Présentation du projet

Tracer l'histoire de la ponctuation est le projet qui sous-tend toute l'entreprise « diachronie du français  ».

Les philologues substituent en effet systématiquement à la ponctuation des originaux anciens une ponctuation qui suit l'usage moderne. Mais contrairement à ce qu'ils font lorsqu'ils susbstituent au texte de l'original une lectio corrigée ou émanant d'un autre témoin du texte, ils ne fournissent aucune indication sur l'état de la ponctuation originale.

Pour la période de la langue française qui va, au moins, jusqu'au XVIIe siècle, se faire une idée de l'usage de la ponctuation passe nécessairement par la lecture des textes dans des versions contemporaines de l'état de langue concerné. Seul le corpus rabelaisien échappe à ce constat, grâce notamment aux travaux de Mireille Huchon.[1]

C'est de là qu'est née l'idée de translittérer les anciens textes pour en donner des versions plus accessibles à l'oeil moderne, tout en respectant la ponctuation originale dans la translittération, pour conserver l'état de la ponctuation illustré par chaque texte. Ce sont ces textes que l'on trouvera dans les différentes coupes synchroniques que livre le présent site.

En contrepoint de cette démarche strictement philologique s'est développée une collecte des commentaires que les grammairiens de chaque époque ont pu faire sur la ponctuation dont ils usaient ou dont leurs contemporains usaient. Ce sont ces commentaires que l'on trouvera regroupés ici.

Le travail éditorial réalisé est fondamentalement un travail de translittération, c'est-à-dire une transcription par laquelle les anciens caractères imprimés ont été remplacés par leurs équivalents modernes, dans le seul but de rendre le texte original plus accessible.

Ainsi, aux couples oppositionnels que constituent les signes <u>/<v>, <i>/<j>, etc. a été substitué l'usage moderne des signes <u>, <v>, <i>, <j>, etc.

L'usage éventuel des signes diacritiques a été conservé tel quel, de même que la ponctuation originale, même lorsque l'emploi qu'il est fait de ces signes peut paraître fautif au lectuer moderne.

Les graphies ont également été conservées telles quelles, même lorsqu'elles peuvent paraître fautives. Pour les textes où les graphies sont stables, les formes déviantes sont signalées en note.

Les abréviations ont systématiquement été développées, à l'exception de &, conservée telle quelle. Les lettres restituées sont données en italiques.

Les seules corrections apportées au texte original concernent les fautes propres à l'imprimerie : coquilles, bourdons et autres lettres inversées. La lectio originale est alors systématiquement signalée en note.

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[1] Rabelais, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Pléiade, 1994.