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Le prestige linguistique

Au moment où nous avons abordé l’attitude des Académiciens français du XVIIe siècle à l’égard de certains technolectes, a été utilisé le terme d’ostracisme1, c’est-à-dire le parti-pris d’exclusion à l’égard de variantes de langue propres à certains groupes sociaux.

Ce qui est en jeu ici est le prestige linguistique, c’est-à-dire le fait que la langue utilisée dans certains groupes sociaux jouit d’un prestige plus ou moins grand.

C’est encore ce concept de prestige qui avait poussé à la même époque Vaugelas, académicien, lexicographe et grammairien, à ne s’intéresser qu’à la langue de la noblesse, à la langue « la plus saine partie de la nation » pour reprendre les termes utilisés par Vaugelas lui-même.

Nous allons dans ce chapitre nous arrêter à ce nouveau concept, en commençant par quelques données théoriques.

 

 

1     Ostracisme : ‘au sens historique, vote par lequel certaines cités grecques bannissaient pour dix ans les citoyens qui avaient encouru la défaveur publique’