L'histoire et cronicque de Clotaire […] et de sa tresillustre espouse madame saincte Radegonde de Jean Bouchet

Jean Bouchet, écrivain de la première moitié du XVIe siècle, est connu à la fois comme homme de littérature et comme chroniqueur.

Lhistoire et cronicque de Clotaire […] et de sa tresillustre espouse madame saincte Radegonde a été publiée en 1527 par Enguilbert de Marnef, qui prit en charge la composition et l'impression de ses œuvres tant littéraires qu'historiques.

Le travail de composition est de piètre qualité.

Les cahiers n'ont pas été reliés dans l'ordre adéquat (le prologue et la table ont visiblement été insérés a posteriori … au mauvais endroit). À certains endroits, le raccord entre le texte de deux pages consécutives se fait mal, comme si deux ouvriers avaient travaillé parallèlement sans pouvoir ajuster le texte à la mise en page.

Les caractères sont souvent inversés (u pour n) ou intervertis ; les caractères proches sont souvent confondus (ſ pour f) ; ces erreurs propres à l'imprimerie ont été systématiquement corrigées (la forme originelle est chaque fois signalée en note). Certaines séquences de mot sont soudées de manière récurrente (aumoien, dequoy…) ; d'autres le sont de manière occasionnelles. Nous avons conservé les soudures récurrentes et déglutiné dans les cas isolés (le fait est alors signalé en note).

Les graphies sont instables (les hésitations liées au vocalisme sont les plus remarquables), ce qui ne facilite pas la résolution des abréviations, nombreuses.

L'usage de la ponctuation, quoi que fort instable, à l'instar des graphies, est particulièrement intéressant. De nombreux procédés de marquage de la phrase (au sens de ‘séquence syntaxique finie') sont en concurrence : point + majuscule, point + espace + majuscule, point + minuscule, virgule + minuscule, virgule + majuscule, paragraphus + majuscule … constituent autant de procédés que nous avons cherché à rendre le plus fidèlement possible.

Il est rare que l'on trouve deux pages consécutives présentant des caractéristiques similaires de mise en page, de graphie et de ponctuation. Toutefois, en dépit de ces instabilités, se dégagent toutefois des récurrences et des convergences qui donnent à penser que la composition du texte a été confiée à au moins deux ouvriers différents.

Toutes ces caractéristiques techniques font de cet ouvrage, par-delà l'intérêt du texte lui-même, un document particulièrement riche d'enseignement sur le travail de l'imprimeur durant la première moitié du XVIe siècle. C'est la raison pour laquelle nous avons tenté pour ce texte de restituer autant que possible, dans la translittération, des caractéristiques typographiques auxquelles nous avons renoncé partout ailleurs.

Source du document : Bibliothèques virtuelles humanistes