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2.9  Langues majoritaires et langues minoritaires

Comme on a pu le percevoir au paragraphe précédent, la réactualisation de la définition de la francophonie à laquelle nous procédons depuis le début de ce chapitre a, en définitive, pour objectif d’éviter d’exclure de la francophonie des personnes qui auraient la langue française en partage.

C’est bien le principe de toute définition ; définir, c’est, littéralement, formuler les limites (fines en latin, qui a donné le radical –fin–) de l’extension d’un concept. Dans une définition, il faut veiller, en pointant la différence spécifique, à ne pas inclure dans la définition des objets auxquels le concept n’est pas applicable (si on définit le chat, on ne peut pas se limiter à dire que c’est un animal à 4 pattes, car cette définition conviendrait aussi à un berger allemand ou à un iguanodon). Dans une définition, il faut également veiller à ne pas exclure des objets auxquels le concept est applicable (si on définit le chat comme un animal à 4 pattes et aux yeux bleus, mon chat, qui a les yeux verts, cesse d’être un chat !).

Si nous transposons cette petite mise au point sur le plan des considérations sociolinguistiques qui nous retiennent ici, ce qui est touché du doigt est la nécessité de n’exclure de l’espace francophone, ni les personnes qui ont choisi individuellement de s’exprimer en français, ni les minorités linguistiques.

L’idée de « minorité linguistique » ou de « langue minoritaire » est corollaire de celle de « langue majoritaire », l’une et l’autre nous faisant retomber sur des considérations d’ordre quantitatif que nous avions rencontrées dans l’examen de nos cartes géolinguistiques, mais que nous n’avions pas intégrées dans la définition de la francophonie, dans l’ignorance où nous étions de leur pertinence.

Le moment est venu pour nous d’examiner les aspects quantitatifs de la définition de la francophonie.