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En bref

Les situations de diglossie, très fréquentes, qui constituent une sorte de « norme » sociolinguistique, mettent en présence deux langues qui interfèrent l’une avec l’autre. Un rapport de force s’installa généralement entre les deux langues en contact, les interférences se feront plus nettement de la langue dominante (acrolecte) vers la langue dominée (basilecte).

La démarcation de la langue française d’avec les autres langues romanes, ses langues-sœurs, est ainsi la conséquence tangible de deux situations de diglossie qui ont traversé l’histoire de la langue française : la diglossie celtique – latin a donné à la langue française son substrat celtique ; la diglossie latin – francique lui a donné son superstrat francique. Et les ressemblances fortes entre la langue anglaise actuelle et la langue française ne s’expliquent pas autrement que par la situation durable de diglossie anglais – normand en Angleterre : adstrat de l’anglais pendant plusieurs siècles, le normand insulaire a fini par s’éteindre pour ne plus être que le superstrat de la langue anglaise, mais un superstrat suffisamment marqué pour que cette langue dite germanique ne ressemble plus à aucune autre langue germanique.