurs: études sémiotiques et bibliographiques, Louvain-la-Neuve: faculté de philosophie et lettres de l’université catholique de Louvain, 1984, p 79.
17Sarah Beach, « Robin Hood and Green Arrow: Outlaw bowmen in the urban modern landscape » in Robin Hood in popular culture: violence, transgression, and justice, Cambridge, D.S. Brewer., 2000, p. 22.
18François Amy de la Bretèque, op.cit.., p. 41.
19 S. a., Robin Hood, New York, Gilberton company (coll. Classic Illustrated n°7), 1941. Version disponible en ligne.
http://www.scribd.com/doc/23182581/Robin-Hood-Classics-Illustrated
20François Amy de la retèque, op.cit.., p. 95.
21 Pour plus d’informations sur la littérature de jeunesse, voir le travail d’Olivia Leemans.
22Roger Sabin, Comics, comix and graphic novels : a history of comics art, London,  Phaidon Press, 1996, p. 79.
23Bradford Wright, Comic book nation : the transformation of youth culture in America, London , Johns Hopkins University Press, 2001, p.155.
24 Amy de la Bretèque dit dans son ouvrage cité plus haut que la série télévisée a été diffusée pour la première fois en 1956, or plusieurs sources attestent que celle-ci a été diffusée en 1955, comme  Allen Wright sur son site Robin Hood Boldoutlaw. Nous décidons de nous accorder avec Allen Wright, puisque le premier comics des années 1950 dont nous disposons date de novembre 1955 et que la ressemblance du personnage de Robin avec Richard Greene dans ce comics est significative selon nous. 
25Allen Wright, « Changes to the legend: comic books and copycats » dans Robin Hood Boldoutlaw of Barnsdale dans Sherwood, dernière mise à jour en 2010,
http://www.boldoutlaw.com, consulté le 24 avril 2011.
26 S. a., Robin hood, New York, Sussex publishing company, 1955, vol. 1, n°52.  Version disponible en ligne sur le Digital comics museum.
http://digitalcomicsmuseum.com/index.php?dlid=11976.
27Valery Johnson, «Robin Hood, general information» in The Robin Hood project, Université de Rochester, 2008,
http://www.lib.rochester.edu/camelot/rh/rhchar.html, consulté le 24 avril 2011.
28Alfred Grenet (éd.), Robin Hood tales, New York, Comics magazine, 1955, n°1. Version disponible en ligne sur le digital comics museum.
http://digitalcomicsmuseum.com/index.php?dlid=2630
29 Pour plus d’information concernant ce point, voir le travail de Rémy Baudouin.
30Al Fago (éd.), Robin Hood and his merry men, Derby, Charlton comics group, 1956 vol. 3, n°28. Version disponible en ligne sur le digital comics museum.
http://digitalcomicsmuseum.com/index.php?dlid=4894.
31François Amy de la Bretèque, op. cit., p. 109.
32Marc Soriano, Guide de littérature pour la jeunesse, Paris, Delagrave, 2002, pp. 119-120.
33 Voir la filmographie d’Amy de la Bretèque, op. cit., pp. 158-159.
34Umberto Eco, op. cit., p.36.
35Sarah Beach, op. cit., p. 23
36Didier Lett, « Le Moyen Age dans l’enseignement secondaire français et sa perception par l’élève : entre mémoire scolaire et mémoire buissonnière » in Revista d’História Medieval, 1993, vol. 4, pp. 291-320.
37François Amy de la Bretèque, op. cit., p.132.

Références bibliographiques

1. Sources primaires

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2. Sources secondaires

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Annexe

Table des figures

FIGURE 1. FLANDERS, Charles Robin Hood, s. l.,  s. n. d’éd., 1935.

FIGURE 2. FLANDERS, Charles Robin Hood, s. l.,  s. n. d’éd., 1935.

FIGURE 3. MCCALL,Ted (scénario) et Charles Snelgrove (dessins),Robin Hood and company ,Toronto, Anglo-american publishing company, 1946, vol. 3, n°34, p. 18

FIGURE 4. MCCALL,Ted (scénario) et Charles Snelgrove (dessins), op. cit., p. 18.

FIGURE 5. Douglas Fairbanks dans DWAN Alan (réalisateur), Robin Hood, Hollywood, s. n. d’éd.,  1922. Illustration disponible en ligne :
http://blogs.indiewire.com/leonardmaltin/archives/remembering_other_robin_hoods

FIGURE 6. MCCALL,Ted (scénario) et Charles Snelgrove (dessins), op. cit., vol. 3, n°32, p. 18.

FIGURE 7. MCCALL,Ted (scénario) et Charles Snelgrove (dessins), op. cit., vol. 3, n°32, p. 22.

FIGURE 8. MCCALL,Ted (scénario) et Charles Snelgrove (dessins), op. cit., vol. 3, n°34, p. 31
FIGURE  9. S. a., Robin Hood, New York, Gilberton company (coll.Classic Illustrated n°7), 1941, p. 4

FIGURE 10. Errol Flynn dans CURTIZ Mickael (réalisateur), The adventure of Robin Hood,  Hollywood, Warner Bros Picture, 1938. Illustration disponible en ligne.
http://www.silive.com/entertainment/index.ssf/2008/12/14-week

FIGURE 11. S. a., Robin Hood, New York, Gilberton company (coll.Classic Illustrated n°7), 1941, p. 23

FIGURE 12. S. a., Robin Hood, New York, Gilberton company (coll.Classic Illustrated n°7), 1941, p. 17

FIGURE 13. S. a., Robin Hood, New York, Gilberton company (coll.Classic Illustrated n°7), 1941, p. 62

FIGURE 14.  FAGO Al (éd.), Robin Hood and his merry men, Derby, Charlton comics group, 1956 vol. 3, n°28, p. 8

FIGURE 15. GRENET, Alfred (éd.), Robin Hood tales, New York, Comics magazine, 1955, n°1, p. 7
FIGURE 16. S. a., Robin hood, New York, Sussex publishing company, 1955, vol. 1, n°52, illustration de couverture

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