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3.4  La variation diagénique

Si la frontière est parfois mince entre la variation diastratique et la variation diaphasique, elle est plus mince encore entre la variation diastratique et la variation diagénique, qui n’ont d’ailleurs été dissociées que très récemment.

La variation diagénique est la variation d’une langue à l’intérieur d’un groupe selon le genre, c’est-à-dire selon le sexe du locuteur ; elle est comme les deux précédentes l’affaire de la sociolinguistique, qui pour ne pas être en reste, a forgé tout récemment le mot « sexolecte » pour définir les différences d’usage de la langue que l’on peut observer entre les hommes et les femmes :

Les dimensions de la variation linguistique – IX

Espace Groupe social Sexe Usage Temps
Variation
diatopique
Variation diastratique Variation diagénique Variation diaphasique Variation
diachronique
Grammaire comparée Linguistique comparative Dialectologie Sociolinguistique Sociolinguistique Sociolinguistique Grammaire historique
Dialecte
Géolecte
Régiolecte
Topolecte
Technolecte Sociolecte Sexolecte    

C’est une variation dont l’étude n’a été mise en avant que récemment, dans le contexte plus vaste des « études de genre » (calque de l’anglais « gender studies »), qui constituent désormais un champ d’étude interdisciplinaire (sociologie, politique, anthropologie, histoire, philosophie, arts… et linguistique).

Appliquée au champ de la langue française, l’étude de la variation diagénique tend plutôt à montrer qu’à l’heure actuelle, la variation linguistique entre la manière de parler français des hommes et celle des femmes est très mince.

Il n’en a peut-être pas toujours été ainsi. On peut imaginer qu’à l’époque, pas si lointaine, où les femmes étaient confinées à la maison, limitées aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants, sans réel contact avec la vie extérieure, il devait exister des différences plus sensibles entre la manière de parler des femmes et celle de parler des hommes, deux groupes sociaux exposés alors à des réalités très différentes.

Voilà donc pour la variation diagénique, que l’on peut fort bien percevoir comme un simple cas particulier de la variation diastratique, les hommes et les femmes ne définissant jamais que deux groupes sociaux. On notera d’ailleurs qu’en définissant la variation diagénique comme se marquant à l’intérieur d’un groupe donné, la linguistique subordonne la variation diagénique à la variation diastratique.