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Faisons le point

Que retenir de ce chapitre entièrement centré sur le concept de francophonie ?

Partis de différentes informations textuelles et graphiques collectées sur Internet, nous nous sommes forgé une définition de la francophonie dont nous nous sommes attelés par la suite à tester tous les éléments, pour nous assurer d’une part qu’ils étaient pertinents pour la définition, d’autre part qu’ils étaient effectivement significatifs pour la définition.

Une partie de notre définition prenait la forme d’un inventaire dont nous avons examiné les éléments un à un. Cet examen nous a permis de constater qu’aucun des éléments de l’inventaire n’était proprement redondant, mais qu’il y avait des usages plus proches les uns des autres, comme ceux de langue officielle et langue administrative, qui ne sont pas en rapport de synonymie mais en rapport d’inclusion, nous les avons donc rapprochés dans la définition :

ensemble des personnes, institutions et régions qui ont le français en partage, quel que soit l’usage que ces personnes, institutions ou régions font du français (langue maternelle ou co-maternelle, langue officielle ou co-officielle, langue administrative, langue vernaculaire, langue d’enseignement, langue choisie, langue de culture, langue véhiculaire…)

Nous avons vu également que lorsqu’on se place à l’échelle des régions ou pays, et non plus seulement à l’échelle des individus, un même usage peut être partagé par plusieurs langues, ce qui nous a amenés à parler de langues maternelles ou co-maternelles, officielles ou co-officielles et à introduire ces nuances dans notre définition.

Un dernier correctif peut être apporté ici à notre définition, dont nous avions assorti l’inventaire des usages de langue de points de suspension, de manière à nous laisser libres d’y ajouter l’un ou l’autre concept rencontré en cours de route. S’il est vrai que nous avons à certains endroits fait état de différences entre langue endogène ou langue exogène, par exemple, que nous sommes retombés à certains endroits sur des considérations d’ordre numérique définissant des langues majoritaires ou minoritaires, il nous est apparu que ces concepts donnaient des informations secondaires, qui ne relevaient pas des différents usages de la langue et n’avaient donc pas à figurer à l’inventaire, qui semble bel et bien être fermé ; on peut donc faire l’économie des points de suspension à la fin de notre inventaire.

ensemble des personnes, institutions et régions qui ont le français en partage, quel que soit l’usage que ces personnes, institutions ou régions font du français (langue maternelle ou co-maternelle, langue officielle ou co-officielle, langue administrative, langue vernaculaire, langue d’enseignement, langue choisie, langue de culture, langue véhiculaire)

Ces informations secondaires (endogène >< exogène, majoritaire >< minoritaire) pourraient éventuellement compléter notre définition sans que celle-ci devienne pour autant incorrecte. Si je ne l’ai pas fait, c’est essentiellement parce que notre définition est apparue comme suffisante, comme suffisamment opérationnelle dans le cadre de ce cours. Dans un autre contexte, la définition gagnerait peut-être à être complétée.

Nous avons vu également que les concepts sociolinguistiques qui émergent de la définition de la francophonie sont transportables à différentes langues, sans subir de transformation. Ainsi, le concept de langue véhiculaire s’est appliqué au fil du temps aussi bien au latin qu’au français ou à l’anglais et a permis de décrire de manière très fine le statut particulier de chacune des langues dites « nationales » de la RDC. Le concept de langue administrative, auquel on aurait pu être tenté de renoncer au profit de celui de langue officielle, a dû être préservé pour pouvoir rendre compte d’un des usages les plus significatifs de l’anglais aux États-Unis. Etc. Ces mêmes concepts sont également apparus comme aptes à décrire les situations linguistiques de toutes les époques, comme des concepts intemporels, puisque notre parcours théorique nous a transportés de l’époque carolingienne à l’époque contemporaine.

Sur un plan plus général, plus méthodologique, ce premier chapitre du cours nous a permis de prendre conscience de la nécessité de prendre nos distances et d’adopter avec constance un regard critique envers les informations que nous trouvons sur Internet ou ailleurs, qu’il s’agisse d’informations textuelles ou graphiques : vérification des informations, vérification des références, examen de l’adéquation entre le texte et l’image… sont autant d’étapes par lesquelles nous devons passer si nous ne voulons pas contribuer à la circulation d’idées fausses.

Sur le plan méthodologique aussi, il nous a familiarisés avec le processus de formulation d’une définition en attirant plus particulièrement l’attention sur la partie de définition consacrée à la différence spécifique (la définition ne doit être ni trop inclusive, ni trop exclusive), en attirant aussi l’attention sur la nécessité de produire une définition qui colle au contexte de l’exposé et ne s’encombre pas d’informations non pertinentes dans le contexte de celui-ci.