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La variation diagénique

Si la frontière est parfois mince entre la variation diastratique et la variation diaphasique, elle est plus mince encore entre la variation diastratique et la variation diagénique qui n’ont d’ailleurs été pleinement dissociées que très récemment. Pour être tout à fait cohérente, j’aurais d’ailleurs dû examiner la variation diagénique dans la foulée de la variation diastratique. En terminant par elle, j’ai surtout voulu mettre l’accent sur son caractère tardif… et, comme on va le voir, assez peu pertinent pour le français.

La variation diagénique est la variation d’une langue à l’intérieur d’un groupe selon le genre, c’est-à-dire selon le sexe du locuteur ; elle est comme les deux précédentes l’affaire de la sociolinguistique, qui pour ne pas être en reste, a forgé tout récemment le mot « sexolecte » pour définir les différences d’usage de la langue entre les hommes et les femmes :

C’est la seule variation dont l’étude ait dû attendre la sociolinguistique pour être mise en avant, dans le contexte plus vaste des « études de genre » (calque de l’anglais « gender studies »), qui constituent désormais un champ d'étude interdisciplinaire (sociologie, politique, anthropologie, histoire, philosophie, arts… et linguistique).

Appliquée au champ du français, cette étude de la variation diagénique tend plutôt à montrer qu’à l’heure actuelle la variation linguistique entre la manière de parler français des hommes et celle des femmes est très mince.

Il n’en a peut-être pas toujours été ainsi. On peut imaginer qu’à l’époque, pas si lointaine, où les femmes étaient confinées à la maison, limitées aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants, sans réel contact avec la vie extérieure, il devait exister des différences plus sensibles entre la manière de parler des femmes et celle de parler des hommes, deux groupes sociaux exposés alors à des réalités très différentes.

Voilà donc pour la variation diagénique, que vous pouvez fort bien continuer de percevoir comme un simple cas particulier de la variation diastratique, les hommes et les femmes ne définissant jamais que deux groupes sociaux. Je ne l’ai évoquée ici que parce que, phénomène de mode aidant, vous risquez de la rencontrer tôt ou tard dans vos études.