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Configuration 6

Le dernier cas de figure que nous allons examiner est celui des pays ou régions où plusieurs langues maternelles sont représentatives, mais dont aucune des langues maternelles représentatives n’a été élevée au rang de langue officielle.

Cette configuration sociolinguistique est illustrée par plusieurs pays africains ― ceux que l’on représente généralement sur les cartes comme ayant le français pour langue officielle.

On citera ici l’exemple de la RDC (République Démocratique du Congo), où quatre langues maternelles dominent : le kiswahili (swahili), le lingala (ngala), le kikongo (kongo), le ciluba (luba), mais où aucune de ces langues maternelles n’a été élevée au rang de langue officielle.

La République Démocratique du Congo

En réalité, la situation linguistique de la RDC est infiniment plus complexe, dans la mesure où plusieurs centaines de langue coexistent sur cet immense territoire, mais où on incite la population à apprendre au moins une des quatre langues qui viennent d’être citées. En RDC, comme dans d’autres pays africains, c’est une langue étrangère à la population (langue exogène) qui a seule le statut de langue officielle, en l’occurrence ici le français.

Cette configuration (plusieurs langues maternelles, dont aucune n’a été élevée au rang de langue officielle) est aussi celle du Bénin (langues maternelles endogènes = fɔn, yoruba, bariba, dendi ; langue officielle exogène = français), du Niger (haoussa, zarma, songhaï, peul, tamasheq, kanouri, arabe dialectal, buduma, gulmancema, tassawaq et tubu) et de plusieurs autres pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Sénégal).

Bénin, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Niger