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2.3.3.6  Configuration 6

Le dernier cas de figure retenu ici est celui des pays ou régions où plusieurs langues maternelles sont représentatives, mais dont aucune des langues maternelles représentatives n’a été élevée au rang de langue officielle :

Langue maternelle et langue officielle – configuration 6

Langue maternelle A

Langue officielle A

Langue maternelle A

Langue officielle B

Langue maternelle A

Langue officielle A, B

Langue maternelle A, B

Langue officielle A

Langue maternelle A, B

Langue officielle A, B

Langue maternelle A, B

Langue officielle C

Ici encore, le nombre de langues maternelles en présence peut être supérieur à deux, ce qui importe étant que la langue officielle n’est pas choisie parmi les langues maternelles en présence.

Cette configuration sociolinguistique est illustrée par plusieurs pays africains – ceux que l’on représente généralement sur les cartes comme ayant le français pour langue officielle.

Prenons pour exemple le cas de la RDC (République Démocratique du Congo), où quatre langues maternelles dominent : le kiswahili (swahili), le lingala (ngala), le kikongo (kongo), le ciluba (luba), mais où aucune de ces langues maternelles n’a été élevée au rang de langue officielle.

La République Démocratique du Congo

En réalité, la situation linguistique de la RDC est infiniment plus complexe que ce qui vient d’être décrit, dans la mesure où plusieurs centaines de langue coexistent sur cet immense territoire, mais où on incite la population à apprendre au moins une des quatre langues nationales dominantes. En RDC, comme dans d’autres pays africains, c’est une langue étrangère à la population (langue exogène) qui a seule le statut de langue officielle, en l’occurrence ici le français.

Sénégal, Bénin, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Niger

Cette configuration (plusieurs langues co-maternelles, dont aucune n’a été élevée au rang de langue officielle) est aussi celle du Bénin (langues maternelles endogènes = fɔn, yoruba, bariba, dendi ; langue officielle exogène = français), du Niger (langues endogènes = haoussa, zarma, songhaï, peul, tamasheq, kanouri, arabe dialectal, buduma, gulmancema, tassawaq et tubu ; langue officielle exogène = français) et de plusieurs autres pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Sénégal…). Toutefois, la plupart de ces pays africains se sont engagés dans un processus de reconnaissance des langues endogènes et tendent à promouvoir celles-ci au rang de langues officielles. Il n’est donc pas impossible que dans un proche avenir la situation linguistique des pays africains réponde à des configurations différentes de celles qu’ils ont actuellement, et qu’à une situation de fait succède une situation de droit.