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Faisons le point

De prime abord, le couple terminologique « acrolecte » – « basilecte », par le composant « –lecte » qu’il intègre, pouvait donner à penser que le prestige linguistique est une autre dimension, la sixième, selon laquelle la langue varie. Certains sociolinguistes l’associent d’ailleurs étroitement à la variation diastratique de la langue.

Mais sans compter qu’il y a là un risque de faire l’amalgame entre groupe social prestigieux et langue de prestige, risque qu’il faut veiller à éviter et que différents « épisodes » de l’histoire de la langue française récusent, on a vu que le concept de prestige linguistique gagnait à être considéré comme un concept transversal, qui lie entre elles les différentes dimensions de la variation linguistique, d’une part, et connait, d’autre part, d’étroites corrélations avec les usages et statuts de la langue.

On a vu ainsi que le prestige agi aussi bien au niveau diatopique, diastratique et diaphasique — seul le niveau diagénique n’a pas été évoqué dans ce chapitre, mais on a vu dans le chapitre précédent que dans le cas du français, ce n’était peut-être pas un niveau pertinent de variation. Le niveau diachronique demeure, lui, pertinent en ce qu’il attire notre attention sur le fait que le prestige d’une langue peut fluctuer au fil du temps. On en verra d’autres exemples dans le chapitre consacré en propre à l’histoire de la langue, mais avant cela, il nous reste encore à examiner le prestige linguistique sous l’angle des rapports de dominance qu’il génère entre langues et entre communautés linguistiques.