Bosse - Boce

n. f.

XVe siècle - chez Chiquart

(Recherche et rédaction réalisées par Florian Dieu)

Boce [bɔsə] substantif féminin

Tonneau.
De la formation féminine *buttia, 'sorte de récipient'1, venant du mot latin buttis, 'tonneau'2,  le mot évolue en bosse dans l'ancien parler de la Savoie. Dans le département du Doubs, le mot signifie 'grand tonneau', dans le canton de Neuchâtel, c'est un « grand tonneau pour le vin » et à Saint-Lupicin, dans le département du Jura, à la frontière avec la Suisse, c'est un « tonneau ouvert à une extrémité »3. Le GPSR souligne le fait que dans le canton de Genève et dans une partie des cantons de Fribourg et du Valais, les formes [bɔʃ] et [ bɔs] sont des évolutions irrégulières de *buttia4. Mais l'explication fournie par le GPSR est obscure et n'offre pas de réelles réponses quant à ces irrégularités. À Bernex nous trouvons le mot baril prononcé [boʃœ] et à Glâne, dans le canton de Vaud, il est prononcé [bwɔsɛ]5. Pour sa part, le Dictionnaire historique de la langue française précise que le mot bosse, au sens de 'fût', appartient au franco-provençal6. La Haute-Savoie, la Savoie, le Val d'Aoste et la Suisse romande sont d'ailleurs les seuls endroits où 'tonneau' est appelé [bɔse] ou [bɔsɔ̃] 7.

La bosse connaît plusieurs définitions. La plus commune étant 'Grand fût pour la conservation et le transport du vin', elle servait aussi d'unité de capacité. Dans le canton de Neuchâtel, cela correspondait à 480 pots, à savoir plus ou moins 720 litres, et dans le canton de Vaud, à 500 pots, à savoir environ 675 litres. Mais elle servait également de tonneau de transports pour des matières solides ou semi-liquides, telles que, par exemple, la chaux, les raisins ou le purin8.

Chiquart nous parle de boces au f°15v et nous donne les quantités de liquide nécessaires pour la préparation des recettes du banquet : « Et si fault avoir deux boces de vin aygre, l'une de blanc et l'autre de claret, chascune de.viii. sommes, et de verjust fin en bone boce de .xx. sommes, et une boce d'oly de .x. sommes ». Godefroy nous renseigne peu sur la valeur d'une somme puisqu'il nous dit, « charge d'une quantité indéterminée9 » et dans le FEW, le mot somme, comme quantité de grain ou de vin, tient spécialement des dialectes de l'ouest de la France. Cependant, de manière générale, il nous dit qu'en moyen français, une somme était « une charge de marchandise du poids de 80 livres10 », ce qui correspond à, plus ou moins, quarante de nos kilos actuels.

FORMES

1 FEW, I, s.v. *buttia.

2 GPSR, II, s.v. bos.

3 FEW, I, s.v. *buttia.

4 GPSR, II, s.v. bos.

5 ALF, fasc.3, n°113.

6 Rey A. (dir.), Dictionnaire culturel en langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert, 2005, I, s.v. bosse.

7 ALF, fasc.3, n°113.

8 GPSR, II, s.v. bos.

9 GODEFROY = GODEFROY F., Dictionnaire de l'ancienne langue française, et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Nendeln/Liechtenstein : Kraus Reprint, 1969, X, s.v. somme.

10 FEW, XI, s.v. sagma.