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Faisons le point

La description de près de dix siècles de préhistoire de la langue française livrée au début de cette partie du cours (de la romanisation de la Gaule à l’époque de Charlemagne) pour illustrer le concept de diglossie nous montre que la situation de diglossie est une situation linguistique qui n’a rien d’exceptionnel, et constitue une sorte de « norme » sociolinguistique.

Le constat de norme diglossique est encore vrai à l’heure actuelle, où les situations sociolinguistiques non diglossiques (au sens de Fishman), telle celle que connaissent des pays comme la France, les Pays-Bas ou le Portugal, demeurent l’exception. Dans des pays comme la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg, pour se limiter aux pays européens où le français jouit d’une reconnaissance, chaque individu peut être amené à user d’une autre langue que sa langue maternelle dans des circonstances diverses de sa vie, et à des degrés pouvant sensiblement varier d’un individu à l’autre. Et le constat peut être étendu à l’ensemble de la Romania.

La diglossie étant la norme, on ne s’étonnera pas des effets nombreux et variés de la mise en contact de différentes langues sur un même territoire.

Notre parcours à travers les effets de la mise en contact des langues (substrat, superstrat, adstrat, pidginisation, créolisation) nous a ainsi montré combien les variations diatopique, diastratique et diaphasique de la langue, ici totalement interdépendantes, ont joué un rôle capital dans l’évolution du latin et dans la formation de la langue française, comment elles ont contribué à façonner la langue anglaise, allant même jusqu’à produire de nouvelles langues (pidgins et créoles).