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Histoire de la langue française

Nous venons d’achever la partie de notre parcours consacrée à la découverte et à la mise en place des concepts de la sociolinguistique. Nous sommes donc, en principe, armés pour entrer dans l’histoire de la langue française.

Est-ce à dire qu’il nous reste encore tout à découvrir de cette histoire ? Bien au contraire, au fil des concepts théoriques et de l’exposé méthodologique, c’est quasiment toute l’histoire de la langue française qui a été tracée et il ne nous suffit quasiment plus que d’assembler les différentes pièces du puzzle. Seuls manquent réellement à notre histoire tout ce qui s’est passé avant l’installation des Gaulois en Gaule dans la zone qui deviendra le berceau de la langue française et qui ne correspond que partiellement à ce qui va devenir la France, puisque cette zone inclut, au moins partiellement, la Belgique et la Suisse.

Comment allons-nous procéder ? Nous allons progresser sur la ligne du temps pour montrer, époque par époque, quelles langues occupent dans le territoire qui vient d’être défini les fonctions sociales de la langue définies sous les noms d’usages et statuts dans la partie du cours consacrée à la francophonie. Nous identifierons la langue qui correspond à chacun des usages, qui remplit chacune des fonctions sociales de la langue à l’époque considérée. Mais chemin faisant, nous réutiliserons aussi les autres concepts vus jusqu’ici, pour optimiser leur pertinence.

Pour avancer dans ce parcours historique, nous procéderons étape par étape. Mais si dans le cadre de la préhistoire de la langue française, que nous avons déjà abordée dans différents chapitres du cours, nous avons positionné les faits dans le temps en nous fondant sur des événements historiques supposés connus (invasions romaines, franques…), pour avancer dans la suite du parcours dans l’histoire de la langue française, nous procéderons siècle par siècle.

Un tel découpage peut sembler totalement artificiel, et l’est de fait (dans un continuum, un découpage est toujours artificiel), mais c’est ici justement cet aspect totalement artificiel qui en est le principal intérêt. Les repères chronologiques que se donnent traditionnellement les historiens de la langue sont en effet trop souvent les repères de l’Histoire, repères qui contribuent à fausser la perspective :

Ce qui résulte de cette façon de procéder, c’est bien moins une histoire linguistique du français qu’un histoire de France envisagée du point de vue de la langue […]

(Lodge 1997 : 23)

Nous ne ferons évidemment pas table rase des repères de l’histoire, sans quoi nous ne saurions entreprendre d’histoire externe, mais procéder au découpage artificiel en siècles permettra d’éviter de poser comme d’emblée pertinents pour la langue des événements qui ne le seront peut-être pas.

Nous allons entamer notre parcours à partir des premières traces de civilisation connues dans cette aire d’éclosion et pertinentes pour l’histoire du français.