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Langues majoritaires et langues minoritaires

On vient de voir que la définition de la francophonie que nous réactualisons régulièrement a pour principe d’éviter d’exclure de la francophonie des personnes qui auraient le français en partage — c’est bien le principe de toute définition ; définir, c’est littéralement formuler les limites (fines en latin) de l’extension d’un concept. Il faut ainsi veiller, en pointant la différence spécifique, à ne pas inclure dans la définition des objets auxquels le concept n’est pas applicable (si on définit le concept de chat,on ne peut pas se limiter à dire que c’est à animal à 4 pattes, car cette définition conviendrait aussi à un berger allemand ou à un iguanodon), il faut aussi veiller à ne pas exclure de la définition des objets auxquels le concept est applicable (si on définit le chat comme un animal à 4 pattes et aux yeux bleus, mon chat cesse d’être un chat !). Pour en revenir à des questions plus sociolinguistiques, ce qui est touché du doigt ici est la nécessité de ne pas exclure les minorités linguistiques.

Le concept de « minorité linguistique » ou de « langue minoritaire » est corolaire de celui de « langue majoritaire » qui nous fait retomber sur les indications d’ordre quantitatif que nous avions rencontrées dans l’examen de nos cartes géolinguistiques, mais que nous n’avions pas intégrées dans la définition de la francophonie, sous réserve d’inventaire.

Dans l’examen des différents usages de la langue que nous avons inventoriés au départ de notre définition de la francophonie, nous avons été confrontés par deux fois à des considérations d’ordre quantitatif.

Nous venons d’envisager le cas des choix, individuels, de s’exprimer dans une langue donnée qui nous a fait déboucher sur le concept de « minorités linguistiques », mais bien avant cela, au moment de traiter la question des langues maternelles, en parlant de la représentativité des langues en vue de leur représentation sur les cartes, nous avions touché du doigt le concept de « langue majoritaire ». On a vu en effet que quand on parle, un peu abusivement, de la langue maternelle d’un pays (ou des langues co-maternelles d’un pays), on parle en fait de la langue maternelle (ou des langues co-maternelles) représentative de ce pays, et cette représentativité est liée à des indications quantitatives : elle est proportionnelle au nombre des locuteurs.